PROLOGUE. IX
à la Cour ne permet (ait pas au poète d'aspirer à sa main, mais il n'en fut pas moins passionnément aimé.
Dom Antonio de Ataydc fit exiler Camoens, qui se retira à Sanlarem, où il resta deux années, pendant lesquelles il écrivit les premiers chants de son poème des Lusiades.
De refour à Lisbonne au commencement de l'année 4 550, et ne trouvant dans cette capitale qu'indifférence et froideur, il prit la résolution de s'en éloigner de nouveau. Il passa en Afrique, en qualité de volontaire, sur le vaisseau que commandait son père et prit part à un combat naval livré devant Geuta, où il fut atteint d'un coup de feu qui lui fit perdre l'œil droit.
Cette cruelle blessure et les fatigues inséparables de la guerre n'empêchèrent point Camoens de se livrer à ses travaux poétiques. Tout en continuant l'œuvre des Lusiades, il écrivit sur cette côte d'Afrique diverses élégies et de nombreuses stances qui portent une certaine empreinte de tristesse et de mélancolie.
Camoens revint à Lisbonne en -1552. S'il y fut attiré par quelques espérances, il ne tarda pas à être désabusé. Non-seulement ses services restèrent méconnus, ses talents sans encouragement, mais son ami le plus cher, le jeune Antonio de Noronha avait depuis quelque temps quitté Lisbonne, et Dona Catarina, sa maîtresse tant aimée, obéissant sans doute à la volonté paternelle bien plus qu'à ses propres inclinations, s'était mariée.
Dès lors, le poète résolut de quitter pour toujours