II. MÉGALITHES. — 4" DOLM EN-TKMPLE
celle d'Essê (arrond. de Vitré, Ile et Vilaine), aux confins de quatre peuples celtiques, a 4 mètres de hauteur, autant de largeur et 10 de longueur. Les deux plus beaux monuments de la Touraine et de l'Anjou sont l'allée de Saint Antoine du Rocher, près de Tours, et celle de Bagneux, prés de Saumur, qui ont 3 mètres de hauteur sur 3 et 7 de largeur et sur 1 1 et 9 de longueur, et qui sont l'une et l'autre divisées en deux chambres comme la Roche aux fées d'Essê et comme la plupart des constructions de ce genre. Dans les arrondissements de Cherbourg et de Yalognes sont sur les hauteurs plusieurs galeries couvertes qui n’ont, il est vrai, que de 060 à 135 centimètres de hauteur; mais elles mesurent jusques à 20 mètres de longueur, et elles portent le nom significatif de roches pout/nolées (adorées).
Le celt était silex : il est devenu bronze d’abord, puis fer, et en changeant de matière, il s'est perfectionné, en même temps qu'il a vu surgir autour de lui une foule d’instruments nouveaux.
Le mégalithe au contraire n’a, d’un âge â l’autre, point changé et est demeuré toujours solitaire et stérile. L’Algérie a des dolmens à auge du siècle des Antonins; en France on a trouvé à Dol (arrond. de Saint-Malo) une monnaie d’Adrien sous l’immense menhir du champ Dolent, qui mesure 30 pieds au-dessus du sol et 15 au-dessous. Ce menhir, ces dolmens ne différent en rien de ceux de l’âge du celt, et de l’âge du celt aux premiers siècles de l'ére chrétienne, les peuples, en apprenant à manier le bronze et le fer, n’ont pas imaginé une seule forme nouvelle de cippe, de trophée, d'idole, d'autel, ni de temple.
Aussi l’époque d'un mégalithe est-elle très-difficile à déterminer. Les piliers n’ont d'ordinaire à leurs pieds et sous eux aucun objet en métal ou silex, et les dolmens ouverts, même les dolmens clos, ayant été sans doute fouillés depuis fort longtemps, sont très-pauvres en antiquités. On peut toutefois être certain que le ciseau en cuivre, bronze ou fer
était déjà connu lorsqu'on équarrissait grossièrement certains piliers en granit, creusait des bassins dans les tables de dolmens, sculptait sur des rochers ou sur les pierres verticales des allées couvertes, des lignes symétriques, des symboles, des lettres, ou ébauchait d'informes statues. Peut-être aussi une étude plus attentive des mégalithes permettra-telle de distinguer les plus anciens des plus modernes à la prédominance du génie symbolique chez les premiers et aux formes plus compliquées des seconds.
ni. CONSTRUCTIONS CYCLOPÊENNES1
Leurs quatre espèces. Leur région géographique et leur exclusion des dolmens. Leur âge et leur durée. Leur origine sémitique ou pélasgique , leur berceau dans la Palliochide, en A rainée. I.a voûte par encorbellement , de l'Kg)ple et de la Phénicie aux Orcades.
Les peuples qui s’étaient engagés dans la voie de l’architecture dolménique, s’étaient fourvoyés : ils ne pouvaient construire ni muraille ni voûte, élever ni temple ni palais, pas même bâtir la plus modeste maison. La vraie voie était celle de l’architecture cyclopéenne.
Nous distinguerons avec Dodwell quatre espèces de constructions cyclopéennes. La première et la plus ancienne consiste en blocs informes et bruts, entassés les uns sur les autres avec assez d’art pour présenter l’aspect de murailles unies et perpendiculaires. Plus tard on a façonné avec le ciseau de cuivre, de bronze ou de ferces grosses pierres qui gisaient sur le sol. et on leur a donné la forme de polygones d’inégale grandeur et d’un nombre inégal de côtés, mais à faces planes. Cette construction en blocs polygonaux irréguliers était fort difficile à exécuter. Il fallait beaucoup d’intelligence, de travail, de persévérance pour faire coïncider exactement un si grand nombre d’angles. Aussi ces murs font-ils
• Petit-Radel, Recherches sur les monuments cycl-opéens, 1841. — Abeken , Italie moyenne (en alleni.) , 184B. — Ramée . Histoire de l’architecture, t. 1. — Rossignol, Les mitant, etr.