‹ L'agent de change, ou, Une fin de mois drame en trois actesChapitre 28 sur 38 · EUGÉNIE , GUSTAVE · texte numérisé non relu

EUGÉNIE , GUSTAVE

( Eugénie a entendu la dernière phrase de Gustave ; elle s'approche avec une vive émotion. )

Gustave, l'apercevant.

Qu'une stérile compassion ne vous ramène pas, mademoiselle ; je sais que je vous ai perdu ; je connais toute l'horreur de mon soit. Laissez- moi seul à ma douleur.

EUGÉNIE

Gustav e!

GUSTAVE

Vos consolations ne pourraient que l'irriter.

EUGÉNIE

Comme le malheur vousrenil injuste et dur! La crainle qu'on ne [ense mal de vous, vous donne mauvaise opinion du cœur de toul le monde. Votre ardente vivacité vous a déjà fait manquer à mon oncle.

Gustave , avec feu.

II insultait à mon père! Avec quelle cruauté il lui développait toul ce que sa situation a d'odieux! S'il n'eût pas été votre oncle

EI'GÉNIE

Ingrat ! à l'instant où vous allez tout lui devoir. . . pendant que son attachement lui fait paj'er toute la somme à M. de Laroncière.

Gustave, avec joie.

Que dites-vous ?. . . 11 nous sauve lhonneur.

EUGÉNIE

Il va plus loin. . . Son cœur, qui vous chérit. . .

Gustave, vivement.

Achevez, Eugénie, achevez de mettre le comble à ma joie. . . il me donne sa nièce.

Ah! Gustave, ne parlez plus de sa malheureuse nièce.

GUSTAVE

Comment?

EUGÉNIE

Sa fille. . .

GVSTAVE.

Sa fille !

EUGENIE.

Sa fille, fruit d'une union ignorée, qui vous connaît , qui vous aime, offre à votre père six cent mille francs, qu'elle tient des dons et des épargnes du sien.

GUSTAVE

Il veut que j'épouse sa fille! et c'est à ce prix qu'il m'offre ses bienfaits! Ah! c'est à présent que je sens toute l'étendue du malheur qui nous accable. Il veut que je renonce à vous, que je me condamne à un désespoiréternel. Mais, non ; qu'il no l'espère pas; je le connais trop bien , mon p^re n'accepterait jamais un pareil sacrifice ; et, je le jure à vos pieds , Eugénie , la lille dç 31. Cerneville, fût-elle cent fois plus généreuse , ne m'appartiendra jamais.

EUGÉNIE

Mais si cette fille était ...

GUSTAVE

Qu'importe ce qu'elle soit, je la refuse.

Eh ! quoi, vous refusez Eugénie !

GUSTAVE

Eugénie ! Grand dieu ! que diîes-vous ?

EUGÉNIE

Oui, Gustave, je suis cette fille qu'il pleura si long-temps, et dont des mutifs secrets l'ont empêché jusqu'à ce jour de faire connaître la naissance.

Cl STAVE.

Grand dieu! Est-il donc possible !.. Mais oui, j'aurais dû. .Pardon, pardon , de ne pas vous avoir deviné .. quelle autre qu'Eugénie était capable d'abandonner tout son bien pour sauver mon père.

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