Rehhe, nom donné au Ihaumaturge
Elle est revenue enchantée du conseil, qu'elle avait payé de tout ce qu'elle avait fait d'économies pendant l'année.
Une autre avait un enfant délicat. Le rebbe lui ordonna, pour le fortifier, de lui raser la tête et de ne laisser pousser qu'un cheveu au milieu : « Ce sera, dit-il, le cheveu de Samson. »
Maintenant cet enfant est devenu un vigoureux gaillard, et sa mère lui répète tous les jours qu'il doit sa santé à la science de Guercham.
La femme d'un de mes amis eut des couches très pénibles ; son mari courut chez l'oracle.
— r^Iettez-lui sur le notiibril une pièce d'or, lui ditil, l'éclat du mêlai attirera votre rejeton et lui fera quitter les ténèbres pour trouver la lumière.
Eh bien ! c'est par de semblables inepties que (iuercham est devenu célèbre, au point qu'on a offert à son fils 10,000 roubles pour le vieux bonnet de son père, sanctiliô par une couche do crasse d'un pouce d'épaisseur ' .
Et, comme nous le disions tout à l'heure, c'est bien l'ensemble de la race qui possède ces
1. Michel Deline-s. — La Chasse aux juifs, un vol. in-18. Paris, 1387, p. 54 et suivantes.
croyances et ces superstitions, et, il ne faut même pas en excepter ceux qui occupent le premier rang, sous le rapport intellectuel au moins, et qui se sont donné la mission de diriger leurs coreligionnaires.
On en jugera sainement en vo^'^ant quelles sont les histoires qu'imprime gravement, à l'occasion, le plus autorisé des journaux juifs, les Archives Israélites.
Que dire, en effet, de ce récit emprunté par elles au journal hongrois VEgyetertès ?
« A trois quarts d'heure d'ici, dans la petite ville reculée du nom de Diosgj'or, un jeune homme, Louis Arnstein, avait, il y a trois semaines, perdu au jeu de cartes 20 kreutzers avec un de ses voisins, et était resté son débiteur. Le créancier demandant un jour à encaisser son bénéfice, Arnstein l'engage en plaisantant à ajouter au contraire 20 autres kreutzers, et alors lui, Arnstein, s'eng igeait par écrit à se désister^ en faveur de son créancier, de sa part du salut éternel {cheleli leslam hàbo). Le voisin accepte, fait son versement et reçoit en échange le susdit engagement libellé en due forme.
« Deux jours après, Arnstein meurt subitement, laissant en gage sur la terre sa « part de salut éternel ». La nuit qui suivit ses obsèques, le créancier affolé réveille par sescris tout le voisinage, déclarant que l'âme d'Arnstein lui est apparue, réclamant avec instance la restitution de sa portion de « salut éternel ». Ce phénomène se reproduisit trois nuits de suite .
« Pour mettre un terme à ces obsessions, l'intéressé s'adressa au rabbin, qui se déclara incompétent dans l'espèce. Hier enfin, on a réuni à Szektzo un conseil de six rabbins qui ont décidé que le tombeau du défunt devait être ouvert, et que l'on devait replacer dans le linceul l'engagement écrit par lequel le pauvre trépassé s'était fermé la porte du ciel ^ »
Gomme l'on voit, c'est bien le plus sérieusement du monde que, dans leur journal le plus savant, en France même où le niveau de leur éducation est certainement de beaucoup le plus élevé, les juifs relatent de ces contes bons au plus à faire frissonner les enfants aux bras de leurs nourrices !
1. Archives israélites, n» du 10 juillet 1879, t. XL de la collection, p. 230.
Les pratiques superstitieuses, au surplus, s'allient volontiers avec leurs mœurs religieuses.
En Israël, ou le monothéisme est en quelque sorte comme la caractéristique de la race, — mais non pas, par exemple, une caractéristique de supériorité morale, comme d'aucuns seraient tentés de le croire S — le culte fit toujours excel-