‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 49 sur 254 · II. MÉGALITHES. — 3” DOLMEN- AUTEL · texte numérisé non relu

II. MÉGALITHES. — 3” DOLMEN- AUTEL

soutenue par de minces jambages et le monument n’est plus clos, mais ouvert. Elle est attestée par les bassins et les rigoles creusés à la surface d'un certain nombre de tables pour recevoir le sang des victimes.

M. de Bonstetten nous apprend que les dolmens à auge de l’Atlas ne diffèrent en rien des jayantières, ou tombeaux des géants, du midi et du centre de la France, en particulier du département de Tarn et Garonne. Ces dolmens sont peu élevés, parce que les supports des tables sont posés verticalement dans leur longueur comme en l’érée.

3° Dolmen-autel.

Le dolmen-autel ne recouvre plus ni auge sépulcrale , ni squelettes déposés immédiatement dans le sol; s’il se trouve sous lui des ossements humains , ils seront dispersés et mêlés comme les membres de victimes, qui ont été détachés du corps et jetés au hasard.

Le dolmen-autel se distingue en outre du dolmen à auge par ses plus grandes dimensions.

Il se distingue du cromlech par le plus grand nombre de ses supports, et par la forme plus plate et plus unie de la face supérieure de la table, sur laquelle se tenaient le prêtre et la victime.

Il est ouvert ou clos. S’il est ouvert, la dalle carrée, oblongue, polygonale, est soutenue en l’air à ses angles par des piliers, comme une table l’est par ses pieds. Lorsque par l’une de ses extrémités elle repose sur le sol, le monument prend le nom de demi-dolmen.

En France, les dolmens sur la table desquels l’homme a ménagé des bassins peu profonds avec leurs déversoirs, ou de petits creux ronds unis pas des rigoles, sont la plupart ouverts et à jambages.

On cite en France au moins deux dolmens * (ouverts ou clos, je ne sais), dont la table est percée de part en part pour

1 Dolmens de Saint-Laurent (Mortagne, Orne;, de Sem (Ariège).

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laisser couler le sang des victimes, et qu’on dirait destinés à des sacrifices tauroboliques.

Un fait qui n'a point encore été relevé, c’est que, dans la Suisse romande où il n’y a pas de dolmen, ainsi qu’en Scandinavie, on rencontre des blocs erratiques où la main de l’homme a creusé de petits bassins. Ces blocs sont des autels comme les dolmens à bassins et rigoles. C’est des deux parts le même culte, c’est aussi le même usage du ciseau en métal. Mais ici le peuple encore à demi sauvage accepte de la main de la nature le bloc erratique pour autel sans le déplacer; là, plus civilisé déjà, il façonne et assemble les blocs et s’en crée un lieu de sacrifices.

Les grands dolmens se comptent par centaines en France, où ils portent le nom de pierres aux fées et sont l’objet de maintes croyances et pratiques superstitieuses.

Les dolmens de l'Espagne et du Portugal me paraissent être des tombeaux plutôt que des autels. On cite un dolmen en Corse, un à C.ozzo, un autre, qui me paraît douteux, en Etrurie. Ceux qu’on place en Grèce, sont des monuments cyclopéens. Dans le Carnatique, entre Madras et Bangalore, à Puticondah, est un monument de cinq pierres verticales qui en soutiennent une plate, au centre de deux cercles de petits blocs. Ce genre d'autel ou de tombeau pst assez fréquent dans la haute chaîne des Nilgherrys. On parle d’un dolmen au Brésil ; mais les voyageurs font avec les noms des mégalithes soi-disant druidiques une telle confusion qu’on ne peut tenir compte que de descriptions précises et détaillées.

'r Dolmen-temple.

Il est certaines allées, les unes apparentes, les autres couvertes, qui n’aboutissent point comme celles des tumulus, à une chambre sépulcrale, et qui par leurs grandes dimensions ont toutes les apparences de chapelles souterraines et mystérieuses. Ainsi le dolmen couvert d’Antequera, près de Malaga, de forme ohlongue , mesure "> mètres de hauteur; celui semi-circulaire d’Eguilaz, 3 */,. En France, où ces allées portent le nom de (/rôties aux fées.

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