FIN DK L'AGE DU BRONZE
époque apparaissent: le fer sous des formes et avec une ornementation toutes semblables à celles des Scandinaves; le bronze avec une addition de 1,57, de 4,24, de 5,6 % de plomb; le zinc et les antiquités des Romains; l’argent; les urnes funéraires* en argile, d'un fort beau travail, déposées en nombre incroyable dans des cimetières. Plus d'inhumation ; plus de celts ni de courtes épées ; plus de spirales. Mais, en fer, de longues épées flexibles, repliées dans les urnes; des couteaux, des pointes de lances et de flèches, même des haches de guerre , et en bronze quelques ornements ; puis, du verre blanc et bleu et de l'ambre ; l’or excessivement rare, tandis que l’argent devient très-fréquent.
Vers la lin de l'âge du bronze et dans les premiers temps de l’âge du fer, il s’opère une grande révolution dans les relations commerciales de la Nord-Europe avec le monde civilisé. Du côté de l’Occident elles sont interrompues par les longues tempêtes qui jetèrent les Germains sur l’empire romain (p. 448). Mais elles ne cessent à gauche que pour devenir d’autant plus actives avec l’Orient. La route que les marchands grecs du Pont-Euxin s’étaient frayée avant l’ère chrétienne par le Dnieper et le Pripet vers la patrie prussienne de l’ambre (p. 146), avait été peu fréquentée pendant plusieurs siècles; car sur les rives sud-est de la Baltique les monnaies grecques sont très-rares, elles antiquités de l’âge du bronze y sont si peu nombreuses que ce pays est certainement resté jusques à l’approche de l’âge du fer dans la barbarie où l’avait laissé celui de la pierre (p. 132). Tout à coup, au cinquième et pendant le sixième siècle, les Scandinaves se trouvent en rapports si fréquents avec Constantinople qu’ils en reçoivent une quantité de monnaies d’or. Ils les portaient suspendues au cou, et déjà même ils tentaient de les imiter. Ces copies grossières sont connues sous le nom de bracléates d’or. A cette date, ces peuples ne connaissaient
' Voyez cependant les doutes exprimés, p. 406.
LA NORD-F.CROPE
encore pas d’autre moyen d'échange que des barres d'or ou d’argent et surtout des anneaux d’argent (p. 245). La première monnaie Scandinave date de l’an mil et d’un roi danois.
Cependant, déjà vers l’an 700, arrivaient en Danemark les premières monnaies arabes, à légendes kufiques. Elles abondent en Bornholm, comme celles des empereurs romains (p. 448), et en (iothland. C’était le temps où il se faisait par le Wolga un commerce très-considérable, dont Nowgorod était le principal centre, et qui donnait à Sleswig une importance telle que cette cité était fort bien connue des écrivains mahométans. Le déclin de ce commerce asiatique s’annonce par le fait que les monnaies arabes disparaissent de la Scandinavie vers l'an 1050. Mais au dixième siècle, l'ile de (Iothland, où grandissait Wisby, recevait en très-grand nombre des monnaies anglo-saxonnes et allemandes, et la Nord- Europe renouait ainsi avec l’Occident des relations qui, d'ailleurs, n’avaient certainement jamais été tout à fait brisées.
Le commerce de Nowgorod, dont nous venons de dire un mot, était en partie alimenté par un foyer de métallurgie qui s’était formé chez les peuples de la Livonie. Ils ne mèlaieul plus le cuivre et l’étain , comme l'avaient fait avant eux ou comme le faisaient encore tous les peuples transalpins. Leurs procédés étaient ceux de l’industrie romaine : ils employaient le zinc et produisaient du laiton. Comment expliquer cette métallurgie romaine chez les Finnois des provinces russes de la Baltique ? Si nous ne pouvons résoudre d’une manière satisfaisante cette question, nous chercherons au moins à déterminer et rassembler les faits d’où doit surgir la solution.
LES ANTIQUITÉS LIVONIENNES
H. L'â^e du laiton en Livonie.
Les antiquités. I,c peuple métallurgiste : les \ ênèdes ; Novgorod. Histoire du commerce dans l'Europe orientale. D'où les Vénèdes liraient leurs métaux. Industrie à la fois romaine et grecque, Scandinave, finnoise et tclioudc.
Les antiquités iivoniennes offrent au premier aspect une ressemblance frappante avec celles du Meckleinbourg et du Danemark. On dirait les mêmes celts, les mêmes bracelets, les mêmes libules, les mêmes colliers, les mômes ustensiles; c'est la même prédilection pour la spirale, le cercle et la ligne ondoyante*. Mais un examen plus attentif ne tarde pas à faire découvrir des différences très importantes entre ces deux provinces. A l’ouest de la Baltique tout est bronze (sauf le zinc des objets de fabrique romaine, p. 447). A l’estau contraire, tout est laiton; les vingt-trois pièces analysées par M. kruse sont toutes formées de cuivre, zinc, plomb et étain, la proportion du zinc variant de 13 et même de 7 à 20 °/0, celle du plomb et de l’étain de 1 à 4 ou 3. A l'ouest, grande abondance d’or et point d’argent; à l'est, grand nombre d’objets de parure en argent et peu d’or. Là, point île fer (sauf les armes qu’apportait le commerce étranger); ici, des ustensiles et point d’armes en fer. Puis à l’est, pour ornements des dessins de serpents et de dragons qui, en Scandinavie, n’apparaissent qu’aprés le bronze; des bagues servant de cachets, des éperons avec des étriers : tout spécialement, certaines fibules en forme de tortues, qu'avaient adoptées les Suédois de l’âge du fer, mais qui sont d’ailleurs inconnues dans tout le reste de l'Europe, tandis qu’elles font partie des ornements des chamans sibériens *.
A quel peuple faut-il attribuer la métallurgie livonienne ?
' On retrouve môme jusque» en Suisse dans les monuments île l'âge du fer les eliainettes des l.ivuniens à grelots en bronze et leurs perles en bronze prises dans l'étoffe des habits.
-J. -K Baehr. Les Tombeaux des Lires, 1850 (en ail ).
LA NORD-EUROPE
Les indigènes de la Courlande, de la Livonie, de l’Eslhonie sont des Finnois, qui, au temps de Tacite', « vivaient, comme les derniers des sauvages, dans une misère affreuse; sans maisons, sans autres armes que des os aiguisés, sans chevaux. » En effet, dans ces contrées il n'y a ni tombeaux de l’âge de la pierre avec leurs silex artistement travaillés, ni tertres de l'âge du bronze avec leurs urnes, leurs armes, leurs objets de parure, leurs colliers d’ambre. Cependant, derrière ces Finnois si pauvres et si barbares, étaient cachés aux regards des Romains les Tchoudes industrieux, qui travaillaient le fer du Waldaï, et dont le commerce aurait pu développer subitement le génie industriel. Mais Plolémée nous apprend que les Vénèdes de la Prusse (slaves ou lithuaniens) s'étaient retirés devant les Gothons vers la Courlande et la Livonie, qui doivent en effet leurs noms actuels à des peuples de race lithuanienne. Or, ces Vénèdes (p. 44'») ont certainement plus de titres que les sauvages Finnois à la gloire d’être les premiers civilisateurs de ces contrées. D’ailleurs, ce sont bien certainement des Slaves, et non des Finnois, qui ont fondé au cinquième siècle Nowgorod la Grande.
Mais comment expliquer ce commerce immense dont .Nowgorod deviul le centre pendant que l’Occident traversait les siècles ténébreux des Mérovingiens?
Au temps d’Hérodote, le commerce des villes grecques du l’ont-Euxin ne s’étendait pas dans l’intérieur de la Russie au-delà des Scythes. Aussi cet historien n’a-t-il aucune connaissance des riches contrées qu’arrose le Wolga moyen, ni des marais de la Lithuanie, ni de la Baltique. C’est à peine s’il a entendu parler des Esthes et des autres Finnois leurs voisins, les Mélanchlènes, qui ont pour vêtements de lomjs manteaux noirs.
Quatre siècles après lui, avant que le commerce de l’ambre par le Dnieper eût pris assez d’importance pour attirer l’attention des écrivains, Slrabon ne connaît plus de la vaste
1 demi., 46.
Digilized by