‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 70 sur 254 · I.KS NOMS 1)1 Clil\ KF. ET DE L'ÉTAIN · texte numérisé non relu

I.KS NOMS 1)1 Clil\ KF. ET DE L'ÉTAIN

aussi bien la brillante, on la haute'. Nous croyons la retrouver au temps de Yespasien sous le nom de Bésara *.

Ce nom de Bésara nous rappelle la Bésara d’Assyrie, aux confins des plaines du Tigre et des monts de l’Arménie, sur une route qui peut-être conduisait de Babylone et de Ninive aux mines d'étain de l'Ihérie; une Bésara (Biterræ, Béziers) dans la Gaule Narbonnaise par où arrivait l’étain des Cassitérides ; en Asturie les Pæsikes qui avaient pour voisins les Artabres dont le pays était l'étape entre ces mêmes Cassitérides et Gadés ; les Pæsures en Lusitanie qui a des gîtes d'étain; Bésaroet Bœsippo, \n ville forte (apha) de lV<«t'n(T), l'une et l’autre soumises à la juridiction de (iadés; en Egypte Bésa (Antinoë) qui serait la ville de Y étain (baç-nks, ??); sans parler de la ville et de la rivière Pæsus en Troade, ni des Pæsikes, peuple scythe sur les rives de la mer Caspienne. Mais ces ressemblances de sons peuvent être tout accidentelles et illusoires, et nous ne les consignons ici que pour mémoire.

b) Des Chaldéens nous passons chez les Ibériens, qui possédaient des mines d'étain. Leurs descendants, les Géorgiens, ont pour tous les métaux des noms qui ne ressemblent à rien : le cuivre spii.ens; le plomb tkue , tqwia; le laiton tudber. titreiu; le fer kkina ; Y étain qai.a. Il est impossible d’admettre que les Arabes, qui n’ont aucun gîte d'étain dans leur patrie, aient apporté leur oal’uun aux Ibères. C’est bien plutôt les Ibères qui ont donné, avec leur métal, leur qala aux Arabes comme aux Arméniens (glajek), aux Ossètes (kala), aux Turcs (kalai) et par les Turcs aux Persans. Si l’extension de ce nom ibère nous était mieux connue, nous verrions que l’Ibérie a été par son étain le centre d’une vaste province métallurgique au cœur de l’Ancien-Monde.

La langue géorgienne est apparentée au lesgbi du Caucase

* Comme Japliia, Heipha. Le nom du juge Ibisan signifie, comme ltusein en arabe, l'homme beau, brillant. (D'après M. Neumann.)

* Vie de Joscphe, § 24.

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oriental. Eu lesghi le cuivre se dit bach, pach, et bacik eu turc et en Afghan *.

c) L’Ibérie a vraisemblablement été la source de l'étain pour les Araméens. Ils nommaient le plomb ebro (p. 96). On nous concédera que ce terme a pu et dû dans l’origine signifier à la fois le plomb et l'étain. Or ne nous fournit-il pas l’étymologie la plus simple du nom A'ibérie? et l'Ibérie n’était-elle pas le pays de l’étain-plomb pour les Sémites de l’Aramée ou Syrie et pour ceux du Liban et de la Phénicie ?

Les Phéniciens avaient créé une nouvelle Phénicie au fond de la mer Egée, dans les îles et sur les côtes de la Thrace dont l'Hébre est le fleuve principal. N’est-il pas probable que ce fleuve leur apportait le plomb argentifère de la Mœsie (p. 9i) et qu'il devint pour eux un autre Ibère ou Hébre1?

En Espagne est un troisième Ebre ou Ibère, dont le bassin produit un peu d'étai.., beaucoup de plomb et, en Biscaie, plus encore d’un fer excellent. Ce fleuve était d’ailleurs une des routes naturelles de l’étain des Cassitérides vers la Méditerranée. Mais l'embouchure de l'Ebre et les côtes voisines ont été visitées de bonne heure par ces mêmes Phéniciens. Ils auront donc retrouvé aux extrémités de l’Occident une nouvelle Ibèrie (p. 88).

L’Ibérie de l’Espagne et l’Ibérie du Caucase ne devraient ainsi leur nom commun qu’à Pétain-plomb qu'elles produisaient l’une et l’autre et que venait y chercher le même peuple sémitique. Ainsi tomberaient et s’évanouiraient toutes les hypothèses par lesquelles on a tenté, depuis bientôt deux mille ans, d’établir une parenté entre deux nations qui n’offraient en réalité aucune conformité, ni de langue, ni de mœurs, ni de religion ’.

1 Les Bécliires, voisins des Chaldéens de l'Arménie, seraient ils un peuple du cuivre? LesTaokes, celui du plomb ? Les Tiharéniens, celui du laiton? L’Espagne dans Pline a ses Plumbarii.

* Hèbre, de kbro. «ebro, gabar (p. 96).

* Les soldats de Pompée , au dire d'Arrien . avaient été plus perspicaces (pie les érudits et savants de cabinet. Ayant servi dans l'Iliérie asiatique, ils tirent l'observation en Espagne que les Ibères d'Europe n'avaient aucune ressemblance avec les autres

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