‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 48 sur 254 · MEGALITHES. — Il LE DOLMEN · texte numérisé non relu

MEGALITHES. — Il LE DOLMEN

c'est tout spécialement le cas en Algérie, tantôt conduisent aux temples et aux autels.

Le pays de .Moal), d’après M. de Saulcy, a des avenues de pierres brutes.

M. Bartli a découvert dans les monts Ghourian (p. 59) des li” nés simples de piliers qui dirigeaient les pèlerins vers les sanctuaires. En Egypte, des allées doubles de sphinx formaient les avenues des temples.

Dans la vaste région de l'Altaï, les voyageurs ont rencontré des avenues de piliers aboutissant à des tombeaux ou perdues dans la forêt.

En Angleterre, les avenues d'Abury nous dispensent d’en citer d’autres.

Nous connaissons déjà en France les avenues du Crozon (p. 62). Celle de Gouenach (Quimper) aboutit à un dolmenautel. Dans l'arrondissement de Châteaudun (Eure et Loir), un chemin bordé de pierres conduit à la Fontaine des Malades, et, vers la ferme le Baignon, les pierres augmentent de nombre et de volume à mesure qu’on arrive près d’une grotte circulaire non loin de laquelle sont un peulvan et des dolmens. La Sèvre Niortaise a aussi ses dolmens avec avenues de pierres-fiches, entre Nanleuil et Exaudun.

B. Lf Dolmen *.

Arcbitprturo dolménique. I* Dolmen-tombeau. Japhétique, cimmérien , celte et teuton. Sémitique, phértsien- Hindou. 2* Dolmen à auge, tombeau et autel; lybien et ligure. 5° Dolmen-autel; gaulois. Dolmens douteux d'Europe et d'Asie. 't° Dolmen-temple; espagnol et gaulois. — Durée du dolmen.

Le dolmen, ou dalle-pierre, avons-nous dit, désigne proprement un genre spécial et primitif d’architecture. Cette architecture rudimentaire ne fait usage que de grandes pierres brutes ou à peine dégrossies, qui d’ordinaire sont

1 Baron de BnnstPtten. Essai sur les dolmens, 1863. — Alex. Bertrand, trois articles dans la Renie archéologique, 1864. — Jehan. Bretagne. — Mone, Le Paganisme de la \ord-Europe (en ail.).

«S LES LKUS DE I/AGE de lv pierre a celui du bron/k

plates et peu épaisses, et dont le côté le plus uni est toujours tourné é l’intérieur. Elle ne connaît ni le mur ni la voûte, et n'a qu’un seul et unique procédé, qui consiste à dresser verticalement sur le sol des pierres plus ou moins hautes, et à coucher sur ces supports horizontalement une ou plusieurs dalles ou tables (dol). Ces assemblages de (lierres peuvent être des symboles de la divinité comme le cromlech et le lichaven, dont nous avons traité plus haut {p. 58), ou des autels, ou des tombeaux, on des temples.

Les dolmens sont, d’après leurs formes, apparents ou rouverts, rlos ou à jambages.

S'ils sont apparents et s’élèvent librement dans l’air, ils sont autels, tombeaux ou temples.

S’ils sont entourés d’un bourrelet de terre ou cachés sous une colline artificielle, ils sont temples ou tombeaux, et. dans ce dernier cas, ils perdent leur nom de dolmens pour prendre celui de chambres sépulcrales.

A jambages, ils sont autels, et non temples ni tombeaux.

Clos, ils peuvent être autels ou tombeaux, mais non temples.

t" Dolmen- tombeau.

Le dolmen apparent et clos, celui dont les pierres verticales se touchent toutes, et qui à l'air libre offre l'aspect d’une sombre grotte avec ou sans porte, est le plus souvent un tombeau. Cette forme de tombeau parait avoir pris naissance simultanément chez deux peuples différents, l'un sémitique, l’autre japhétique.

a) Vers l’extrémité occidentale du Caucase, dans la vallée de l'Atakoum, sont des tombes presque cubiques, d’environ sept pieds en tous sens; elles sont formées de quatre dalles dressées, qu’une cinquième recouvre en débordant d’un côté; sur la face de devant est un trou rond par lequel on peut passer la tête, mais non y entrer. Ce sont, disent les gens du pays, des maisons i/ue les (/dants ont bâties pour les nains. A llaspra, en Crimée, sont des dolmens pareils, de cinq dalles brutes, carrés ou oblongs, sans trou. Ce genre

Il MÉGALITHES. — 1- DOLMEN -TOMBEAU «7

•le tombes s’est maintenu jusques dans les temps modernes chez les Circassiens, chez les habitants du Haut-Ratcha et à K Mais*. Le Caucase occidental et la Crimée ont été, selon toute vraisemblance, la première étape des Cimmériens, qui reparaissent à l’autre extrémité de l’Europe sous le nom de Cimri ou Ombres , qui sont des Celtes. Or, le dolmen celtique est quadrangulaire, et il a parfois dans le fond une petite ouverture que certains archéologues disent être la porte par laquelle l’àrae sort du sépulcre ténébreux pour s’élancer vers le ciel resplendissant de lumière. Mais peut-être étaitce plus prosaïquement le guichet par où les survivants donnaient aux mânes pour aliment les débris des sacrifices olïerts en leur honneur. La destination de ces dolmens est du reste attestée par une expression populaire de la Bretagne et de l'Ecosse : « On lui a mis une table de pierre, » pour dire qu'on l’a enterré.

Le dolmen-tombeau est, en France et dans la Nord-Allemagne, beaucoup plus souvent apparent que couvert. La proportion inverse existe dans la Scandinavie. Ces deux espèces de tombeaux se font équilibre dans les Iles Britanniques. On dirait que le dolmen est la demeure du mort, et que plus on s’élevait vers le nord et les glaces polaires, plus on protégeait le défunt contre le froid sous un épais manteau de terre.

Les tumulus à chambres sépulcrales ont parfois des allées dolméniques, par lestjuelles on pouvait du dehors pénétrer dans la salle pour y déposer un nouveau mort.

Lorsque la chambre est environnée et non recouverte de terre, on peut supposer que la dalle qui servait de toit, était en même temps l'autel où l’on sacrifiait aux mânes des ancêtres.

b ) Hans la Pérée, à l’est du Jourdain et au sud du Jabok, près de Szalt (Ramoth de Galaad), est un groupe de vingtsept dolmens, qu’ont vus Irby et Mangles. Ces dolmens, dont

* DiiB'iis île Montpéreux, Vvyaye aulmir iht l'uucase. t. 1, p. 13 et 133: t. p. 33(1 : l. G, p. 73.

la forme est un carré long, ont leurs supports, au nombre de quatre, dressés dans la largeur ; la dalle horizontale les déborde de tous les côtés. Il est fort extraordinaire qu'un d’enlr’eux a sur sa face septentrionale une ouverture taillée, toute pareille à celle des dolmens du Caucase et de la France. Dans la contrée d’Hesbon, M. de Sauley a découvert une vingtaine de dolmens au moins, dont quelquesuns sont entourés de cercles de gros blocs plantés en terre : ils sont orientés nord et sud, et l’entrée en est libre. Ce genre de sépulture n’est point celui des Hébreux, ni celui des Cananéens et des Phéniciens (quoique il existe deux dolmens près de Tyr), et nous devons l'attribuer aux Pliérésiens ou Lydiens méridionaux, qui sont pour nous avec les Hycsos les premiers civilisateurs de l’Occident.

Dans le Malabar sont deux espèces de dolmens, qui rappellent l’une et l’autre ceux de la Pérée. On le.' appelle les pierres îles Pandous. Les pierres-parasols (kodei-koull) forment, au niveau du sol, des caveaux creusés dans la colline où l'on trouve entr autres, avec des ossements humains, des objets en fer d’origine hindoue. Les lopie-koull ou pierrestumulus. qui paraissent ne contenir ni os ni instruments, et qui sont peut-être des autels, sont formés de quatre à cinq pierres brutes que surmonte une très-large dalle ; on dirait un gigantesque champignon1.

2" Dolmen à aune, lombran-nutrl .

Les kodei-koull font la transition aux dolmens à auge de l'Atlas. Ici le corps mort, brûlé et replié sur lui-même, a èlé couché dans une fosse où l’on a préparé en pierres plates une espèce de sarcophage court et bas, et le dolmen qui s’élève de peu au-dessus de la tombe est l'autel sur lequel on célébrait le culte des ancêtres. Cette destination du dolmen est indiquée par sa forme : la dalle est dans la règle

1 Mémoire* des antiquaires de Frnnre, {Si'», p. iftu <»i *uiv

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