‹ L'agonie de Luiz de CamoensChapitre 4 sur 17 · VI PROLOGUE · texte numérisé non relu

VI PROLOGUE

Mais la poésie, le théâtre, le roman, ont leurs exigences, sortes de fourches caudines sous lesquelles la réalité doit presque toujours s'effacer et souvent disparaître; si les tableaux exposés à nos yeux dans ces cadres séduisants sont disposés avec goût, peints avec art, les portraits eux-mêmes en sont-ils plus fidèles? Et tout en rendant au talent des peintres la justice qu'il mérite, peut-on se défendre de suspecter la sincérité de la ressemblance?

Le titre que nous venons d'écrire en tète de ce volume indique suffisamment que nous ne nous proposons point, pour nous servir de l'expression de l'un des plus érudits biographes du poète portugais, d'arranger avec plus ou moins de complaisance un nouveau roman de la vie de Camoens, et de raconter, sous cette forme attrayante, les touchants incidents dont cette vie abonde.

Notre tâche est plus restreinte : nous voulons seulement grouper dans un cadre modeste, exposer dans toute leur triste simplicité les pénibles circonstances au milieu desquelles s'acheva la vie du grand poète, et dont

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