I. — Pneumonices lobaires
Ogs. L. — Pneumonie lobaire, puis pleurésie purulente et endocardite mitrale. — Agglutination d'abord microscopique, puis macroscopique. — Femme de 54 ans, entrée le 30 janvier 1897, à l'hôpital St-Louis, service de M. Balzer, salle Lorry, lit n° 17.
Cardiaque depuis plusieurs années, syphilitique depuis 6 ans. Pneumonie de la portion inférieure du poumon gauche. Défervescence le 3 février. Sérum prélevé ce jour-là, ensemencé avec le pneumocoque N (1) : agglutination microscopique (amas de chaînettes enroulées, séparés par des espaces vides). Les jours suivants, le tube de sérum perd sa limpidité et présente un trouble blanchâtre croissant.
Nouvelle prise de sérum le 10 février, 7 jours après la défervescence.On prélève le sang au niveau d’une veine du coude. Le sérum ensemencé reste clair et ne se trouble nullement les jours suivants. À l’examen, on voit encore des chaînettes, mais celles-ci sont moins souvent en amas que dans la première culture. Enfin, il y a des diplocoques libres dans l'intervalle des chainettes, et non plus le vide absolu si frappant lors de l’autre examen.
Ainsi, la culture dans le sérum de la malade convalescente tendait à prendre les caractères de la culture en sérum humain normal ; la force agglutinative s’affaiblissait.
Cependant, après quelques jours d'amélioration apparente, l’état
de la malade redevint grave. On allait prélever une troisième fois du
sérum, lorsqu'elle vint à succomber.
(1) Pneumocoque N = échantillon de notre laboratoire.
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À l’autopsie, on constata une pleurésie purulente à grand épañchement et des traces d'endocardite pneumococcique.(Les pièces ont été présentées à la Société anatomique) (1).
On aspira le sang des cavités du cœur; on laissa déposer les globules rouges; on décanta, et de cette façon on put avoir le sérum sans recourir à la filtration. Un tube de ce sérum, ensemencé et mis à l’étuve, présenta, au bout de 24 heures, une sorte d’exsudat pseudo-membraneux cupuliforme à la partie déclive du tube; un fragment de ce coagulum, écrasé entre deux lamelles, et coloré soit par le bleu phéniqué, soit par la méthode de Gram, apparut sous le microscope formé de gros amas de pneumocoques en chaïînettes ou en diplocoques, avec quelques chaînetles isolées, très longues, flexueuses en S, en U, aux courbes arrondies comme le streptocoque.
O8s. IT. — Pneumonie du sommet. — Agglutination MICTOSCOPi= que. — Homme adulte entré à l'hôpital Lariboisière, service de M. Dreyfus-Brisac, pour une pneumonie du sommet droit.
Ce malade avait déjà fait une pneumonie en 1888.
Le sérum, prélevé le 21 février 1897, au 6° jour de Ja pneumonie, ensemencé avec le pneumocoque N, présenta une agglutination microscopique : le sérum ensemencé reste clair, et l'examen révèle des chaînettes flexueuses, très longues, puisqu'on en compte une de 80 grains.
O8s. IT. — Pneumonie du sommet. — Agglutination MmAcTOSCOpPique. — Femme âgée, entrée à l'hôpital de la Pitié, service de M. Albert Robin, avec des signes d’hépatisation du sommet du poumon gauche.Sang prélevé dans la veine du coude,le 6 mars 1897,au 6e jour de la pneumonie. Le sérum, ensemencé avec le pneumocoque N, présente une agglutination microscopique : il demeure clair, et, au microscope, on voit de longues chaînettes formées de 20 à 40 grains, flexueuses, en U, en S, en O, quelquefois enla-
cées deux par deux; pas de capsules, rares diplocoques, culture abondante.
(1) V. Grirron, Endocardite végétante à pneumocoques greffée sur une valvulite ancienne, Bull. de la Société anat., juillet 1897, p. 622.
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O8s. IV. — Pneumonie franche. — Agglutination microscopique. — Homme de 22 ans, entré à l'hôpital Beaujon. Crachats rouillés, pneumonie de la base du poumon gauche.
Prise de sang au niveau de la veine du coude,le 12 mars 1897, au 7° jour de la maladie, la veille de la défervescence.
Le sérum, ensemencé avec le pneumocoque N, demeure clair, et l’on voit, au microscope, des chaïinettes longues, flexueuses, isolées ou enchevétrées en tête de Méduse, avec quelques rares diplocoques.
O8s. V. — Pneumonie droite ; mort par méningile. — Pneumocoques dans le sang. — Agglutination microscopique. — B... Adèle, 53 ans, entrée à l’hôpital St-Louis, service de M. Balzer, salle Lorry, lit n° 23, le 15 avril 14897. ter
Pneumonie de la base du poumon droit, pneumocoques dans les crachats et dans le sang prélevé au niveau de la veine du coude.
16 avril. — Prise de sérum. Ensemencement avec le pneumocoque N : le milieu reste clair ; le pneumocoque pousse presque exclusivement en chaînettes droites ou flexueuses, comprenant jusqu’à 20 grains. Parfois les chaïnettes se réunissent et s’enlacent comme pour former des amas.
20. — Défervescence incomplète ; le 21, apparition de phénomènes cérébraux ; mort.
- À lautopsie, hépatisation rouge du lobe inférieur et de la moitié antérieure du lobe moyen du poumon droit, avec quelques points en suppuration.
Méningite purulente de toute la surface du cerveau.
Analyse bactériologique du pus méningé et pulmonaire : pneumocoque pur.
On recueille le sang contenu dans le cœur, on le filtre pour obtenir le sérum, qu'on ensemence avec le pneumocoque N : agglutination microscopique, belles chaînettes flexueuses, isolées ou enchevétrées, séparées par des espaces vides.
Ogs. VI. — Pneumonie gauche chez un alcoolique. — Agalutinahon microscopigne. — Bar, 35 ans, soigné par le D' Thérèse à
Auteuil, pour une pneumonie intéressant les deux tiers inférieurs du GRIFFON 5
Demi LE
poumon gauche, Début le 6 décembre 1897; tentative de suicide le 12 décembre ; défervescence au T° jour, le 13 décembre.
Prise de sang dans la veine du coude, le 17 janvier ; sérum ensemencé avec le pneumocoque N: agglutination microscopique, amas de pneumocoques séparés par des espaces vides.
Os. VIL. — Pneumonie, agglutination apparaissant après la défervescence, esquissée seulement vis-à-vis du pneumocoque AN, maæxima vis-à-vis du pneumocoque du malade. — Enfant de 15 ans, entré à l’hôpital de la Pitié, service de M. Thibierge, pour une pneumonie gauche.
Prise de sang le 2 janvier 1898,le Se jour de la maladie : le sérum, ensemencé avec deux échantillons différents de pneumocoques (échantillon N et échantillon de bronchopneumonie infantile), n’agglutine pas.
Deuxième prise de sang après la défervescence, par piqûre du doigt. Le sérum, ensemencé avec le pneumocoque N, se trouble ; on y voit des chainettes longues ou courtes, isolées ou enchevêtrées ; en somme, agglutination microscopique. |
Ce même sérum, ensemencé avec le pneumocoque du malade (obtenu en cultivant simplement les crachats en sérum de lapin) fournit une agglutination macroscopique très nette (cupule).
Ogs. VIII — Pneumonie ; hémipléqie ; artérile tibio-péronière ; agglutination microscopique persistant bien après la lésion pulmonaire, puis finissant aussi par disparaître. — R... Marie, 54 ans, entrée à l'hôpital Laënnec, service de M. Merklen, salle Claude Bernard, lit n° 20, le 29 octobre 1897.
Pneumonie du sommet du poumon droit. Hémiplégie droite.
La pneumonie guérit, mais la paralysie persiste, et l’on voit survenir la gangrène du pied droit.
Le sérum, prélevé le 1°" décembre, agglutine microscopiquement le pneumocoque N.
8 décembre. — Il n'agglutine plus.
La malade meurt le 40 décembre. A l’autopsie, plus de traces de pneumonie ; thrombo-artérite du tronc tibio-péronier droit. |
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Tous les organes, ensemencés, demeurent stériles. Les coupes bistologiques de l'artère malade ne décèlent pas le pneumocoque.
En somme, l’agglutination seule témoignait, avant la mort, de la pature pneumococcique de la poussée aiguë d’artérite sur un vaisseau probablement touché par une altération chronique antérieure. Encore celte propriété agglutinative a-t-elle fini par disparaître dans les derniers jours de la vie.
… Oss. IX. — Pneumonie du sommet. — Agglutination tardive. — R... Alice, 29 ans, entrée à Laënnec, service de M. Landouzy, salle Guersant, lit n° 6, le 28 novembre 1897.
Pneumonie du sommet gauche,
Défervescence le 29 novembre (7° jour).
Crachats inoculés à une souris : mort en 25 heures.
Le sérum pris le 29 novembre n’agglutine pas.
Le sérum prélevé le 3 décembre agglutine microscopiquement Île pneumocoque de la malade, et tend à agglutiner aussi le pneumocoque N.
12 décembre. — Le sérum agglutine déjà moins le pneumocoque de la malade et n’agglutine plus le pneumocoque N.
29. — Le sérum, prélevé par piqûre du doigt, ne présente plus
aucun pouvoir agglutinatif.
O8s. X. — Pleuro-pneumonie. — Agglutinalion microscopique. — Essai de dilutions. — La propriété agglutinante pneumococcique finit par disparaître. — La malade contracte une fièvre typhoïde, et son sérum prend la propriété d'agglutiner le bacille d'Eberth. — W... Elisa, 27 ans, entrée à Laënnec, service de M. Landouzy, salle Guersant, lit n° 3, le 3 décembre 1897.
Pleuro-pneumonie de la base gauche.
Troubles mentaux (délire aigu) pendant plusieurs jours.
Le sérum, prélevé le 10 décembre, agglutine macroscopiquement le pneumocoque N (cupule en 2 fragments).
On essaye la dilution à une goutte de sérum pour 25, 50, 75 et 100 gouttes de bouillon et l’on porte à l'étuve : pas d’agglutination.
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A une goutte de sérum pour 3 de bouillon, et culture à l’étuve, esquisse d’agglutination (longues chainettes).
Le sérum agglutine microscopiquement un autre échantillon de pneumocoque (provenant de la malade de l’observation IX).
13 décembre. — Seconde prise de sérum; agglutination macroscopique. Extemporanément, un mélange de sérum et de culture de pneumocoque en sérum de lapin, à parties égales, donne des amas microscopiques au bout d’une heure de séjour entre lame et lamelle.
20. — Troisième prise de sérum. Agglutination macroscopique. Recherche de la réaction extemporanée : une goutte de sérum pour
une et même deux gouttes de culture donne des amas microscopiques
au bout d’une demi-heure. Si l’on augmente la dilution dans la proportion d’une goutte de sérum pour 3 gouttes de culture, pas d’agglutination, même au bout de trois heures. |