CHR TÈLE
49 Lésions pneumococciques sans pneumonie. 8 59 Septicémies pneumococciques terminales (0 60 Infections pneumococciques larvées . 22 HÉbuetmopathiespéciales JU Le RUE EL 1° PN&uMoNIES LOBAIRES. — La fréquence de la pneumonie,
la régularité de son évolution, les garanties qu’apportent à son diagnostic les simples données de la clinique, en faisaient la maladie de choix pour l'étude primordiale de la séroréaction pneumococcique.
Aussi, nous sommes-nous attaché, dans tous les cas de pneumonie que nous avons observés au cours de notre internat, à rechercher systématiquement dans le sérum la présence de la propriété agglutinante et à en étudier les diverses modalités.
Il est un premier point qui ressort nettement de l'analyse des observations : la constance de l’apparition du pouvoir agelutinatif au cours de la pneumonie franche, non compliquée de septicémie (nous laissons en effet de côté, pour l’instant, toute une catégorie de faits où la généralisation du pneumocoque dans l’organisme est venue modifier l’évolution de la maladie et les conditions de production de la séroréaction).
L'époque d'apparition du phénomène est un peu variable suivant les cas : la réaction peut parfois être déjà esquissée le troisième ou le quatrième jour; exceptionnellement, elle est déjà très nette à cette période. En général, elle n’est bien marquée que la veille de la défervescence, et son maximum coïncide très souvent avec la fin des phénomènes critiques,
quelquefois seulement avec Île lendemain, premier jour de la
convalescence.
ÉLTORTES
L’intensité du phénomène s’accroît progressivement jusqu'à l’époque de la défervescence ; d’abord purement microscopique, la réaction devient bientôt visible à l'œil nu : les pneumocoques s’agglomèrent sous l'aspect degrumeaux, puis de fragments pseudo-membraneux, puis enfin d’une véritable cupule.
La réaction agglutinante semblerait parfois faire défaut, si l’on s’en tenait à n’ensemencer qu'un échantillon quelconque de pneumocoque. A l'encontre, en effet, de la sécurité que présente une séroréaction positive, une expérience négalive entraîne, avant d’être tenue pour définitive, le double desideratum suivant : la nécessité non seulement de recommencer l'épreuve les jours suivants, mais de mettre en cullure, dans le sérum du malade, le pneumocoque prélevé au niveau de sa gorge.
Nous avons observé, maintes fois, qu’un sérum de pneumonique, qui n'agglutinail pas l'échantillon de pneumocoque de notre laboratoire (1), agglomérait par contre le pneumocoque que nous isolions de la bouche du malade auquel était faite la prise de sérum. I] n'y avait d’agglutination que précisément vis-à-vis du microbe même qui, selon la conception actuelle de la pathogénie de la pneumonie (infection le plus souvent autochtone), avait, par sa migration dans le poumon, créé la maladie.
Ces cas,où les deux échantillons microbiensen question sont si nettement différenciés par l'agglutination, sont d’ailleurs relativement rares (obs. XX V., XXVIT, XXXVII).Le plus souvent, le même sérum agglutinait à la fois le pneumocoque de
(1) Pneumocoque retiré, il y a 3 ans, des crachats d'un pneumonique,
Pro
notre collection et celui du malade, mais à des degrés différents : toujours la réaction était plus marquée vis-à-vis du pneumocoque individuel. Ainsi, quand elle n'était qu’esquissée avec ce microbe, elle manquait totalement avec le paeumocoque de notre collection ; quand, l'intensité du pouvoir agglutinatif augmentant graduellement avec l’évolution de la maladie, on obtenait un résultat macroscopique avec le pneumocoque du malade, la réaction n'était encore visible qu'au microscope avec le pneumocoque de notre collection : et c'est seulement quand le pouvoir agglomérant atteignait son maximum, que les deux échantillons microbiens étaient tous les deux agglutinés d’une façon égale, à l'œil nu (obs. XXIV).
Inversement, lors de la décroissance progressive de l’intensité de la réaction, c'était le pneumocoque de la gorge du malade qui conservait le dernier la faculté d'être agglutiné.
Dans la convalescence de la pneumonie, on peut de bonne heure assister à l'atténuation graduelle de la propriété agglutinante. Nos observations nous ont montré, souvent, la disparition précoce de cette propriété, qui diminue déjà au bout d'une semaine, mais qui peut persister un mois (obs. XLVII), cinq semaines (obs. XI), peut-être même davantage.
La séroréaction pneumococcique, relativement si éphémère, ne permet donc pas, comme la réaction de Widal, un diagnostic rétrospectif à longue échéance. Cependant, si quelques jours seulement se sont écoulés depuis la fin de l’affection thoracique, on peut encore compter sur un résultat positif (obs. VIII, XIV et XXII).
2° PNEUMONIES sEconpaiREs. — Egalement constante dans les pneumonies survenues au cours de Ja grippe, de Ja fièvre
oies
typhoïde, la réaction agglutinante s’y présente, en général, avec une intensité marquée, et, dans la dothiénentérie,on peut retrouver dans le sérum la propriété d’agglutiner à la fois le pneumocoque et le bacille d’'Eberth.
3° BroncuopxEuMoONtIES. — Dans les quatre cas de bronchopneumonie auxquels nous avons appliqué l'épreuve de la séroréaction pneumococcique, le résultat a été positif trois fois, négatif une fois. Dans ce dernier cas, l’autopsie nous a donné la raison de celte absence d’agglutination : les noyaux bronchopneumoniques ne contenaient que le streptocoque.
Lo LÉsioNs PNEUMOCOCCIQUES SANS PNEuMoONIE. —— La séroréaction pneumococcique a donné des résultats constamment posilifs dans 8 cas de lésions pneumococciques sans pneumonie concomitante. Il s'agissait, dans 4 cas, de pleurésie purulente ; dans 2 cas, d'endocardite infectieuse; dans { cas, de calarrhe sutfocant ; dans 1 cas enfin, présenté par MM. Widal et Lesné à la Société médicale des hôpitaux (obs. LIIT), d’arthrite et de synovile à pneumocoques. L’agglutination avait pour caractère d’êlre remarquablement intense chez ces malades, sauf chez l’un d’eux où l'épreuve fut faite à une époque rapprochée de la mort.
Dans un des cas de pleurésie purulente, nous avons pu séparer, par décantation,une petite quantité de sérum du pus ; tandis que le sérum du sang du malade agglutinait macroscopiquement le pneumocoque, le sérum du pus ne laissait pas pousser le microbe. Mentionnons ici qu’il en était tout autrement dans 3 cas d’épanchement séreux parapneumonique chez des malades agglutinant fortement le pneumocoque : la sérosité pleurale permettait la culture du pneumocoque, qui, dans 2 cas (obs. XI et XXX) était agglutiné macros-
te
copiquement, et ne lélait pas dans le dernier (obs. LX XD),
95° SEPTICÉMIES PNEUMOCOCCIQUES TERMINALES. — Nous classons sous celte rubrique les cas où le pneumocoque n’est pas resté cantonné dans la lésion primitive (pneumonie, péritonite, elc.), et a envahi secondairement le sang de la circulation générale.
Ces formes d’infection pneumococcique, à physionomie clinique si particulière, se sont montrées également distinctes des pneumonies régulières par leur manière de se comporter au point de vue de la réaction agglutinante. Dans les 6 cas que nous apportons, la réaction manquait, quel que fût l'échantillon de pneumocoque ensemencé ; dans un de ces cas seulement, elle était esquissée vis-à-vis du pneumocoque même du malade.
6° CAS TÉMOINS ET CAS D’INFECTION PNEUMOCOCCIQUE LARVÉE, — Les examens de contrôle que nous avons systématiquement: pratiqués sur un très grand nombre d'individus sains ou atteints de lésions où le pneumocoque n’est certainement pas en cause, nous ont toujours donné un résultat négatif. Parmi ces cas témoins, ceux qui peuvent être considérés comme pathologiques relevaient de catégories très variées de maladies :’ lésions cutanées (gale, impéligo, acné) ; cardiopathies (asystolie, etc.) ; affections du système nerveux ; néphrites chroniques ; maladies infectieuses (fièvre typhoïde, blennorrhagie, érysipèle, rhumatisme articulaire aigu, méningite tuberculeuse, bronchite pseudo-membraneuse à streptocoques) ; éclampsie puerpérale, etc.
Il s’est cependant trouvé quelques cas où la réaction ag-: glutinante, que nous nous attendions à voir manquer, était manifeste dans le sérum. Cette constatation imprévue a été
RES CUNEZ
pour nous le point de départ de recherches systématiques dans les cas cliniques ultérieurs de même ordre.
C'est ainsi qu’un cas d’angine aiguë ayant présenté un jour une séroréaction pneumococcique positive, nous avons soigneusement étudié, à partir de ce moment, le sérum de tous les angineux qu'il nous a élé donné d'observer.
Nos recherches ont porté sur 9 cas d’angine aiguë non diphtérique ; 9 fois la réaction fut positive : 6 fois, le pouvoir agglutinatif était assez intense pour que le sérum agglomérât macroscopiquement l'échantillon de pneumocoque de notre collection ; 3 fois, elle était plus faible, et ne pouvait être décelée qu’au microscope.
Signalons enfin un certain nombre de cas où le résultat positif de la séroréaction n'était pas pour nous surprendre, car il s'agissait d’affections dans l’étiologie desquelles peuvent intervenir plusieurs agents différents, parmi lesquels le pneumocoque.
C’est ainsi que nous avons constaté une réaction agglutinanle positive dans # cas de grippe, 2 cas de purpura, 2 cas de tuberculose à forme pneumonique, 3 cas de granulie et 4 cas de tuberculose pulmonaire chronique de fièvre hectique.
-1* PNEUMOPATHIE A MICROBE DIFFÉRENT, MAIS VOISIN DU PNEU- MocoQuE. — Un dernier cas d’agglutination obtenue suivant le procédé spécial au pneumocoque mérite de prendre place dans cet exposé de faits, bien que l’agent pathogène en cause soit un microbe un peu spécial, différent du pneumocoque commun par l'épreuve de l’agglutination et par ses caractères morphologiques et biologiques (obs. LXXX VI). C’est un diplocoque à grains non lancéolés, mais au contraire plus
larges que longs, disposés presque toujours en assez longues
Pro
chaînettes dont les grains sont parfois de volume différent. Cultivé en sérum de lapin, milieu où le pneumocoque se développe en diplocoques, il conserve la disposition en chaïinèttes. Il est entouré d’une capsule remarquable par son énorme volume. Il se distingue enfin par la viscosité spéciale des exsudats expérimentaux qu’il provoque.
Ce microbe se comportait, dans le sérum de lapin agglutinant fortement le pneumocoque, ou dans le sérum des pneumoniques, comme il eût fait dans des sérums normaux. Ensemencé dans le sérum du malade de l’autopsie duquel il provenait, il présentait par contre, avec une grande netteté, la disposition en amas, caractéristique de l’agglutination microscopique. Le sérum de ce malade était sans action agglomérante sur l'échantillon de pneumocoque de notre collec-
tion.