‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 87 sur 254 · LES BRONZES LIE G.VDÈS EN BR1TANN1E · texte numérisé non relu

LES BRONZES LIE G.VDÈS EN BR1TANN1E

se réfute la principale objection qu’on fait à l'hypothèse tle M. Nilsson et «Je son école. Nous verrons d’ailleurs que les Phéniciens sont restés lidèles au bronze et ont négligé le fer jusques aux derniers temps de leur existence nationale. — « Auparavant, poursuit Slrabon, les Phéniciens seuls faisaient ce commerce depuis (ladés*. » Les marchands de (ladés allaient donc chercher par mer l’étain de la Bretagne, qu’ils livraient aux fabriques de leur cité, et ils rapportaient en Bretagne ce même étain mêlé au cuivre et converti en bronze, pour l’échanger contre un nouveau chargement de ce métal. Ce commerce étrange eut été impossible si les indigènes eussent connu eux-mèmes l'art de préparer le bronze. Mais cet art leur était complètement étranger, car les auteurs anciens nous disent positivement que le cuivre ou bronze des Britanniens leur venait du dehors et que leurs armes étaient de fer*. Cependant on trouve dans les antiques tombeaux de l’Angleterre et de l’Irlande des épées en bronze aussi remarquables par la beauté du travail que par la petitesse de la poignée (p. 10). Elles sont de cuivre et d’étain sans plomb ni zinc, et à l'alliage assyrien, phénicien. D'où viennent-elles? Strabon nous le dit : de Gadès. Elles porteraient gravé sur la lame le nom ou la marque de la fabrique gaditaine que la provenance n'en pourrait être plus certaine.

Ajoutons «pie ces épées, fabriquées à Gadès, ne peuvent être ni antérieures à l’an 1 100, date de la fondation de cette cité, ni postérieures au quatrième siècle de notre ère où elle n’était qu'un amas de ruines \

Les Gaditains auraient aimé à tenir secrète la route des Cassitérides. Mais les Romains, maîtres de l'Occident entier, ne pouvaient les laisser longtemps jouir en paix de ce mo-

1 Slrab. 3, 3. 7. Coinp. Diod. 5, 33.

1 Jules Càisar, U. tiall., 5, 12; Strabon, 4, à. 2; Tacite. Agricola, 12. 1 Ora maril., vers. 270-273. Déjà avant Aviénus. Ausone. chantant les villes «‘élèbres de son temps, fait de Mérida la capitale de l’Espagne, place au second rang Cordoue. Tarragone et Dragues (Bracara), et ne parle point de Cadix.

LE COMMERCE DE L'ÉTAIN

nopole. A une date inconnue « un vaisseau d’Italie avait tenté « de suivre à la piste des marchands phéniciens qui voguaient « vers ces îles : ils l’attirèrent vers des écueils où il se brisa « après le leur, et leur cité les dédommagea de la perte de « leurs marchandises. Mais après de nombreuses tentatives « les Romains découvrirent enfin cette route mystérieuse :

« I’ublius Crassus, qui l’avait trouvée le premier, la fit con- « naitre à tout le monde \ » sans doute postérieurement à Jules-César.

L’importance du commerce que les Tyriens de Cadix faisaient non seulement avec la Cornouailles, mais avec toutes les îles Britanniques, résulte d'une manière frappante de la géographie de Ptolémée. Ce savant d’Alexandrie copiait son prédécesseur immédiat, Marin de Tyr, qui avait tiré sa description de la terre et sa mappemonde de sources phéniciennes. Or la carie que Ptolémée nous trace de l’Irlande, est plus exacte que celles de toutes les autres contrées: les grandes anfractuosités des côtes y sont marquées avec une précision surprenante, et la cité la plus importante de Pile est un port de mer situé vers le nord-ouest. L’Irlande était au contraire, pour Strabon, Pline, Tacite, une terre presque complètement inconnue.

Des épées de bronze, fort semblables à celles des tombeaux britanniques, sont assez fréquentes en Danemark. Nous ne saurions mettre en doute leur provenance phénicienne; mais, fabriquées à Gadès et apportées par les Gaditains dans la Cornouailles, elles ont pu passer dans la Nord-Europe sur des vaisseaux celtes, armoricains, vénètes, et il n’est point nécessaire d'admettre que les Tyriens de Gadès aient fait eux-mêmes directement le commerce avec la Scandinavie.

Pendant que les Gaditains faisaient sur mer le commerce de l’étain, ce métal continuait à affluer par la Garonne, la

1 Slrab., 3, 5. 11.

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