‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 247 sur 254 · LES JUTES. LES DANOIS · texte numérisé non relu

LES JUTES. LES DANOIS

tique et de la mer du Nord, et dont le butin allait, au travers d’immenses forêts, s’échanger dans les villes de l’intérieur de la Vestrogothie. Les Goths ont été soumis au neuvième siècle par les Suédois du lac Mælar et de Sigtuna, dont les armes étaient de fer.

L’histoire des Jutes est très-obscure. Peu nombreux, ils se seront mêlés aux indigènes, qui étaient Scandinaves et dont la langue ne pouvait différer beaucoup de la leur. Une partie de ces Jutes émigra après les Anglo-Saxons en Britannie. C’est là qu’ils sont mentionnés pour la première fois dans l’histoire par Béde le Vénérable (vers 700). Les Anglo- Saxons, qui étaient Germains comme eux, les reconnaissent formellement pour leurs frères, et les louent de leur haine mortelle pour les Danois, qui étaient des Scandinaves.

Les Goths ont-ils envahi les îles danoises comme ils ont fait le Jutland et la Gothic? On l'ignore. Il parait en tout cas que les Suions ou les Vanes, qui s’étaient enrichis par le commerce pendant de longs siècles de paix, furent arrachés à leurs fêtes et forcés à saisir leurs armes par les émigrations et les attaques des Goths, qui les cernaient de tous les côtés. Cent ans après Ptolémée, cent ans avant Hermanrick, vers l’an 270, parût, d’après la légende, Dan le superbe, qui réunit sous son sceptre la Sélande et la Scanie et qui donna son nom aux Danois. Tl fut l’aïeul de ces redoutables rois qui tirent sous Swenon (081) et Canut la conquête de l’Angleterre. De 8.76 à 936, le trône avait été occupé par Gorm et son épouse Thyré, dont les tumulus, de l’âge du fer, dépassent en grandeur et en hauteur tous ceux de l’âge de pierre. Ils ont 33 coudées de hauteur, 230 de circonférence, et celui de Thyré renferme une chambre en chêne comme les tombeaux norvégiens de l'âge du fer.

Il est digne de remarque que Dan le superbe passe pour avoir le premier en Danemark répudié le mode de l’incinération et ordonné qu’on l’inhumât avec toutes ses richesses et son cheval. Le retour à la sépulture de l'âge de la pierre,

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qui , au reste , pendant l’âge du bronze , n’avait jamais été entièrement délaissée, n’indique-t-il pas que Dan était le chef ou la personnification de la race primitive des Suions, reconquérant leur indépendance et passant de leur paisible enfance à leur héroïque et turbulente jeunesse ?

La sépulture de Dan nous rappelle celle de Freyr. Dan était le roi des Suions, qui sont des Vanes; le dieu des Yanes était Freyr; Freyr dans la légende était devenu un roi, un homme mortel, et l’on racontait que, tandis que Odin ordonnait à ses adorateurs de bnïler les corps, les serviteurs de Freyr avaient à sa mort résolu de l’inhumer sous une haute colline, où ils pratiquèrent une porte et trois fenêtres, et où ils jetèrent par ces fenêtres son or, son argent et son cuivre-bronze. La mention de ces trois métaux à l'exclusion du fer est d’ailleurs très-significative. Le bronze et l’or caractérisent le second âge, et l’argent apparaît vers la fin de cet âge et à l'approche de celui du fer.

Nous ne poursuivrons pas plus loin l'histoire des Vanes Scandinaves, dont le nom historique a été d’abord celui de Suions et plus tard celui de Danois. Le traité de paix qui est .intervenu d'après l’Edda entre les Yanes et les Àses, signifierait, suivant une hypothèse assez accréditée, que les Scandinaves de la Suède auraient par petites bandes émigré en Danemark et auraient communiqué aux Suions leur religion d’Odin et leurs mœurs sanguinaires.

Les archéologues Scandinaves admettent qu’en Danemark l’àge du bronze n’a pris fin que peu de temps avant l’établissement du christianisme dans ce pays, vers le septième ou le huitième siècle. Dans l’immense durée de cet âge, la domination des Cimbres sur le Jutland avec leurs épées en fer ne serait qu’un épisode, qu'un accident.

Dans le Mecklembourg et la Poméranie, l'âge du bronze finit aux cinquième et sixième siècles par l’arrivée des Vendes, les plus occidentaux des Slaves, qui occupent des contrées abandonnées par la population germaine. A cette même

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