I.RS 551 DOM ENS EN CORNOUAILLES
Magrada ou rivière de Melcarth. La contrée que traversent ces deux routes, c'est la Biscaie, qui est célèbre par l’abondance et l'excellence de son fer. Les mines les plus riches sont celles de Portugaléte dans la baie même de Bilbao.
Cependant, les anciens avaient gardé un confus souvenir d’un temps où le fleuve qui avait ses sources près d’une ville du nom de Pyrène, amenait l’étain à Tartesse. Ce fleuve, c’est l’Ebre, Tartesse est Dertosa*. Nous supposerons donc que les Sidoniens, arrivés sur les côtes de la Biscaip, auront pris possession de l’Atlantique comme Balboa le fit de l'Océan Pacifique trente siècles plus tard, et que ces intrépides navigateurs auront pénétré jusques à la Cornouailles et jusques dans cette mystérieuse Irlande toute pleine de légendes relatives aux Phéniciens de l’Espagne. La plus ancienne roule du commerce de l’étain occidental aurait ainsi été celle de l’Atlantique, de la Biscaie et de rEbre1.
Mais cette route était longue et pénible, et au nord des Pyrénées la Garonne, qui coule en sens inverse de l’Ebre, en offrait nne autre plus courte et plus aisée. Nous devons sans doute avouer que nulle légende ne fait de ce fleuve la voie par laquelle dans les temps antéhistoriques l'étain de
' Le nom de Tartesse a été transporté de Dertosa à Gadès et de l'F.bre au B;elis. C'est ainsi que Sevmnns fait arriver létain de la Celtique par un lleuve quelconque vers une ville fabuleuse de Tartesse. située à doux journées de Gadès (vers. 161-166). Avienus confond pareillement l'F.bre, coulant vers l'est et apportant l’étain aux villes de ses rives, et le Badis descendant vers l’ouest des montagnes d’Argent (Orn mûrit vers. 283-298).
' Appien (6, 6) fait couler l’Ebre au nord-ouest dans l’Atlantique. Une telle erreur étonne chez un historien du second siècle. Mais elle est moins étrange encore que celle d’Etienne de Byzance, au dire duquel la Seine serait un fleuve des Massiliens. Ce genre d’erreur se rencontre souvent dans les légendes et les mythes, et provient d une confusion quon a faite entre les fleuves, et les routes de commerce qui en suivaient les vallées. On a supprimé les chaînes de montagnes qui forment le partage des eaux entre les bassins opposés, et que les marchands franchissaient avec plus ou moins de difficultés, et l’on a ainsi réuni en un seul système hydrographique des régions dont les eaux coulaient eu sens inverse, et qui ne faisaient qu'échanger leurs produits ou livrer passage aux marchandises de pays fort éloignés.