MÉGALITHES. — 1" PILIERS COMMÉMORATIFS
lire des peulvans el des menhirs des Gaules. En effet, celui de Saint-Micaud (arrondissement de Châlons, Seine et Loire), haut de six à sept mètres, a été dressé, d'après la tradition, en mémoire d'une victoire remportée par les Gaulois. Un pilier, il est vrai, peu élevé, se voit près du Champ de la bataille aux environs de Falaise (Calvados).
b) D'autres piliers se dressent sur un tombeau pour garder le souvenir d’un chef, d’un homme puissant, d’un grand guerrier. Ce sont des cippes funéraires.
Dans les inscriptions phéniciennes, le cippe porte le nom de matsabelh, comme les pierres brutes de Bethel et du Sinaï.
Il prend celui de baula chez les Suédois et les Norvégiens, dont l'histoire d'ailleurs ne commence qu’avec l'âge du fer. Ils disaient qu'Odin lui-même leur avait ordonné d'honorer leurs héros en érigeant de hautes pierres sur leurs tnmulus. Quelques bautas portent des inscriptions runiques.
Chez les Gaulois le cippe me parait avoir été, non un haut pilier fiché en terre, mais un gros et informe bloc posé sur le sol. C’est là du moinsee qui résulte de la comparaison des carneillou ou cimetières de l’Armorique '.
Si tel était réellement le cippe des Gaulois, nous ne donnerons pas le sens d'un monument funéraire au menhir ou penlvan qui domine certains carneillou, ni à celui qui se dresse sur le sommet d'un tumulus \ Nous y verrions plutôt le symbole d’un dieu qui veille sur les morts.
' Carneillou de Pcrros Guyrech (Lannion, Côtes du Nord) ; sol parsemé de gros blocs do granit arrondis ou orales au milieu desquels est la Pierre oscillante la plus volumineuse de la France entière ; — de Tregunc (Quimper, Finistère) ; sur 3000 mètres carrés, un grand nombre de masses énormes de granit et de blocs arrondis, informes; — de Kerveguelen (Chàteaulin, Finistère) gros blocs de granit entourant une pyramide de 5 mètres 60 cent, de hauteur; — de Courtevray (Mamers, Sarthe), menhir de 3 m. 30 c. au milieu de beaucoup de blocs ; — de Chaudric (Latlèche, Sarthe) ; — de Corancez (Chartres, Eure et Loir) ; centaine de très-gros blocs de grès. — Le menhir de Men-bràosao, la pierre élevée du brave, près de Locmariaker. serait un trophée et non un cippe.
* Voyez entr'autres les 2 menhirs sur tumulus près de Moustoir et
ô2 LES LEGS DE L'AGE DE L A PIERRE A CELUI DU BRONZE
Près des tombeaux sont, chez certains peuples, des piliers qui sont de vrais trophées. D'après un passage fort curieux d'Aristote1, qui a échappé aux archéologues, « les Ibères » (d’Espagne), peuple belliqueux, élèvent autour de leurs » tombeaux autant d’obélisques t|ue le défunt avait de son » vivant tué d'ennemis. » Or, chose étrange, les annales chinoises des Tchéou (567-579 ans après Jésus-Christ) répètent mol pour mot les paroles d’Aristote à propos d’un peuple tartare. Elles nous disent des Thoukioue ou Turcs orientaux, qui étaient des débris des Hiong-nou, et dont le nom apparaît au 6' siècle de notre ère, « qu’ils placent une » pierre sur la tombe et dressent autour autant de pierres » que le défunt a tué d'hommes pendant sa vie*. » Ces Thoukioue ont dominé pendant deux siècles jusques en 7 44 sur l’Asie centrale et la Sibérie, et M. Ed. Biot croit reconnaître leurs tombeaux aux colonnes grossières des majaki ( p. 32).
2° Piliers symboliques.
Le bélyle et Ip pilier. Piliers-idoles des Sémites , des Grecs, des Latins, des Celles, des Scandinaves. Mercure pilier carré ; bornes , jalons: hennées , chirons ; en Egypte et en Europe. — Pierres lira nia ntes, surtout ch et les Celtes. — Groupes, alignements, cercles de piliers , en Grèce, chez les Celtes. — Le cromlech , le bilithe, le trilithe celtiques, sémitiques, lybien*.
Tous les peuples croient en Dieu parce que Dieu a fait l’homme à sa ressemblance et qu’il a mis sa propre image dans notre cœur. Tous ont éprouvé le besoin de faire pour ainsi dire descendre du monde invisible la Divinité sur la terre, en lui préparant au milieu d’eux une demeure, une enceinte sacrée, un temple, ou en lui désignant pour habitation la plus haute montagne du pays. La plupart ont succombé à la tentation de représenter le Dieu pur esprit, par
non loin de Carnac (Morbihan) — un autre dans le Hérault — trois dans l'arrondissement de Semur (Côte d'Or).
1 Fragm. hislor. grœcor., t. 2, p. 180.
’ Ed. Biol dans les Mémoires des Antiquaires de France, 1849, p. 390.