DES RACES
Supériorité établie de l'expression femelle. — Importance de cette constatation. — A la prospérité ou à la décadence de l'expression femelle se rattache la prospérité ou la décadence de la race. — Vérification de ce fait. — Espèces de papillons en voie de disparition. — Elles sont hyperpolyandres. — Une curieuse mutilation ethnique des Australiens. — Les rapports des sexes dans les races indigènes. — Les populations en décadence de la Russie centrale. — L'hyperpolyandrie en Roumanie. — L'hyperpolyandrie juive. — Elle est bien un signe de décadence. — Diminution de la population juive en certains pays d'Europe. — Les Archives Israélites et la décadence juive. — Cas de décadence manifeste. — Un mot du docteur Knox. — L'inexorabilité des lois naturelles.
Il est, dès maintenant, un fait manifestement établi par nous, et, à propos duquel il ne saurait plus désormais y avoir de discussion, ni subsister de doute: c'est celui de la supériorité marquée de l'expression femelle sur l'expression mâle.
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La constatation est d'une importance première, car elle nous donne la solution fatale et logique d'une question des plus grosses, celle de l'existence ou de la disparition des races.
Le rapport des sexes, dans une espèce déterminée, mesure en quelque sorte et de la manière la plus précise, et aussi la plus inexorable, le degré de sa vitalité.
Dans l'ordre des phénomènes biologiques, tout se tient, et chaque manifestation d'énergie, de quelque sens qu'elle soit, appelle sa réaction.
Ainsi, n'y en a-t-il point d'inutile en soi! Chacune, au contraire, a sa valeur, insoupçonnée souvent, mais qui cependant n'en existe pas moins. Et, c'est justement le véritable rôle de l'observateur que d'essayer à découvrir ces inconnues d'apparence indifférente et d'en indiquer la cause prochaine.
Dans le cas présent, la tâche nous est désormais facile, car elle n'est plus que de pure démonstration. Les données complètes du problème
nous sont connues, et un peu de logique dèductive suffit à sa résolution, ainsi que nous Talions voir.
Quelle est, en effet, l'idée première qui s'impose à notre esprit? C'est que, la femelle étant physiologiquement d'une essence supérieure, sa disparition plus ou moins complète correspond inévitablement à un état plus ou moins avancé de décadence de l'espèce, de même qu'an accroissesement de nombre en sa faveur dénote un état marqué de prospérité.
Nous savons déjà que chez certaines espèces animales particulièrement florissantes, — les Salmonidés, par exemple, — la proportionnalité des femelles par rapport aux mâles est fort élevée.
La réciproque a été également constatée par les naturalistes. Les entomologistes de nos pays, — les collectionneurs de papillons, entre autres, — connaissent tous Enthochariscardamines, insecte appartenant à la famille des Pyridés. Les espèces de cette famille, sous nos climats, présentent
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toutes, à l'ordinaire, plusieurs générations durant le cours de l'année. Par exception, — et ceci est un signe manifeste d'une tendance marquée à la disparition complète, — les Enthocharis cardammes se reproduisent seulement une fois par saison. Or, chez ces insectes, l'hyperpolyandrie est considérable, et il n'est pas de collectionneur ayant classé ces animaux qui n'en ait fait l'observation.
Avec Apaiura vulgo, ce si joli papillon connu sous le nom de « papillon Mars changeant », qui lui aussi tend à devenir rare dans nos campagnes, on observe encore une abondance extrême d'individus mâles.
Dans les races humaines, les phénomènes sont absolument semblables.
Tous les voyageurs qui ont parcouru attentivement les colonies australiennes et océaniennes, où la disparition progressive des races indigènes se constate de jour en jour, sont unanimes à déclarer que dans ces pays les femmes sont
relativement peu nombreuses. Et, le fait est si manifeste qu'il a amené les Australiens, chez qui alors l'hyperpolyaiiclrie est considérable, à la pratique courante sur une portion des individus mâles, d'une de ces mutilations ethniques si fréquentes chez les races non civilisées. Cette fois, par exemple, le seul but de cette mutilation spéciale est de rendre ceux qui l'ont subie impropres à la fécondalion, et par suite de les empêcher d'immobiliser à leur seul bénéfice, sans aucun profit pour la communauté, les femmes qui autrement eussent été grosses de leurs œuvres.
Cette coutume extraordinaire, qui a pour objet de limiter le nombre des sujets reproducteurs dans la population mâle, a reçu le nom de la mika opération. Elle consiste, nous dit Zaborowski, « dans l'incision de la paroi inférieure de l'urèthre, de l'orifice au scrotum, en sorte que le pénis, dépourvu de canal fermé, ne présente plus qu'une large rigole : dans l'état d'érection, la verge opérée doit être très large et plate, et dans l'éjaculation, le sperme doit s'écouler en
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dehors du vagin ^ ». Au surplus, quand l'on constate l'énorme hyperpolyandrie des Australiens chez qui, ainsi que l'a constaté M. W.-K. Brooks, professeur à l'université John Hopkins, à Baltimore, le total des femmes est à peine moitié de celui des hommes, de semblables précautions paraissent moins extraordinaires.
Les Maoris, ou indigènes de la Nouvelle-Zélande, qui, eux aussi, disparaissent rapidement devant la tache d'huile anglaise, — ils ne sont plus guère aujourd'hui que 30 ou 40,000 pour un total de près de 600,000 étrangers, —présentent pareillement une hyperpolyandrie considérable.
Les Canaques de la Nouvelle-Calédonie ont peu de femmes (116,2 hommes pour 100 femmes) ; même observation aux îles Marquises (111,7 hommes pour 100 femmes) ; à Tahiti et à Moréa (112,5 hommes pour 100 femmes); aux îles Tuamotu (118,5 hommes pour 100 femmes) ; aux îles Gambier où la proportion est plus énorme
1. Zaborow5ki,d'aprèsMicklucho-Macklay,7ïeuMe crylM^Aropologie, lôjanvier 1832, p. 181.
encore (185,8 hommes pour 100 femmes) ', etc., etc. Or, les voyageurs et les anthropologistes sont unanimes à constater la décadence constante de ces diverses populations.
En Europe, nous rencontrons encore plusieurs exemples de semblable nature. Dans la Russie centrale, principalement dans le gouvernement de Kazan, il existe, en dehors de la population russe, une importante agglomération d'individus appartenant à diverses peuplades, Tchouvaches, Tchérémisses, Mordvines, Votiakes, Tartares, Metcheriakes. Or, toutes ces races sont aujourd'hui en voie d'extinction, ainsi que le prouvent, du reste, le relevé des dénombrements.
De 1865 à 1884, en effet, d'après les statistiques officielles % les Tartares ont diminué de 0,64 p. 100, les Tchouvaches de 0,59 p. 100, les Tchérémisses de 0, 30 p. 100, les Mordvines
l.Tous ces cliiffres sont empruntés aux statistiques colonialet françaises publiées par les soins du ministère de la Marine e^ des Colonies et du ministère du Commerce, de l'Industrie et des Colonies.
2. Calendrier du gouve7'nement de Kazan^ 1885, chez Klutchnikoff à Kazan, in 8", p. 50.
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de 0,24 p. 100, tandis que, durant le même laps de temps, la population totale s'augmentait dans l'énorme proportion de 30,8 p. 100. Ici encore, les femmes sont relativement peu abondantes, et, cela est si vrai que chez les Tartares, dont les mœurs admettent la polygamie et aussi l'existence de nombreuses concubines en dehors des épouses légitimes, la monogamie est devenue, aujourd'hui, la règle générale. Même dans la classe riche, où le mari n'a point à arguer, pour n'avoir qu'une seule femme, des difficultés de l'existence, l'observance est la même. La coutume consacrée par un ancien usage a dû céder devant l'exigence des faits.
Les Roumains nous fournissent encore un exemple européen de la décadence d'une race. Chez eux, pareillement, l'hyperpolyandrie est forte. En Valachie, où beaucoup de districts ont un chiffre insignifiant de juifs, la différence entre le nombre des naissances masculines et celui des naissances féminines est très grande (1.144 pour 1.000), soit 114, 4 pour 100.
Du reste, en Valacbie ainsi qu'en Moldavie, la prédominance masculine sur le sexe féminin est constante, aussi bien dans la population générale de ces pays qui est Roumaine que dans la population juive.
Chez les Juifs, où l'hyperpolyandrie exagérée est relevée régulièrement par tous les démographes, il est logique d'admettre qu'elle traduit une même situation que dans les autres races, c'està-dire qu'elle indique un état de décadence.
C'est justement ce que nous démontre, d'une manière irréfutable, l'examen attentif des statistiques.
En France, de 1861 à 1866, l'accroissement annuel de la population juive, accroissement très notablement supérieur à celui du reste de la population, a été de 2,27 p. 100 par an.
Dans la période suivante, de 1866 à 1872, nous voyons ce total s'abaisser à une moyenne de 1,89 p. 100 par an, c'est-à-dire subir cet affaissement considérable de 0,38 p. 100 et par an.
Et, ce n'est pas en France seulement que l'on
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peut, en Europe, constater des chiffres aussi significatifs.
En Hollande, de 1849 à 1859, les juifs ont présenté une diminution constante de 0,03 p. 100 et par an, tandis que le reste de la population composée de protestants et de catholiques, augmentait en moyenne chaque année de 0,14 p. 100.
Dans le duché de Saxe-Weimar, durant les années 1843 à 1864, les Israélites ont diminué par an de 0, 72 p. 100, tandis que le reste de- la population accusait un accroissement moj-en de 0,355 p. 100 par année.
Dans le duché de Wurtemberg, de 1846 à 1864, les juifs ont perdu chaque année 0,34 p. 100, tandis que les catholiques, durant le même temps, s'accroissaient de 0,02 p. 100.
Ces chiffres, pour significatifs qu'ils soient, ne constituent point les seuls documents que nous possédions sur l'accélération plus grande de la décadence juive en certains pays.
Dans la collection des Archives Israélites, qui forment en somme comme le Moniteur officiel
du monde juif en France, nous pouvons noter encore de nombreuses indications intéressantes.
Ainsi, dans un numéro daté de 1866 de ce journal, nous trouvons, rapporté d'après le North China Herald du 7 avril de la même année, des renseignements sur une colonie juive en pleine décadence et située à Honan, à 470 milles de Caïfong-Fou, renseignements recueillis par le docteur Martin au cours d'un voyage de Pékin à Shangaï.
La connaissance de la langue hébraïque est perdue. La synagogue a été démolie, et, dit l'auteur, « dans l'espace d'une génération, ils auront probablement cessé d'exister comme société distincte ».
Il y avait de trois cents à quatre cents juifs au total.
Le rabbin est mort depuis cinquante ou soixante ans et depuis on ne circoncit plus.
Tous ces gens sont très pauvres et sont sur le point d'être absorbés par les musulmans qui les entourent. Du reste, leur nombre diminue de jour en jour.
On imaginerait difficilement un tableau plus
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lamentable que celui qui est ainsi tracé par le journal Israélite.
Mais, au surplus, sans remonter à une époque aussi éloignée, pouvons-nous rencontrer, toujours dans la même feuille, de nouvelles preuves de la décadence juive.
Rien qu'en ces derniers temps, les Archives en enregistrent plusieurs cas manifestes. En voici un premier relatif à une communauté judaïque installée au nord de la Palestine, à Nabloux (l'ancienne Sichen), communauté en voie de disparition complète, et qui appartient à la secte des Samaritains.
Un pasteur protestant, le docteur Hurst, écrit le rédacteur des Archives, a visité récemment les derniers représentants de cette secte. Ils sont encore cent cinquante ; mais comme ils ne se marient qu'entre eux, on peut prévoir dans combien de temps les Samaritains ne seront plus qu'un nom -.
Et cet autre, à propos de la mort du rabbin de
1. Archives Israélites. — Une secte qui finit, n» du 7 novembre 1889, t. L de la collection, p. 362.
Blotzheim (Haute-Alsace) : « Cette communauté — celle de Blotzheim — étant en décroissance, et ne comptant plus que quatorze familles, il n'est pas probable qu'un successeur sera donné au défunt pasteur '. »
Ainsi, en Alsace, c'est-à-dire en somme en l'une des provinces européennes où les colonies juives ont vécu en une manifeste prospérité depuis nombre d'années, il arrive à certaines communautés Israélites d'être si épuisées qu'elles succombent et disparaissent simplement.
Mais, ce n'est pas tout, et les Archives nous signalent encore un fait plus significatif et d'une constatation également récente.
A Varsovie même, en pleine Pologae, où les juifs sont établis depuis si longtemps et où ils occupent une situation particulièrement importante, la dépopulation juive s'accentue pareillement de jour en jour, et suivant des proportions considérables.
1. Archives Israélites. — n° 23 du 5 juin 1890, p. 183, col. 2.
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« Une statistique, — écrit à la date du 23 octobre 1890 le rédacteur des Archives Israélites, — a fait connaître que le chiffre de la population israélite de Varsovie, qui était en 1882 de 150.000, est descendu à 99.711, soit une diminution de 50.000 âmes, dans l'espace de huit ans \ »
Les faits, on le voit, sont nombreux et probants, et, avec une rigueur impitoyable, ils démontrent la réalité de la décadence progressive de la race juive, marquant en traits ineffaçables la fatalité inéluctable de leur disparition dans un temps donné, et justifiant enfin cette phrase que, vers 1847, le docteur anglais Knox imprimait dans un de ses ouvrages : « Les juifs sont de la race inférieure des Coptes et leur race entière est appelée à disparaître. »
Les lois naturelles, nous en avons dès à présent la preuve, suffiront seules à accomplir la besogne.
1. Archives Israélites. — Affaires russes, n" 43 du 23 octobre 1890, p. 339.