‹ L'agonie d'IsraëlChapitre 21 sur 50 · Sayce. — Babyl. relig., p · texte numérisé non relu

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la femme est tel que le fait de mettre au monde une fille est pour la mère comme une sorte d'opprobe dont elle doit se laver.

Après la naissance d'un fiis, en effet, suivant la loi juive, la mère est exclue du temple durant une période de quarante jours; si sa progéniture est une fille, son impureté se trouve accentuée, et, elle doit laisser passer une période double de temps avant de pénétrer dans la synagogue qu'elle souillerait autrement.

Au surplus, les obligations blessantes pour la femme se rencontrent à chaque instant dans les prescriptions religieuses. Ainsi, elle n'est point jugée digne d'assister à la cérémonie de la circoncision, ni même d'entrer alors dans le temple.

Chez les juifs, le père est obligé par la loi de faire circoncire son fils au huitième jour, à moins de maladie de l'enfant. La nuit qui précède la circoncision se nomme veille, parce que toute la famille doit garder l'enfant. Le parrain tient le nouveau-né pen-

dant l'opération, et la marraine doit le porter jusqu'à la synagogue, mais ne doit pas y entrer \

Mais, c'est surtout dans les cérémonies courantes du culte que l'abjection où se débat la femme juive est profondément marquée.

Un ancien rabbin converti au catholicisme, P. L.-B. Drach, nous a laissé à ce propos des renseignements bien curieux :

C'est une chose remarquable, dit-il, quel'anathème particulier que faisait peser sur la femme la loi mosaïque, c'est-à-dire, le régime qui était en vigueur avant la réparation du péché introduit dans le monde d'abord par la femme.

Nous recommandons aux dames de ne pas lire l'Ecclésiastique, car elles y rencontreraient ce vers peu galant : « La teigne s'engendre dans les vêtements, et l'iniquité de l'homme provient de la femme : »om, comme porte Vorigmal ^rec; Et l'iniquité de la femme provient d'elle-même ».

Les rabbins, qui dans leur aveuglement ne reconnaissent pas la rédemption du genre humain,

1 . D' Corre. "La mèr e et V enfant dans les races humaines. Revue internationale des sciences biologiques, t. IX, 1882, p. 170.

continuent à suivre le même système à l'égard du sexe.

Exclue de toutes les cérémonies du culte, au point que la prière n'est pas obligatoire pour elle aussi strictement que pour l'homme, la femme juive ne peut pas, sans péché, prendre connaissance des principes de sa religion. « Celui qui enseigne c\ sa fille la loi sainte, dit le Talmud, est aussi coupable que s'il lui apprenait des obscénités ».

Elle est exempte de la plupart des commandements affirniatifs; comme, par exemple, ceux qui dépendent de certains temps. Il lui est même interdit de porter les phylactères, en hébreu thephillin S et les houppes que les pharisiens du temps de Notre-Seigneur se montraient si jalouxd'étaler aux yeux du peuple, et que ceux de nos jours continuent à regarder comme les insignes

1- Les Phylactères ou Thepldllin sont des sortes de reliquaires; ils renferment, nous apprend le Catéchisme àV usage de la jeunesse Israélite du grand rabbin Ulmann, quatre chapitres du Pentateuque (les passages contenus dans les Thepiiillin sont: Ex. 13, 1 à 16, et les deux premiers chapitres du Schéma), et doivent être portés, pendant la prière du matin, au bras gauche et sur le front.

On est obligé de mettre les thephillin à partir de l'âge de treize ans,

Cette pratique, ainsi que celle des Tsitsith, sorte de franges que la loi de Dieu proscrit aux Israélites de porter A leurs vêtements, n'est pas obligatoire pour les femmes.

Les thephillin ne se portent pas les jours de sabbat et de grandes fêtes.

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de leur dignité de Juifs, et comme le signe de l'alliance de Dieu avec son peuple d'Israël.

Dans le temple de Jérusalem les femmes étaient traitées comme des profanes : elles ne pouvaient pénétrer dans l'intérieur du parvis où les hommes seuls étaient admis. Elles devaient s'arrêter dans un grand vestibule qui a été nommé pour cette raison : vestibule des femmes, atrium mulierium. De nos jours encore, les juifs scrupuleux leur défendent d'entrer dans la partie de la synagogue où sont les hommes: Elles se doivent tenir ou dans une pièce séparée, ou dans des galeries supérieures fermées avec des grillages et des rideaux '.

Il est connu que les femmes n'héritaient pas des

1. Ces assertions de Drach ont du reste été relevées par bien des auteurs, et, il n'y a pas encore longtemps, un écrivain judéophile, M. Michel Delines, dans un roman intitulé La Chasse aux Juifs (Paris, in-18, chez A. Dupret, 1887, p. 101), faisait dans les termes suivants le tableau d'un service religieux dans une synagogue d'une petite ville russe : « Les femmes n'assistaient pas à ce service. Du reste, tout le bas de la synagogue est toujours réservé aux hommes; dans celle de Zlatov, la congrégation féminine était reléguée dans des sortes de loges sulfocantes, éclairées par des lucarnes pratiquées dans la paroi et drapées de rideaux verts. Il était bien rare qu'une juive fût assez ellrontée pour passer la tête sous le rideau, et la présence du beau sexe dans la synagogue ne se trahissait que par des cris et des sanglots, chaque fois qui le chantre élevait la voix.

biens de leurs parents, tant qu'il existait des héritiers mâles.

Voici une autre disposition de la loi de rigueur, disposition d'autant plus digne d'attention qu'elle a un rapport plus direct avec les suites du péché originel. Lorsqu'une femme mettait au monde un enfant mâle, elle était impure pendant sept jours après lesquels elle devait compter irente-trois jours de purification. Mais devenait-elle mère d'une fille, son impureté durait deux semaines, et son temps de purification était de soixante-six jours \

Kt il ne faudrait pas croire que ce soit seulement jadis, ou encore dans des contrées où les juifs sont demeurés dans un état de civilisation tout à fait radimentaire, que de telles opinions se trouvent professées vis-à-vis des femmes. En France même, à l'occasion, on sait fort bien leur rappeler qu'elles sont d'un ordre très inférieur.

Le fait divers suivant, que nous empruntons au Petit Marseillais du 17 juin 1890 est, dans le cas

1. p. L. B. Drach. — De V harmonie entre VEgliseet la synagogue, 2 vol. in-8. Paris.

qui nous occupe ici, particulièrement instructif: « Nous avons reçu hier, dans nos bureaux, la visite d'une jeune dame Israélite qui, s'étant présentée dans l'après-midi, accompagnée de sa bonne, à la synagogue de la rue Breteuil, où se préparait une cérémonie nuptiale, a été priée de sortir. Cette injonction a paru d'autant plus arbitraire à la jeune femme que rien dans sa mise ni dans son maintien ne la justifiait. S'il est une maison, cependant, dont les battants doivent être largement ouverts, dans toutes les religions, aux fidèles, habitués ou non, c'est, il nous semble, celle qui porte le titre de maison de Dieu. Nous estimons que, dans le cas, on a enfreint et les lois de la courtoisie et celles de la justice »... Mais, reprenons le livre de Drach I

Le Talmud, dit-il, assimile en toute chose la femme à l'esclave. Ce code abominable va plus loin : il déclare que le mari est tellement maître de sa femme qu'il peut en user, bon gré mal gré, comme de la viande qu'on achète à la boucherie, et que l'on accommode selon son goût et son caprice.

Les rabbins admettent aussi commeiine conséquence de ce qui précède, que le mari peut faire sentir son mécontentement aux épaules de sa moitié. Ils allèguent ce droit de l'autorité maritale comme motif de ce que la loi mosaïque défend à la tante d'épouser le neveu, tandis que l'oncle peut épouser la nièce. « Parce que disent-ils, dans ce dernier cas il n'y a nul inconvénient que l'oncle administre la correction maritale à sa nièce toutes les fois qu'il le juge à propos. Mais dans le premier cas le neveu se trouverait dans la nécessité de corriger sa tante, ce qui est un péché ».

Les prières publiques de la synagogue, et généralement toute cérémonie du culte ne se peuvent faire que dans une assistance de dix personnes (1). Ce nombre selon les rabbins, y attire la présence du Seigneur,

1. Dans le catéchisme ou éléments d'instruction religieuse à l'usage delà jeunesse israélite.de Ulmann, grand rabbin, revu par le grand rabbin AVogue, et qui est publié à Paris chez Blum, librairie du culte Israélite, 11, rue des Rosiers, on lit à la page 55 :

D. De combien de personnes doit se composer une réunion pour que la prière ait le caractère d'un office public ?

R. De dix personnes mâles, au moins, ayant accompli leur treizième année.

Semblablement, après le repas, lorsqu'il s'agit de rendre les grâces, le rituel, sans s'occuper jamais des femmes, prévoit simplement le cas où il y a à table plus de dix hommes ou moins de trois. « S'il y a à table trois hommes, ou au-dessus jusqu'à neufinclusivement. l'un d'entre euxprononce la bénédiction à haute voix, tandis que les autres la répètent tout

conformément à ces paroles du psalmiste: « Le Seigneur assiste dans l'assemblée de Dieu. > Or, le Talmud prouve avec sa logique ordinaire, c'est-à-dire illogique, qu'une assemblée n'est pas moins de dix personnes. Si donc il y avait neuf hommes et un million de femmes, il n'y aurait pas assemblée ; par la raison que les femmes ne sont rien. Mais qu'il arrive seulement un petit garçon de treize ans et un jour, aussitôt il y a assemblée sainte ; et de la part de nos docteurs, permis à Dieu de s'y rendre.

Enfin, et pour achever de donner une idée de l'état d'abjection de l'autre sexe dans la synagogue, il suffit de faire connaître que dans leur prière journalière les juifs disent tous les matins : « Soyez béni, ô Seigneur notre Dieu, roi de l'univers, de ne m'avoir pas fait naître femme ^ »

bas, » est-il écrit dans la traduction faite par Diacli, du temps où il était encore rabbin, des Prières journalières à l'usage des Israélites fraiiçais du rite allemand,

1. Voici, du reste, à titre de curieux document justificatif, le texte authentique de cette prière à laquelle il est ici fait allusion, tel qu'il se trouve transcrit dans les Prières journalières à Vusage des Israélites français du rite allemand. traduites par D. Drach, rabbin, docteur de la loi, in-12, Paris. 1819, p. 5:

« Sois béni, Seigneur notre Dieu, Roi de l'univers, qui donne au coq de l'intelligence pour distinguer le jour d'avec la nuit.

< Sois béni, Seigneur notre Dieu, Roi de l'univers, de ne m'avoir pas fait naître gentil.

Tel était l'état de la femme dans la synagogue ; tel il est encore chez les juifs et chez tous les peuples idolâtres ou infidèles ^

Tous les auteurs, même les plus dévoués à la cause israélite, sont unanimes à noter cet état d'infériorité et d'abaissement qui de tous temps a été le seul réservé à la femme juive.

Non, — écrit Gerson-Levy au cours d'une étude publiée dans les Archives Israélites, — il n'y a pas à se faire d'idée de l'état d'abrutissement dans lequel a été élevée la femme juive des derniers siècles, de la condition abjecte à laquelle elle a été réduite dès l'enfance. Toute son instruction religieuse consistait dans la lecture corrompue des prières hébraïques dont elle ne comprenait pas un mot : autant dire qu'elle n'a jamais prié. La fréquentation de la synagogue, tant recommandée aux hommes, était absolument facul-

« Sois béni, Soigneur notre Dieu, Roi de l'univers, de ne m'avoir pas fait naître esclave.

« Sois béni, Seigneurnotre Dieu, Roi deVuniver$ydene m\ivoir pas fait naître femme.

Les femmes disent: « Sois béni, Seigneur notre Dieu, Roi de l'univers, qui m'a faite selon ta volonté.

« Sois béni, Seigneur notre Dieu, etc., etc.

1. P.-L.-B. Drach. — De l'harmonie entre VEglise et la synagogue, t. II, p. 332.

tative pour elle. Une enceinte particulière, munie de fenêtres garnies d'un grillage très serré, était destinée aux femmes, de manière à leur faire plonger la vue sur les hommes sans pouvoir en être vues. Souvent, en écoutant sans entendre des controverses rabbiniques (car de prédications il n'y en avait jamais pour elles), elles s'écriaient pieusement au milieu de l'acharnement des controversistes : « Ce que c'est pourtant que notre sainte religion ! » Il est vrai que quelquefois, pour faire diversion, le prédicateur, qu'on appelait maître moraliste, avait recours à des fables qui interprétaient le sens des Ecritures d'une manière bouffonne, faisant étudier le Talmud à Aman et à Assuérus, partager à Job l'opinion du rabbin, qui prétendit que Job n'a jamaisexisté. Ces plaisanteries de bascomique étaient une compensation pour les badauds de l'auditoire qu'elles excitaientau moins au rire. Les personnes non mariées du sexe ne s'y présentaient jamais ^

Comment du reste s'étonner qu'il en soit ainsi quand l'on voit les livres sacrés eux-mêmes proclamer son indignité et la présenter comme un

1. Gerson-Lévy. — De la condition et de Véducation religieuse de la ptmme hébretie dans les temps anciens et modernes. Archives israélites, t. XIII, année 1852, p. 608.

être sans conséquence que l'homme peut prendre et rejeter à sa guise, au gré de son caprice ?

Le divorce, moralement désapprouvé parles paroles de la Genèse (ii, 24), est cependant permis sous le point de vue du droit, lorsque le mari ne se plaît plus avec sa femme, aj-ant trouvé en elle quelque chose de honteux (Deutér., xxiv, 1). Il résulte clairement des paroles du texte que le mari était seul juge des défauts qu'il pouvait avoir découverts dans sa femme, et qu'il lui était loisible de la répudier, sans avoir besoin pour cela d'une décision juridique '.

Mais, bien mieux encore, les juifs ont été jusqu'à édicter des règlements et des pénalités destinés à sanctionner la supériorité de l'homme, rétablissant en quelque sorte au profit du mâle cette curieuse loi du tabou des indigènes océaniens, loi qui défend sous les peines les plus sévères jusqu'au simple contact de certains objets déclarés sacrés.

C'est ainsi que le règlement, publié en 1779

1. s. Munk. — De la position de la femme chez les Hébreux. Archives israélites,t. VI, année 1845, p. 44.

par les députés ou syndics Israélites de la communauté d'Avignon, prononçait une amende contre la femme coupable d'avoir abordé un homme à la porte de Vècole * pendant le temps de la prière et de ne s'être pas retirée immédiatement sur l'injonction du baylon-.

Les superstitions, au surplus, — et Dieu sait si elles sont nombreuses et encore puissantes dans les populations juives, — entretiennent "ces croyances à l'impureté de la femme et à son infériorité. Que si, alors, la passion religieuse s'en mêle, la foule des ^Israélites ne connaît plus d'autre loi qu'un fanatisme imbécile. Les tristes incidents qui se passèrent à Yassy, — petite ville de R.oumanie, — le 11 mai 1879, à l'occasion de l'enterrement du rabbin Sor, nous en sont une preuve lamentable.

Le rabbin Sor venait de mourir. Plus de dix mille Israélites s'étaient réunis des divers quartiers de la

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