‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 253 sur 254 · ORIGINE DES SUÉDOIS · texte numérisé non relu

ORIGINE DES SUÉDOIS

qui étaient vêtus de peaux de martres dont ils faisaient un grand commerce avec les Romains à travers un nombre immense de peuples divers. La Suède propre et Sigtuna sont encore inconnus à Alfred au neuvième siècle, qui est pour la Suède entière l’aurore des temps historiques. Enfin, les monuments de l’âge du fer, qui sont ceux du peuple des Ases, ne sont pas assez nombreux pour qu’on doive nécessairement les faire remonter au temps de Jésus-Christ.

Il nous parait plus conforme et à l'archéologie et à l’histoire, d’admettre que le peuple primitif Scandinave s’était peu â peu multiplié dans la Suède propre pendant l’âge des Cinabres et des Goths; que les Swearn du lac Mælar sont les frères des Suions des îles danoises: qu’ils seront arrivés à leur période de force et de puissance lors du déclin des (loths de Suède ; qu’en se constituant en nation , ils auront imprimé le sceau de leur individualité aux croyances de la race Scandinave et les auront transformées au point d’en faire une religion nouvelle, et que, intrépides guerriers qui ne connaissaient d’autres joies que l’ivresse des batailles, ils auront emprunté aux peuples du bronze l’incinération, dans la pensée que le bûcher était une voie plus directe pour monter au Walhalla que la chambre sépulcrale. Ils auront d'ailleurs subi l’influence des Yanes ou Suions ou Danois, et Freyr aura été inhumé à la manière des Vanes au foyer même de la Suède propre et en présence de tous les Ases.

Les Suédois et les Norvégiens auront probablement appris des Finnois leurs voisins les premiers rudiments de la métallurgie du fer (p. 30). On sait d’autre part que de fort bonne heure ils ont porté leurs armes en Livonie, et que leur roi Yngle y a trouvé la mort. Ils auront donc eu connaissance des produits en laiton et en fer de cette industrie vénède. Mais, comme elle ne fabriquait pas d’épées en fer, leurs armes et l’art de les forger a dû leur venir d'ailleurs. Leurs épées étaient pareilles à celles des Anglo-Saxons, des Allémans, des Bourgondes, des Francs, à celles des Helvétiens de la Tène et des Gaulois de Brennus ; elles étaient damasquinées en argent, comme celles de notre second âge du fer. Leurs

402 LA NORD-EUROPE

cottes de maille , leurs pointes de lances ressemblaient à celles de la Tiefenau et de la Tène. Les arabesques tracés sur leurs épées ou leurs fibules sont de la même école que ceux qui caractérisent dans notre Occident la période mérovingienne. Leurs verres colorés, surtout leurs émaux, provenaient trés-vraisemblablement des Gaules. Tout semble donc concourir à nous faire chercher dans les Gaules les vrais maîtres des forgerons suédois et norvégiens (p. 301).

Les traditions des Scandinaves eux-mêmes sur la primitive histoire de leur métallurgie 1 nous paraissent concorder en plein avec notre hypothèse.

Le forgeron du Nord, Volundr ou Wieland’, a pour père, selon les uns, un roi finnois; selon les autres, le roi des Elfes on des Cinabres (p. Ht), qui passait pour le plus célèbre des forgerons; selon les troisièmes, un géant Scandinave, dont l'épouse était une nymphe de la mer.

Ce géant porte son fils à travers la mer à l'école des nains forgerons, qui travaillaient dans une caverne et qui étaient plus habiles que tous les hommes. Ces nains sont les Finnois comme les Elfes sont les Cimbres, et ces Finnois Iransbaltiques peuvent être les Finlandais.

Wieland a aussi pour maître le sage Mimer, que les Ases avaient envoyé chez les Yanes avec le roi dont il devait être le conseiller. Mimer semble être la personnification du génie inventif des Scandinaves. Il était du Hunaland, c'est-à-dire du pays où sont les soi-disant tombeaux des Huns, et ces Huns désignent le plus ancien peuple civilisé de la race teutonique(p. 399).

Wieland a pour rival un Romain, reconnaissable à son nom d’Æmilias.

’ Nous laissons de côté leurs mythes de l'Age de l'or, qui a précédé la grande guerre de Vanes. Des nains tirent l'or de la terre, et l'or devient la cause du premier meurtre; mais ce meurtre est celui du minerai qu’on jette avec la fourche dans le feu trois fois et qui trois fois ressuscite.

’ V fl and le forgeron, par Depping et Francisque Michel. lKj:t

Page 1