I.K COMMKRCF DR L'ÉTAIN
stanniféres du Limousin et de la Bretagne (p. 89), de faire venirdeces contrées l'étain* dont était couvert le toitde l’église d’Agen au sixième siècle (d’après Fortunatus), et de compter ces richesses métalliques pour quelque chose dans la grandeur de Tolente (saint Pol de Léon), la Tyr armoricaine qui couvrait la mer de ses vaisseaux et qui a été détruite en 875 par les Normands.
Les mines de la Cornouailles, que nous supposerions avoir été abandonnées au troisième siècle, ne paraissent pas avoir été reprises sous les Anglo-Saxons. Au moins l’étain n’est-il pas mentionné une seule fois pendant leur domination de six siècles. Il ne l'est pas même depuis qu’Adelstan eut enfin soumis les intrépides descendants ou successeurs des Silures. Ce métal ne reparaît que dans les documents historiques où les rois d'Angleterre le soumettent, ainsi que l’argent, à des règlements spéciaux. Mais la Cornouailles fournissait déjà à elle seule d’étain l'Europe entière quand on en découvrit des gisements en Bohème l'an 1 146 et bientôt après en Saxe *.
Si l’on osait se fier à quelques monnaies analysées, l’étain aurait fait complètement défaut à Constantinople au sixième et au neuvième siècles; car celles de Justinien et de Basile sont de cuivre pur5.
En résumé, voici quelles ont été dans l’antiquité les routes de l'étain britannique :
1° Boute de la Biscaie et de l'Ebre ;
2° Route de la Garonne et de l’Aude ;
3° Route transverse de la Saintonge vers l’Helvétie;
4° Roule de la Loire et du Rhône;
5° Route de la Seine vers l’Helvétie et le Pô;
1 Marcellus de Bordeaux, au 4e siècle, parle de petites lames d'ètain inscrites qui servaient d’amulettes.
* Hmfer, Hist. de la chimie. — Lappenberg, Hist. d'Angleterre (en allem.).
* Il en existe aussi de cuivre pur d'Auguste. deCaligula et de Vespasien.