I. L’ÊTAIN
Etain de l'Inde inconnu des anciens; de l'Ilindou-kouscli , de l'Ibéric, très-anciennement exploité; de la Crète; de l'Espagne, peu abondant ; des (fautes, non mentionné; de Cornouailles, le seul célèbre.
Les anciens et les modernes ne connaissent de gisements d’étain ni en Afrique *, ni en Arabie, ni le long des côtes de l’Iran. En Inde, sans parler de Banca et de Ceylan, il y a dans le Méwar (pays central) ou l’Odeypour, au nord-ouest des monts Vindliya, des mines d’étain fort riches, qui étaient exploitées tout récemment encore. Mais elles ne l’étaient pas dans l’antiquité ; car à peu de distance de cette contrée était Barygaza, le Bombay des siècles passés, et l’on sait par le périple d’Arrien1 * * * 5, qu’au premier siècle de l’èrc chrétienne le commerce égyptien, au lieu d’exporter de cette cité l’étain du Méwar, y apportait celui de la Cornouailles, qui môme arrivait jusques à Nelkunda (aujourd’hui Baraki) sur la côte de Malabar, à mi-distance de Goa et du cap Comorin. On ne dira pas que vers l’ére chrétienne, des causes inconnues, de
1 V. surtout : Pline, Hist. nat., 34. — Fournct. — Porbiger. — C. Ritter, etc.
* Goguet (De l'origine des lois, t. 1, p. 143), dit le contraire sur
l'autorité de Le Blanc, Voyage, 2"e partie, p. 80 et de [ Hist. générale des toyages, t. 1, p. 23. La seconde citation que nous avons transcrite (p. 17) ne prouve pas. Nous n avons pu vérifier la première.
‘ Ceogr. grteri minores, nidot. t 1, p. CIX, ou Périple 49, romp. 7.
86 GISEMENTS DE L'ÉTAIN . DU ClïIVBE, DU PLOMB ET DU ZINC
grandes guerres , des révolutions sanglantes auraient mis fin à une très-ancienne exploitation des trésors du Méwar; car vers l’an 1000 la flotte de Salomon rapportait d'Ophir, des bouches de l'Indus, de la contrée de Barygaza, de l’or, de l’argent, de l’ivoire, des singes, des paons1 * * *, et point d’étain.
Ceylan, Malacca, surtout Banca sont très-riches en étah. Mais ces richesses étaient inconnues des peuples anciens; autrement cet étain aurait expulsé celui de l’Angleterre, des marchés de .Nelkunda et de Barygaza*.
La Perse, nous disent Chardin et Tavernier, n’a point d'étain et reçoit ce métal de l'Inde5. Cependant des voyageurs plus modernes ont découvert de l'étain dans la contrée de Bamian au cœur de l'IIindou-kousch ou du Paropamisus Du sein de ces montagnes descend l’Hindmend ou Hætumat, le fleuve au.r ponts nombreux, qui, à son entrée dans la plaine aride, arrose la ville de lîost ou Best, la cité des jardins. Best est l’Abeste des anciens, qui était habitée par les Dranges, et ces Drariges, vers l’ére chrétienne, faisaient, d’après Strabon*, le commerce de l’étain Si de Bamian ce métal eût été dirigé par Caboura (Caboul) vers l'Indus, il serait arrivé à Barygaza où il aurait bientôt supplanté l’étain de la Cornouailles. Il prenait donc une autre route, et la vallée ou les eaux de l'IIætumat le conduisaient vers le lac Zareli, d’on les caravanes le portaient, sans doute par les oasis du désert iranien, vers les grandes villes du Tigre et de l’Euphrate. A quelle époque remonte dans l'antiquité l’exploitation de ces mines du Paropamisus? Si, dans le Zend-avesta, aonya a bien réellement le sens d 'étain (p. ;t(i). on peut être certain que ces miups étaient fort bien connues des Bactriens au siècle plus ou moins reculé de Zoroastre. Mais peut-être l’élaient-ellps déj au berceau de l’humanité postdiluvienne ;
1 1 Rois 10. 22.
* Les mines de Banca ne datent, pour le commerce européen an
moins, que de 1711. Reckmann. t. 4 p. 380.
* Beekmann, ibid., p. 368.