LES OMBRES
de nom indigène pour le désigner , et les uns et les autres ont reçu ce métal des Celtes. Mais il est arrivé aux Germains sous le nom de zinn, comme aux Latins sous celui de slannum, par les routes du commerce continental, tandis que le peatar irlandais arrivait par mer aux seuls Scandinaves. Ajoutons que l'archéologie, qui a recueilli dans notre Suisse des masses d’étain, n’en trouve en Danemark que de bronze. Les Danois recevaient des étrangers l’étain et le cuivre déjà mêlés et jamais purs.
Les Cimbres sont, comme les Æstiens, des Celtes, et sans doute des Cymris, des Belges, comme les Celtes des Gaules septentrionales et des Pays-Bas. Leur indigénat celtique résulte de leur nom môme, et des noms de lieux que les anciens nous ont conservés *.
kimro, kimbro, dans le dialecte du pays de Galles, signilie le premier habitant en date ou en rang.
Mentanomon, la côte des Guttons dans Pytbéas (p. 4-20) , que le voyageur phocéen disait être, par une très-grave erreur’, de 6000 stades ou de 250 lieues de longueur, et qui comprenait le Walt ou la zone mi-terre mi-iner des Pays- Bas, des Prises et de la Ditmarsie; Yœstuariim Oceani, de Pline; en cymri, le lieu, men, de la petite, ton, vague ou eau, man.
Basilia ; bas île, bas-pays : ce nom convient parfaitement aux marais et aux îles des Ditmarses (p. 426). Il subsistait encore au moyen âge dans celui de Basilibora , aujourd'hui Wesselburen , la maison des échanges.
Abalus, sans doute la capitale des Cimbres ; c’est le moine nom qu'Aballo, aujourd’hui Avallon (Yonne) et que l’ile d’Avallonia dans le canal de Bristol’. Les Danois ont changé plus tard ce nom celtique en Ebeltoft, le fond (tort) des pommes
' Pline, Hist. nul., 4, 27. 4.
* L'erreur provient des lenteurs d'une navigation qui suit tous les replis d'une côte profondément découpée. La rôle d'ailleurs n'avait pesa forme actuelle avant l'inondation ciiiibrique.
‘ Peuple primitif, t. 2, p. 594.
LA NORD-EUROPE
(aeble). Ebeltoft, qui a été au moyen-âge un port important et qu’a remplacé Aarhuus, est en face de Halmstad ou de Thulé (p. 418) et au centre d'une des contrées les plus riches en ambre (p. 130). Les Cimbresd'Abalus vendaient cette précieuse substance à leurs voisins, les Teutons ou Ditmarses du Holstein oriental , qui l'apportaient vers les iles Glessaires (p. 139).
Cartris, le cap Skagen, de carth, côté extérieur, extrémité.
Kubeas, promontoire qui sépare la mer Morimaruse au sud et la mer Cronienne au nord ; de rhybyz, signe, avertissement, signal, colonne d'Hercule, élevée par les timbres ou les Phéniciens sur la côte suédoise au nord de Halmstad.
Morimarusa, ymor marw, la mer morte; la partie de la mer Baltique qui baigne les iles danoises.
Cronium, la mer qui commence un jour de navigation au delà de Thulé, et que Redslob place sur la côte suédoise du Kaltégat , où la mer est couverte d’armées de méduses, comme elle l’est du reste aussi vers le Holstein oriental ; de croni, rassembler, ici dans le sens d'épaissir. Celte mer aux eaux gélatineuses est la même que la mer Amalchienne ou Laiteuse (p. 419).
Lund en Scanie et Londres sur la Tamise.
Les timbres sont, ensuite, des Celtes par leur armure*, qui différait complètement de celle des Germains (p. 397) et était toute pareille à celle des Gaulois. Leurs longues et lourdes épées étaient sans contredit de fer (p. 345), et leurs quinze mille cavaliers, s’ils eussent été des Germains, n’auraient pas eu des cuirasses de ce même métal (p. 336). Leurs chaînes de fer rappellent sans doute celles des thalles ou Hessois ; mais les Chattes n’avaient-ils pas emprunté aux timbres l’usage de s’enchaîner les uns aux autres pendant le combat ? D’ailleurs l’archéologie n’a pas retrouvé dans le Jutland les armes des timbres, sauf des cottes de mailles en fer dans les tourbières de Flensbourg (p. 447). Les épées des timbres ont-elles été consumées par la rouille? ou les confond-on avec
1 Plutarque, Marins, 25 et 27.