‹ L'Agglutination du PneumocoqueChapitre 16 sur 38 · LÉ UE · texte numérisé non relu

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glutinante dans le sérum des individus sains, ou des malades atteints d'infections aiguës ou de lésions chroniques, pour que la constatation d'une réaction positive énergique dans un sérum donné prenne l'importance d’un fait révélateur. L'agglutination pneumococcique, contrairement à l’agglutination éberthienne, étant relativement éphémère, il n’y a pas lieu le plus souvent de songer, en cette occurrence, que c’est là la trace d'une infection pneumococcique antérieure. Il est donc alors logique d'admettre que c'est là la signature d’une infeclion pneumococcique en activité ; mais celle-ci peut être latente, larvée.

Dans un certain nombre de cas, l'examen approfondi du malade nous a permis de dépister la lésion à pneumocoques, masquée par la prédominance des phénomènes généraux (obs. LT).

Dans une autre catégorie de cas, cette constatation matérielle est impossible, mais, à l'analyse, ces faits ne sont nullement incompatibles avec la notion d'une infection pneumococcique surajoutée, Ainsi, nous avons constaté à plusieurs reprises une séroréaction pneumococcique positive dans les angines aiguës, la tuberculose aiguë ou chronique, la grippe et une certaine variété de purpura.

Angines. — Nous avons exposé, au chapitre II, les résultats positifs fournis par l’étude du sérum dans les angines aiguës. L'existence de la propriété agglutinative dans ces cas ne doit pas nous étonner. Sans doute, on s’est habitué à considérer que le rôle primordial, dans la pathogénie de la plupart des cas d’angine aiguë non diphtérique, est joué par le streptocoque. Il ne faut cependant pas oublier que cette opinion n’est pas élayée sur des fails rigoureusement démon-

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trés, La notion de la présence constante du streptocoque dans la cavité bucco-pharyngée (1), l'impossibilité de distinguer les streptocoques habituels de la gorge, des streptocoques pathogènes, impliquent la nécessité de reviser désormais le chapitre des angines dites à streptocoques (2).

On admet de plus en plus, aujourd’hui, la conception d’une étiologie polymicrobienne dans chaque cas d’angine aiguë, Le pneumocoque, hôte constant de la cavité pharyngée, peut donc intervenir alors, tout comme le streptocoque et les au- tres microorganismes de la bouche, et son activité se traduira par une réaction organique dont on peut trouver la marque dans le sérum du malade, la propriété agglutinative. On nous accordera qu'une modification humorale aussi délicate que celle-là a plus de valeur, au point de vue pathogénique, que la simple constatation d’un microbe à la surface d’une muqueuse où on le trouve normalement.

Tuberculose, — L'examen des faits nous a révélé également l'apparition de la propriété agglutinante au cours de certains processus de nature tuberculeuse.

Dans la granulie, trois fois (obs. LXXI, LXXII, LXXIID le sérum à agglutiné le pneumocoque, indiquant ainsi la part que prend le pneumocoque dans le processus de la maladie. Le rôle de l'infection mixte dans la granulie à d’ailleurs’été maintes fois démontré par les analyses bactériologiques. L'agent associé peut être le bacille d'Eberth (Kiener et Vil-

lard, Sardat et Villard, Babès et Kalindero, Guinon et Meu-

(1) Wipaz et BEzancon, Soc. médicale des hôpitaux, 18 mai, 1° juin, 27 juillet 1894.

(2) Wipaz et Bezaxcon, Diverses variétés de streptocoques ; insuffisance des caractères morphologiques et biologiques invoqués pour leur différenciation, Arch. de méd. expérim., mai 1896.

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nier) ; ce peut être aussi le pneumocoque ou le streptocoque, comme l’a vu Ortner, qui a trouvé 8 fois ces microbes sur 9 cas de tuberculose miliaire aiguë ou subaiguë. On se rappelle aussi la fréquence des infections mixtes tuberculeuse et pneumococcique, dans la méningite de l'enfance (Netter, Babès), par exemple.

Dans la tuberculose pneumonique (pneumonie casécuse ou splénopneumonie) (obs. LXXIV et LXX), l’agglutination a été également positive. C'est là un fait intéressant, à rapprocher du rôle que certains auteurs ont fait jouer à la ‘symbiose bacillo-pneumococcique dans l’évolution de cette forme de tuberculose pulmonaire. Rappelons seulement que Frænkel et Troje, sur 7 cas, ont trouvé # fois le bacille de Koch à l’état de pureté et 3 fois une infection mixte.

Dans la tuberculose pulmonaire chronique, dans le seul cas de fièvre hectique que nous ayons étudié, le sérum agglutinait aussi le pneumocoque (nous avons étudié comparativement des tuberculeux pulmonaires chroniques avec ou sans fièvre, sans déceler la propriété agglutinante dans leur sérum).

Ce fait peut contribuer à l'étude des infections secondaires chez les tuberculeux ; l'examen du sérum permettra de dire dans quelle mesure le pneumocoque est en jeu dans la production des phénomènes d'hecticité. On sait combien est encore controversée la question du rôle des infections secondaires dans la pathogénie de la fièvre hectique des tuberculeux, les uns, avec Pétruschky (1), avec Jakowski (2),

(4) Perruscaky, Tuberkulose und Septikæmie, Deutsche med. Wochen-

schrift, 1893, p. 317.

(2) Jaxowskr, Sur les infections mixtes chez les tuberculeux, (razeta

Lekarska, 21 octobre 1893.

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admettant une infection sanguine par les microbes émigrés des cavernes ; les autres auteurs n’ayant pu constater, par la culture du sang, la présence de ces microbes [Straus (4), Beco (2)]. La mise en évidence de la propriété agglutinante dans le sérum de ces malades permet de ne pas attribuer aux seules toxines tuberculeuses Ja production de la fièvre.

Grippe. — Dans 3 cas de grippe confirmée, la séroréaction pneumococcique a été positive. On se rappelle la fréquence de l'intervention du pneumocoque au cours des formes thoraciques de la grippe, fréquence telle qu’on à considéré un instant le pneumocoque comme l'agent principal de la maladie.

L'entrée en scène du pneumocoque, dans ces divers processus tuberculeux ou grippal, s'explique facilement par ce fait que le pneumocoque est là dans la cavité bucco-pharyngée, toujours prêt à envahir l’économie.

Purpura. — La réaction agelutinante était également positive dans deux cas de purpura (obs. LXVIII et LXIX). Bien qu'ici nous n’ayons pu mettre en évidence l’agent pathogène en l’isolant directement de l'organisme, nous pensons qu’il est légitime de faire relever ces deux cas d’une infection pneumococcique larvée, le rôle du pneumocoque dans la pathogénie du purpura ayant été maintes fois établi en ces dernières années (Legendre et Claisse) (3).

(1) Srraus, Tuberculose et infections secondaires, Semaine médicale , 189%, n° 32.

(2) Beco, Fréquences des septicémies secondaires au cours de la tuberculose pulmonaire chronique, Revue de médecine, 1899, p. 392.

(3) CLaisse, Sur un cas de Purpura à pneumocoque, Archives de méd. expériment. et d'anat. path., 1891, DÉRS70E

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