ACTE PREMIER
FONDRETON.
Mais pas du tout!... C'est une fausse entrée. Je voulais vous parler, et elle est toujours sur mon dos. Alors, j'ai laissé ma voiture au Las de la côte, je suis passé par le bois... J'ai la clef du jardinier... Je vais rentrer tout à l'heure officiellement par la grande porte... Ohl non... la vie que je mène depuis hier... Voyez-vous, non!.,. Si
vous saviez!... vous avez dû entendre du bruit cette nuit
par là?
11 iodiqae la droite.
LAHIREL.
Je le crois bien I . . . un vacarme ! . . .
FONDRETON, pouffant dd rire.
Chut!... j'y étais...
LAHIREL.
Vous! chez le général Lorris?...
FONDRETON.
Non ! ... pas chez le général . . . chez la comtesse Wacker. . . le général lui prête sa maison... oui, depuis hier... Et on a planté la crémaillère!... Oh! ces étrangers!... l'emménagement n'était pas fini, figurez-vous... Nous étions quarante à dii^er. Il y en avait dans les cabinets de toilette et jusque sur l'escalier. Pas de chaises!... Pas de piano... on a dansé avecun orgue de la rue... Quelle maison!... £t puis après, un colin-maillard au clair de la lune, oh! mais un colin...
LAHIREL.
Ah! c'est la comtesse Wacker!.. . Eli bien! cela ne m'étonne plus!... Et vous étiez là, vous?...
FONDRETON.
Moi!... Je ne la quitte plus.
LAHIREL.
 deux pas de votre femme, vous avez de l'aplomb !..«
FONDRBTON.
N*est-ce pas, hein ? c'est du don Juan, cela!... Le fait est que ça va être gèaant. Bah! avec de l'adresse... Nod, mais vous ne vous imaginez pas comme on s'est amusé... Et à quatre heures, ce matin, nous sommes partis onze pour Paris, avec la comtesse, la baronne Brunner, la princesse... Des princesses, des comtesses, des... je n'ea sors plus, moi... et où allaient-elles à cette heure-là?... Je vous le donne en cent!... voir une exécution!... Il n'y a que les étrangers, ma parole d'honneur!... Quel monde!... Et cela recommence ce soir. J'ai été commander des lots de tombola, des feux d'artifice, que sais-je? pour ce soir... c'est sa fête, sainte Julia... Nous serons au moins cent, et tous les jours comme cela!... (Avec exaltation.) Ah ! voilà des gens qui entendent la vie, ces étrangers!... C'est cela la vie!... La voilà la vie!..:
LAHIREL.
Ëh bien! de Sauves a eu une jolie idée de vous présenter là, vous !
FONDRETON.
Oui, avant sa conversion; pauvre de Sauves!... Lahirel, voulez- vous que je vous présente aussi?
LAHIBEL.
Merci!... je la connais, la comtesse!... Je l'ai connue à Madrid...
DÉSAUBIERS.
Et moi à Milan.
LABIRBL.
Trop turbulente ! merci ! Elle me fait mal à la tête, cette femme-là!...
FOINDBETON.
Elle est si capiteuse... Je suis fou d'elle, vous savez?