LES SUIONS, LES VANES
dieux, dont le culte n’avait rien d’austère, et auxquels la vie humaine était redevable de tout ce qu’elle peut avoir de grâce et de charmes: c’étaient Niord, Freyr et Freya.
Niord, le dieu de la mer, est l’époux de Nerthus et le père de Freyr et de Freya (p. 431). Nerthus n’a pas été adoptée par les Ases ou les Scandinaves du moyen-âge. Ils l’ont métamorphosée en une Jord , qu’ils ont donnée pour compagne à leur grand dieu Odin et pour mère à Thor.
Freya est la lune et Vénus; Freyr le soleil. Ils ont pour attribut commun un sanglier aux poils d’or4 ; c'est le sanglier des Æsliens (p. 436). Freya avait en outre un char, celui de Nerthus; Freyr, un char sur lequel on le promenait solennellement et qu’accompagnaient de jeunes prêtresses, et un vaisseau qui était le symbole des nuées et qui correspond au vaisseau de l'Isis des Suéves.
Les Vanes sont, par les symboles et les noms de leurs dieux, frères des Suéves, des Angles, des Æstiens, qui adoraient Isis, Nerthus, la Mère des dieux. Les Suions, d'autre part, par leur obéissance à leurs rois, sont frères des Rugiens, des Lémoviens, des Gothons, qui ne se peuvent séparer des Angles et des Varins, et qui faisaient, comme eux, partie de la grande famille des Gultons ou Goths, des Suéves ou Vandales (p. 426). Mais le nom des Suions n’est qu’une forme Scandinave de celui de Suéves, et les Vanes semblent être des Vandales.
Toutefois des mœurs aussi pacifiques que celles des Suions surprennent chez des Germains ou des Scandinaves. Elles conviendraient mieux à des Slaves. Or , les Slaves ou les Lithuaniens n’étaient séparés des Germains, des Lémoviens, des Gothons que par la Vistule, et de ce fleuve jusques aux premiers Finnois, ils portaient le nom de Vénèdes. Peutêtre ces Vénèdes des côtes prussiennes de la Baltique avaientils occupé en même temps que les Suions les îles danoises, et tempéré par la douceur de leur caractère la violence du
* Les fibules à tête de sanglier sont en Scandinavie assez fréquentes dans l'àge du fer.
LA NORD-EUROPE
tempérament suève. Les Vanes seraient ainsi des Vénédes plutôt que des Vandales, et les Suions un mélange de Slaves et de Scandinaves.
O. Derniers siècles <le l'Âge du bronze.
Invasions et conquêtes des Goths.
Aux second et troisième siècle , commerce par mer des Gaulois avec le Danemark (épées de fer), et commerce par l'Oder, Bornholm et Gothland avec les Suédois du Mælar.
Les Goths dans la Gothie suédoise et les Jutes en Jutland. Les Suions devenaut les Danois; Dan et Freyr inhumés. Fin de l'âge du broute dans le Danemark.
Fin de cet âge dans le Mcrklembourg.
Depuis le cinquième siècle, commerce de la Scandinavie avec Constantinople et plus tard avec les Arabes de la Perse.
Moins d’un siècle sépare de la Germanie de Tacite la Géographie de Ptolémée, et dans cet intervalle une grande révolution s’était opérée dans la Nord-Europe. Les peuples goths s’étaient ébranlés et avaient commencé cette grande migration qui devait mettre fin à l’empire romain. Au sudest, ils avaient envahi la Russie méridionale, où Hermanrick devait fonder vers l’an 350 un immense empire. A l’est, les Gothons, franchissant la Vistule, avaient refoulé et soumis les Vénédes. Au nord, les Goules de Ptolémée, les Gautigolhs de Jornandés s’étaient emparés de toute la Suède méridionale, qui porte aujourd’hui encore le nom de Gothie. Vers l’ouest, peu de temps après Ptolémée, ces Goûtes ou Joutes, avaient occupé la péninsule Cimbrique, que le départ de ses Cymris avait sans doute laissée à demi déserte, et qui est devenue le pays des Jutes, le Jutland.
Mais avant de poursuivre l’histoire des nations Scandinaves, disons quelques mots de leur commerce avec les Romains.
Nulle route de commerce n’unissait Cologne à Tréva ou Hambourg : aussi le bassin du Weser est-il complétemenl dépourvu de monnaies romaines. Mais elles se trouvent en assez grand nombre dans le Slesvig et le Danemark avec