II. MÉGALITHES. — 2« PILIERS SYMBOLIQUES
desquels se dressent la Mère, de 5‘/s mètres de hauteur, et la Fille, de 2 mètres, symboles de deux grandes déesses de la nature.
Ils sont aligné»: sur onze et douze rangées parallèles près d'Excideuil fDordogne); sur onze rangées et sur une longueur de 1 500 mètres, à Carnac (Morbihan); sur neuf rangées qui se courbent vers l’ouest, et sur deux kilomètres de longueur, à Ardven (prés de Carnac); sur deux rangées et sur une longueur de deux kilomètres à A vrillé (Sables d’Olonne, Vendée); sur deux rangées et sur une longueur de 135 pas, à Plouhinec (même arrond. que Carnac); sur une rangée coupée à angle droit par deux antres, à Toulinguet (presqu’île du Crozon, Finistère). Ces alignements de piliers ne peuvent être : ni des cimetières, les carneillou offrant un tout autre aspect, et nul squelette n’étant déposé au pied de ces peulvans, ni de simples avenues, les rangées n’aboutissant point à un temple. Il y a d’ailleurs îles intentions symboliques et dans le nombre des piliers, et dans l’orientation de leurs rangées, et dans les diverses figures de ces étranges monuments. Ces alignements nous semblent ne pouvoir être que des armées d’idoles dont chacune était la demeure d'un des génies qui protégaient le pays. Telles sont aussi les deux rangées de piliers des îles Mariannes (p. 19).
Nous noterons ici pour mémoire et sans en affirmer la valeur symbolique: les alignements sinueux de la Finlande, dans une contrée qui n'a ni piliers isolés, ni dolmens, ni tumulus; les groupes des menhirs colossaux de la Kora (p. 48); l’échiquier de 1660 piliers hauts de onze pieds à Lowatnahapaya dans l’ile de Ceylan.
Enfin, les piliers-idoles peuvent être rangés en cercles, comme en quelques endroits des îles Britanniques et de la France * ; en cercles concentriques, comme aux Stonebenge ;
1 Dans les îles Britanniques sont quelques cercles de 12 ou de 19 pierres, dont chacune flgurait nn dieu subalterne, et qui entouraient un pilier plus élevé du nom de Itar-chéan, la Grande Tête, la divinité suprême du Cylc.li Byd, le cercle du monde. — En France, à Sailly, (Arras, Pas de Calais) sur un cône tronqué de terres apportées de loin,
en demi-cercles, comme àPédernec*. Ils sont alors assez fréquemment associés à des pierres symboliques qui représentent d’autres idées, dont la forme est plus compliquée et qui sont la transition aux dolmens.
Les menhirs expriment uniquement et d’une manière trèsimparfaite la supériorité de Dieu au-dessus des hommes, sa hauteur, sa majesté, sa transcendance. L’idée que de la hauteur, non-seulement il domine sur la terre, mais la protège et la couvre en quelque sorte de ses ailes, serait mieux rendue par un bloc immense très-élevé, qui, ne pouvant planer dans les airs, serait supporté par des piliers. Le pilier perd ici son sens symbolique, et l’idole, c’est la pierre horizontale, plate ou pyramidale, qu’il soutient. Celte pierre, c’est celle d'adoration, le cromlech des archéologues anglais et irlandais*. D’ordinaire le cromlech qui ligure le dieu suprême, est accompagné d'un obélisque ou associé à des piliers moins hauts que lui, qui sont les dieux inférieurs. Ceux-ci, tantôt sont rangés en cercle autour de lui ou devant lui, tantôt achèvent l’ellipse dont il occupe une des deux
est un cercle de six pierres d’un mètre de hauteur avec une septième au centre. — Une étude attentive pourrait seul décider s'il faut ranger parmi les cercles d'idoles celui de Gelainville {entre Chartres et Berclières, Eure et Loir): douze blocs de grès brut, posés sur le sol et disposés en forme d’ellipse dont le grand diamètre est de 21 mètres: — celui de Kcrviehar (Quimper, Finistère) : 9 pierres brutes, lirhées ou posées, formant une ellipse dont le grand diamètre est de 6,60 mètres, — celui de Pleuven (Quimper) : 10 pierres brutes, lirhées ou posées ; ellipse de 36 mètres de circuit. — Des cercles de pierres-idoles out existé aussi en Suède.
' A Pédernec (Guingamp, Côtes du Nord) est une enceinle elliptique de 500 mètres de longueur: à son extrémité nord, sur une esplanade, sont rangés en demi-cercle 12 gros blocs de pierre, posés sur le sol (les 12 mois) ; 7 autres blocs (les 7 planètes) forment la corde de cet arc ; à l’autre extrémité est un menhir de 8 mètres de hauteur, offrant sur une de ces faces 3 cercles creusés dans la pierre (le soleil, la terre et la lune). — Chez les Khasias du Népal les cercles de pierre sout de simples eippes (p. 661).
’ Piclet, Culte des Cabires chez tes anciens Irlandais, 1824, p. 125 et suiv.