‹ L'agonie d'IsraëlChapitre 40 sur 50 · D'' Gustave Lagneau. — Loc. cit., p · texte numérisé non relu

D'' Gustave Lagneau. — Loc. cit., p

Ce dernier fait est particulièrement exact. Chez les juifs, la morti-natalité et la mortalité infantile sont moindres que chez les chrétiens. Boudin, Neumann, et divers autres statisticiens, croient pouvoir l'attribuer à ce que les femmes juives travaillent rarement dans les manufactures. C^tte opinion semble du reste justifiée par cette observation de M. le professeur Brouardei, observation communiquée à la Société de médecine publique, que chez les ouvrières des fabriques les avortements se présentaient fréquemment K

Au surplus, il était facile, à priori, de présumer qu'il en devait être ainsi. Ne se livrant à aucun travail manuel fatigant, la juive ne court guère de risques au cours de sa grossesse, et, sa délivrance achevée, elle peut bien plus que les autres femmes donner son temps et ses soins à ses jeunes enfants.

Mais, en dépit de ces conditions particuhèrement favorables, la natalité juive ne va pas s'ac-

i. Dr Brouardei. Société de médecine publique, séance du 24 décembre 1879, dans [& Revue d'hyrjiéne, année 1880, p. 37.

croissant : ou elle demeure stationnaire, ou elle diminue.

Ainsi, en Russie, durant la période qui s'étend de 1852 à 1859 ', la natalité des Israélites était de 4,38 p. 100, en moyenne ; quelques années plus tard, en 1867, elle était tombée à 3,40 p. 100.

En Prusse, de 1831 à 1849, leur natalité est de 3,55 p. 100, et, de 1849 à 1855, elle n'est plus que de 3,46 p. 100. Or, il convient de remarf|uer que durant les périodes correspondantes, chez le reste de la population, chrétien s et protestants, la natalité va au contraire en croissant et est respectivement de 3,985 et 4,005 p. 100.

L'équilibre tend donc à se faire, et des deux côtés à la fois. Autrement dit, l'on peut dès à présent indiquer le jour où, en raison des progrès de l'hygiène et de l'amèhoration constante apportée aux difficultés matérielles de la vie, la

1. Tous ces chiffres sont empruntés à une communication (lu docteur Israélite, M. Legoyt, au Journal de la Société de statistique, année 1869.

durée moyenne de l'existence des chrétiens et des protestants atteindra la même valeur que chez les juifs, de même que l'on peut prévoir le temps où la natalité juive sera réduite à sa plus simple expression.

Or, comme les deux causes agissent simultanément, leurs effets s'ajoutent et précipitent le dénouement.

Au surplus, rien ne prouve mieux la réalité de ces faits que les constatations faites en France, en Hollande, dans le duché de Saxe-Weimar, dans le duché de Wurtemberg, etc. En France, de 1861 à 1866, l'accroissement de la population juive a été de 2,27 p. 100 par année ; de 1866 à 1872, il n'est plus que de 1,89 p. 100 par an.

En Hollande, de 1849 à 1859, les juifs ont diminué chaque année de 0,03 p. 100, tandis que le reste de la population composée de catholiques et de protestants augmentait en moyenne de 0,14 p. 100 par an.

Même observation dans le duché de Saxe-Weimar où, de 1843 à 1864, les Israélites diminuent

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chaque année de 0,72 p. 100, tandis que le reste de la population s'accroît de 0,355 p. 100.

Dans le duché de Wurtemberg, les statistiques montrent que de 1846 à 1864, les juifs ont diminué de 0,34 p. 100, tandis que les catholiques gagnaient, 0,02 p. 100.

De tels chiffres sont singulièrement concluants et, c'est vraiment de la façon la plus claire et la plus complète qu'ils démontrent combien est factice cette apparente faculté multiplicative de la race juive.

Que cette faculté, du reste, ait existé, c'est un fait certain; mais, aujourd'hui, combien elle a disparu! L'examen sévère des faits le prouve fort amplement.

Cependant, objecte-t-on, il est des pays où l'accroissement de la population juive est particulièrement rapide, si rapide même que, bien loin de trahir un état de souffrance de la race, il semble tout au contraire être une manifestation concluante de sa prospérité.

L'observation pourrait être juste, mais, à une

condition, c'est que les juifs ne fussent point des migrateurs. Or, nous le savons, en aucun pays ils n'appartiennent à la population stable, autochtone. En tous lieux, en quelque sorte, ils vivent à l'état de campement, toujours prêts la veille à partir le lendemain pour une contrée plus clémente et d'une exploitation plus facile.

Dans la région danubienne, en Roumanie, principalement en Moldavie, d'après MM. Leroy- Beaulieu et VogelS d'après M. Crezzulesco', et d'après M. le docteur Obédénare', l'accroissement de la population israélite tiendrait en grande partie à l'immigration de très nombreux juifs venus des provinces sud-ouest de la Russie, particulièrement de la Podolie et de la Bessarabie.

D'après ces deux derniers auteurs, entre au

1. Société d'économie politique, 5 mai ISSO ; L'Economiste français, 8» année, 1. 1«% p. 599. 1880.

2. Emm. Crezzulesco. — Les Israélites en Roumanie, p. 34 Paris 1879.

3. Obédénare. — Danubienne (région). Dictionnaire enc>fclopédique des sciences médicales, p. 56ô, 1880.

très, depuis moins d'un demi-siècle, le nombre des juifs venus de la Russie dans les provinces danubiennes dépasserait 400.000.

« Pour tout homme impartial qui lira cette brochure, — écrivait, il n'y pas encore bien longtemps, un journal à propos d'une brochure de M. Ernest Desjardins S — il sera prouvé qu'en Roumanie les juifs sontplus de quatre cent mille; qu'ils n'y sont établis que depuis un certain nombre d'années seulement ; qu'ils sont pour la plupart étrangers au pays de naissance, comme de volonté, de mœurs, d'esprit de langue, et qu'ils s'obstinent à demeurer tels ; qu'ils exploitent furieusement, et par tous les moyens, le pays qui leur donne l'hospitalité ; qu'ils s'efforcent d'éluder toutes les lois qui les régissent et de se soustraire à toutes les obligations qu'elles imposent aux citoyens ; qu'ils sont ignorants, superstitieux avares, menteurs, usuriers, fourbes et hideusement sales ; d'où les craintes pour la santé pu-

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