LES ROUTES DE L'ÉTAIN DANS LES GAULES
Seine et le Rhin à Narbonne, à Marseille et dans tout le cœur de l'Europe. Une route nouvelle s’était ouverte à ce commerce, celle de la Loire; au moins les Véiétes et leurs alliés, les Namnètes, avaient-ils fondé (à deux lieues au-dessous de Nantes), la ville de Corbilo, qui florissait au siècle de Pythéas. Mais elle a disparu si promptement et si complètement qu’on doit supposer que la voie commerciale de la Loire n’a jamais eu l’importance de celles de la Garonne et de la Seine.
Le commerce des Gaules était tout entier entre les mains des indigènes, puisque nul Massaliote avant Pythéas n’avait visité les Cassitérides.
De Pythéas à l’ère chrétienne, rien n’a changé dans les routes de l’étain. Ce métal et les pelleteries de la Britannie, sans doute aussi son or, son argent, son plomb, attiraient dans ce pays les marchands gaulois depuis les embouchures de la Garonne, de la Loire, de la Seine, et depuis le port Itius (Bissan, prés Calais). L’étain des différentes mines de la Cornouailles était rassemblé dans l’ile d'Ictis, qui est le Mont Saint-Michel au devant et au centre de ce district minier. C’est là que venaient le prendre les marchands qui le transportaient sur la côte continentale. Du port Itius, ils gagnaient les bouches de l'Escaut et remontaient le Rhin. D'autres (les Calètes sans doute) transportaient leurs provisions à dos de cheval, en trente jours, soit à Marseille, soit à Narbonne.
Du temps de Strabon et sous la domination romaine, on utilisait les voies d'eau, et le transport par terre n’avait plus lieu qu’au partage des grands bassins*.
1 Diod., 5, 22. 23. 38. — Strab. , 4, 1. 12 el 6. 11. — Fraym. hist. ynec., t. 3. Possidonius, fr. 48.
LE COMMERCE DE L ETAIN