‹ L'agonie d'IsraëlChapitre 41 sur 50 · Ernest Desjardins. — Les Israélites en Moldavie · texte numérisé non relu

Ernest Desjardins. — Les Israélites en Moldavie

blique dans les lieux où ils pullulent ; enfin que le motif religieux n'a aucune part dans les mesures prises par le gouvernement, ni dans l'hostilité que la population leur témoigne. »

Voilà, n'est-il pas vrai, qui établit très nettement ce qu'il convient de croire relativement à la nature de l'accroissement véritablement considérable des juifs en certaines contrées.

Mais, à ce propos, il est bon de noter certaine observation.

Il est un fait d'expérience constante, c'est que, chez les émigrants, le nombre des hommes est à l'ordinaire plus grand que celui des femmes.

S'appuyant sur cette donnée, certains ne manqueront pas de donner en explication de l'hyperpolyandrie considérable des Juifs, leurs habitudes migratrices.

Point n'est besoin de beaucoup insister pour montrer le point faible de cette argumentation. Les Juifs, en effet, ne sont point des émigrants à la manière ordinaire ; ils sont des nomades, voyageant toujours avec leur smala complète,

et non pas des hommes s'expatriant pour un temps dans le but d'aller conquérir certain bienêtre dont ils reviendront jouir plus tard dans leur pays d'origine.

Du reste, la meilleure preuve de la réalité de ce fait, c'est que, en nul endroit, le rapport des sexes chez les juifs ne se trouve relevé en faveur des individus du sexe féminin; et, même, c'est justement dans les pays qui fournissent le plus à leurs migrations, comme la Russie, que les hommes juifs sont proportionnellement les plus nombreux, alors que logiquement ils devraient être en plus petit nombre, si l'objection était fondée.

La constatation, ici, est concluante.

La race juive est bien une race condamnée et c'est en vain que ses défenseurs s'efforcent de nier sa décadence.

Aussi bien, du reste, voyons-nous les écrivains les plus bienveillants pour Israël, constater chaque jour la fatalité qui s'appesantit sur lui.

« Il me semble que la race — je ne parle que

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des juifs français, les seules que je connaisse — est arrivée à l'apogée de son développement, au maximum de sa vitalité rayonnante. A des symptômes nombreux, on peut s'apercevoir qu'elle est déjà sur la pente descendante, et qu'elle ne peut échapper à la loi fatale de la décadence qu'en s'infusant un sang nouveau, qu'en s'absorbant peu à peu, physiquement et moralement, dans la société française. C'est là qu'est la solution de la question juive, » disait naguère M. Ranc dans un article du Matin intitulé « Juifs et Maçons ». Et, pareillement, M. Bigot écrivai' dans le Siècle, au grand scandale des Archwc< Israélites': « Au lieu d'attaquer les juifs, ce qui donne un regain de vie au judaïsme, attendez trois ou quatre cents ans, et vous verrez ce [ui restera du judaïsme... »

Un tel langage tenu par de tels hommes comporte un enseignement qu'il serait puéril de ne

1. Archives Israélites. Isidore Cahen. Les défenseurs des juifs, année 1890, n<" 20 et21, du 15 et du 22 mai, p. 154 et 162.

pas reconnaître, et les juifs le savent parfaitement.

Chaque jour, en effet, ils constatent, comme le peut au reste faire tout observateur attentif, les progrès réels de leur décadence, progrès très lents encore, mais qui bientôt, et ils n'en ignorent point, iront se précipitant avec une intensité singulière.

Les juifs, dans cette lutte contre une inexorable fatalité, se trouvent placés dans des conditions particulièrement défavorables; n'étant point nombreux, ils ne peuvent résister longtemps, et les moindres pertes leur sont sensibles.

Ils n'ont point cette force d'inertie du nombre que possèdent les races aryennes, et qui sera un jour le salut de notre société française.

Depuis déjà longtemps, en effet, les démographes ont jeté ce cri d'alarme : la France se dépeuple, ou, plus exactement, l'accroissement de la population de la France n'est pas en rapport avec le total de ses habitants.

Le fait est matériellement vrai ; mais il n'est

dû qu'à des causes extérieures entièrement accidentelles, et non point, comme il arrive chez les juifs, à l'épuisement de la race.

La preuve en est qu'au Canada, la population française, de pur sang français même, est exceptionnellement vivace et féconde.

Or, il en est de même des Français de la mère patrie, à qui nous reverrons prendre un beau jour une vigueur et une fécondité nouvelles, en partie arrêtées actuellement par des circonstances économiques et sociales d'un ordre tout transitoire.

En dépit des désirs de l'orgueil juif, ce ne sont point les fils de Judas qui mangeront les peuples, mais bien eux-mêmes qui seront les dévorés. Et leurs mœurs et leurs préjugés ne feront qu'accélérer la chute. C'est ainsi, par exemple, que le mépris dont les Israélites entourent la femme, et l'abjection dans laquelle ils la tiennent, sont aujourd'hui devenus des éléments dissolvants au premier chef de la société juive.

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La femme juive, en effet, souffre cruellement de cet état d'infériorité où elle est maintenue par les hommes de sa religion, et elle s'en plaint.

La lettre suivante adressée à M. Gahen, directeur des Archives Israélites, est à cet égard singulièrement intéressante :

« Monsieur le rédacteur,

« Le motif qui les a dictées me fera pardonner, Je l'espère, ces rétlexions que j'ose vous soumettre, et qui peut-être, letrouvera-t-on,s )nt d'une portée trop haute pour une personne de mon âge et de mon sexe K

« J'ai dit de mon sexe: j'ai eu tort sans doute ; car» qui se plaindra du peu d'instruction et d'importance religieuse que nos usages ont accordé aux femmes, si ce n'est une femme ?

« Oui, monsieur, c'est de cela que je veux vous entretenir ; c'est de cette nullité dont on nous a frappées. Souvent ma voix s'est élevée contre elle sans espoir d'être entendue. Aujourd'hui, plus hardie, je l'assure, j'ai foi dans votre bienveillance et dans !a grandeur de vos vues, qui vous font accueillir, je le

1. Le sentiment d'humilité véritablement atavique se manifeste encore, malgré la révolte de la femme, devant l'injustice dont elle est victime.

sais, une parole, quelque faible qu'elle soit, lorsqu'elle syuipatliise avec votre dévouement pour le progrès et l'indépendance de notre religion.

« Ce vide que laisse dans notre existence le peu de soins qu'on donne à notre éducation religieuse, je puis m'en plaindre ; car nul peut-être ne l'a si vivement ressenti. Cet incessant oubli ne cômmence-t-il pas à notre naissance ? Celle d'un homme est suivie de cérémonies et de t'êtes, qui, pour nous, sont entièrement supprimées ; et qui, dès lors, lui donnent sur nous une supériorité que le monde accepte, mais qui doit s'anéantir sous le regard de Dieu M... »

Et, dans cette lettre qui est signée Fanny G... Angel, son auteur interroge anxieusement s'il est réellement équitable qu'elle et ses compagnes soient, durant toute leur existence, maintenues en une tutelle aussi dure, conformément aux prescriptions de la loi de Moïse : « Cette cérémonie qui à treize ans sanctifie l'enfant du beau nom d'homme, c'est encore aux hommes seuls qu'elle est accordée! Et pourquoi ?... »

Aussi, la femme juive, et c'est la naturelle

L Archives israélites, année 1841, t. II de la collection, p. 208.

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résultante du dédain profond qu'on lui témoigne, ne tient-elle que fort médiocrement à sa qualité de membre du peuple de « Cohenins ».

Dans une étude sur la « Juive », M. Alexandre Weill, à propos de ce qui se passa jadis lors de l'appel fait aux juifs de Babylone pour retourner à Jérusalem, le constate avec amertume :

« Les hommes mariés, dit-il, 'emmenaient leurs femmes, qui suivaient leurs enfants ; mais les juives esclaves ou affranchies, mères de famille, aimaient mieux rester que de quitter leurs enfants, qui n'étaient plus juifs, et qui étaient élevés dans la religion du vainqueur. Esther elle-même, qui risquait sa couronne et sa vie pour son peuple, n'aurait pas, je suppose, quitté les enfants qu'elle avait donnés à Âssuérus, pour retourner avec Mardochée à Jérusalem. Voilà la vraie cause de cette grande disproportion entre le nombre d'hommes et de femmes qui retournèrent dans leur ancienne patrie. Il en serait encore de même aujourd'hui K »

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