PROLOGUE. VII
chacune marqua, pour ainsi dire, un nouveau période de sa cruelle agonie, qui dura près de neuf années.
Poète et soldat, Luiz de Camocns, comme Homère et comme Bélisaire, passa les dernières années de sa vie dans la misère, vécut d'aumônes et s'éteignit dans l'isolement. Il nous a semblé que nous commettrions un contre-sens si nous ajoutions à notre récit des péripéties imaginaires; et, plus préoccupé de l'exactitude des caractères, de la vraisemblance des portraits que de l'éclat de la mise en scène et de la richesse de l'invention, nous nous sommes tout particulièrement attaché à restituer à chacun des acteurs, peu nombreux d'ailleurs, de ce drame intime, la physionomie qui lui était propre et dont nous nous sommes efforcé de rechercher les principaux traits dans la lecture attentive des poésies diverses de Gamoens lui-même.
Mais le récit que nous entreprenons n'embrassant que les neuf dernières années de la vie du poète, diverses allusions aux événements antérieurs s'j glisseront infailliblement. Pour que le lecteur puisse faci-