‹ L'Agonie de Marie-AntoinetteChapitre 9 sur 15 · ET SES COMPLICES AUTOUR DE L*ENFANT-R · texte numérisé non relu

ET SES COMPLICES AUTOUR DE L*ENFANT-R

Sommaihe. — Hurlements d'assassins. — Hébert exige la tête de la reine : la « grande joie » qu'il éprouve à « tourmenter la tigresse ». — Perquisitions nocturnes. — Le dauphin est arraché à sa mère. — La e. sensibilité » de la Commune. — Hébert et Simon « travaillent » l'enfant -roi. — Le décret de transfert à la Conciergerie : « Rien à présent ne peut me faire mal. » — Les « coups de pied » du père Dune : ■ Tu essayeras aussi la cravate! » « Elle devrait être hachée comme chair à pâté. » — Madame Elisabeth et Madame Royale sont réduites à la portion congrue. — Les immondes interrogatoires. — Pache, « Anaxagoras » Chaumette, David, Daujon et compagnie. — Marie-Thérèse « pleure dindignation ».

Le crime du 21 janvier 1793, conséquence de ceux qui l'avaient précédé, en appelait d'autres, de pires. A la séance de la Convention du 27 mars 1793, Robespierre en personne prononça ces mots : « La punition d'un tyran obtenue après tant de débats odieux, — [odieux, car il n'aurait môme fallu laisser au coupable la facilité de se défendre,] — sera-t-elle donc le seul hommage que nous ayons rendu à la liberté et à l'égalité?... La mort (de Marie- Antoinette) doit ranimer dans tous les cœurs une sainte antipathie pour la royauté et donner une nouvelle forée à l'esprit public. » — « Sa femme, tradui-

sait le Père Duchesne, et sa b... de race vivent encore; vous n'aurez de repos que lorsqu'ils seront détruits ».

Lui, Hébert, ne se donnait aucun repos, et les voiles de deuil qui couvraient la veuve royale ne lui commandaient aucune trêve. Bien plus, il redoublait d'outrages et de perfidies. « Femme du diable, avait-il écrit avant la mort du roi, tu nous as trop mis dedans pour que nous soj'ons dupes de tes singeries ; soit que tu c... sur ton châlit ou que tu aies le sifflet coupé, c'est égal, le jour de ton trépassement sera un jour de fête. » Fort de l'appui du club des Jacobins, où l'on venait d'applaudir à son « brûlant civisme » et à celui de Chaumette, le substitut du procureur de la Commune poursuivait sur ce ton ses hurlements d'assassin.

Il inventait des histoires comme celle du « mariage du pape avec la veuve Capet, et celui du législateur Manuel avec la Babet g..., sœur de Louis le guillotiné », se vengeant ainsi du procureur de la Commune du 10 août, qui, revenu de ses erreurs, avait appelé les massacres de Septembre « la Saint- Barthélémy du peuple » et déclaré, lors de la condamnation du roi, « que l'homme de bien n'avait plus qu'à s'envelopper dans son manteau. »

Lorsqu'il était à court de calomnies, Hébert reprenait, sans se lasser, son sauvage refrain : « Le couteau ! Tue ! tue ! » Rôdant dans les prisons, si bien pourvues, et tâchant de faire comprendre la reine dans une fournée toute chaude et savoureusement panachée, il rugissait « sa grande colère de voir que l'on se f...du peuple en allongeant la courroie au sujet du jugement de Brissot, de la veuve Capet, du prêtre Fauchct, de Vergniaud, de Gensonné ».

En attendant que la courroie se resserrât, il allait souvent au Temple pour se payer la « grande joie » de tourmenter la « tigresse », et les procédés

qu'il y employait ne le cédaient en rien aux flagellations verbales de ses pamphlets. Jadis, il en était réduit à d'imaginaires « visites » au palais des Tuileries ; maintenant, il se rendait de sa personne au Temple, et cet escroc d'hier, ce magistrat d'aujourd'hui, qui tenait à sa merci une reine de France, choisissait de préférence les heures où le pitoyable sommeil pouvait opposer son bandeau à l'impitoyable réalité.

« Le 20 (avril 1793), à 10 heures et demie du soir, raconte Madame Royale, ma mère et moi venions de nous coucher, lorsque Hébert arriva avec plusieurs autres municipaux ; nous nous levâmes précipitamment. Ils nous lurent un arrêté de la Commune qui ordonnait de nous fouiller à discrétion, ce qu'ils firent exactement jusque sous les matelas. Mon pauvre frère dormait ; ils l'arrachèrent de son lit avec dureté pour fouiller dedans; ma mère le prit, tout transi de froid. Ils ôtèrent à ma mère une adresse de marchand qu'elle avait toujours conservée, un bâton de cire à cacheter qu'ils trouvèrent chez ma tante ; et à moi ils me prirent un Sacré- Cœur de Jésus et une prière pour la France. Leur visite ne finit qu'à 4 heures du matin. Ils firent un procès-verbal de tout ce qu'ils avaient trouvé et forcèrent ma mère et ma tante à le signer, en les menaçant de nous emmener, mon frère et moi, si elles s'y refusaient. Ils étaient furieux de n'avoir trouvé que des bagatelles. »

IK revinrent trois jours après, pour arracher à Madame Elisabeth un chapeau de Louis XVI que son frère lui avait laissé, afin qu'elle le conservât en souvenir de lui...

Le dauphin tomba malade : sa mère demanda à la municipalité un médecin, le médecin Brunier, Le conseil s'en moqua ; Hébert avait vu l'enfant et ne lui avait point trouvé de fièvre ! On dut pour-

tant faire venir bientôt Thierry, le médecin des prisons.

Au début de juin, Hébert revint encore accompagné de Chaumette, à 6 heures du soir ; il demanda à Marie-Antoinette « si elle ne désirait rien et si elle n'avait pas de plaintes à formuler ! » Devant tant d'hypocrisie, la reine se contenta de répondre « non » et « cessa de faire attention à lui ». Mais il prolongeait sa visite, cherchant sans doute quelque sujet d'imprécations pour son prochain Père Duchés ne. Madame Elisabeth, sentant quel supplice était pour sa belle-sœur la seule présence du bandit, pria Chaumette de lui dire pourquoi il ne partait pas ; le procureur lui répondit « qu'il avait fait la visite des prisons et que toutes les prisons étaient égales... » Ils étaient ivres tous deux.

C'est à cette époque que la concierge Tison, folie de remords, se traîna aux genoux de la reine pour implorer son pardon.

Le 3 juillet, le Père Duchcsne exulta : en vertu d'un décret de la Convention confirmant un arrêté du Comité de salut public du 1er, le dauphin était isolé dans le local du Temple « le mieux défendu ».

A en croire les registres du Temple, la séparation s'effectua « avec toute la sensibilité que l'on devait attendre dans cette circonstance où les magistrats du peuple ont eu tous les égards compatibles avec la sévérité de leurs fonctions ». Tous les égards ! Voici comment Madame Royale raconte cette scène, l'une des plus affreuses de la Révolution :

« A peine (mon frère) l'eut-il entendu (le décret du 8 juillet), qu'il se jeta dans les bras de sa mère en poussant les hauts cris, en demandant à n'être pas séparé d'elle. De son côté, ma mère fut atterrée par ce cruel ordre ; elle ne voulut pas livrer mon

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frère, et défendit contre les municipaux le lit où elle l'avait placé, » le pauvre lit que les princesses avaient protégé, par un châle tendu, de l'air et de la lumière (car il était 9 heures et demie du soir), le lit royal autour duquel la reine et Madame Elisabeth raccommodaient leurs vêtements troués, tandis que Madame Royale lisait à haute voix la Semaine sainte.

Ceux-ci (les municipaux), voulant absolument l'avoir, menaçaient d'employer la violence et de faire monter la garde. Ma mère leur dit qu'ils n'avaient donc qu'à la tuer avant de lui arracher son enfant, et une heure se passa ainsi en résistance de sa part, en injures, en menaces de la part des municipaux, en pleurs et en défense de nous tous. Enfin, ils la menacèrent si positivement de la tuer, ainsi que moi, qu'il fallut qu'elle cédât encore par amour pour nous. Nous le levâmes, ma tante et moi, car notre pauvre mère n'avait plus de forces ; et, après qu'il fut habillé, elle le prit et le remit entre les mains des municipaux en le baignant de ses pleurs, prévoyant qu'à l'avenir elle ne le verrait plus. Ce pauvre petit nous embrassa toutes bien tendrement et sortit en fondant en larmes avec les municipaux... »

Où donc était la « sensibilité » dont se vanta la Commune, et dont un tableau connu présente les menteuses manifestations? Mais la férocité de ces voleurs d'enfant, qui lèvent le poignard sur une mère et une jeune fille1; l'incommensurable lâcheté conventionnels et des membres tout-puissants du Comité du salut public, qu'étaient-ellcs en comparaison de celles des geôliers solitaires dont l'instinct maternel avait dû deviner les innommables des

1 Trois furent guillotinés : Eudes, Gagnant et Armand. Les trois autres étaient : Véron , Cellier et I>evùze.

Tandis que Marie-Antoinette, la figure crispée par le désespoir, guettait des heures entières le passage de son enfant à travers l'étroite fente du sommet de la tour, on sait, en effet, ce qu'en faisaient ses bourreaux. Ils lui inculquaient le sansculottisme prôné par Hébert. Non contents de souiller son esprit et son cœur, ils souillèrent son corps ; et cela servit à souiller aussi la sœur, la mère et la tante. Hébert surtout « travailla » l'enfant-roi : livres obscènes, conversations ordurières, usage des liqueurs fortes, pratiques flétrissantes, rien ne fut épargné. Un informateur bien renseigné ajoute même que « plusieurs fois Hébert menaça l'enfant de la guillotine, et que cette menace l'effrayait si horriblement, qu'il l'avait vu souvent s'évanouir à cette menace ». La guillotine ! n'eûtelle pas été moins criminelle?

Le 22 septembre, — jour anniversaire de la proclamation de la République, — Hébert fit une longue visite chez Simon, constata les progrès de l'avilissement de son pupille et partit en disant au « gouverneur » : A bientôt ! Simon suivit ses instructions et lui adressa, le 30, un billet dont voici l'exacte transcription :

« Le républicain Simon au patriote et bougrement patriote le Père Duchesne.

« Au Temple, le 30 septembre 1793.

L'an 2e de la République une et indivisible.

« Salut!

« Viens vite, mon ami, j'ai des choses à te dire et j'aurai beaucoup de plaisir à te voir. Tâche de venir aujourd'hui. Tu me trouveras toujours franc et brave républicain !.

1 Ce qui suit seulement est de l'écriture enfantine de Simon.

« Je te coitte bien le Bon jour mois est mon est pousse jean brasse tas cher est pousse est mas petiste bon amis ta petitte fils cent ou blicr ta cher seur que j'an brasse. Je tan prie de nés pas manquer a mas de mande pour te voir ce las presse pour mois.

« Simon, ton a mis pour la vie. »

Deux jours après, Hébert, aux Jacobins, demandait qu'on écartât tout subterfuge propre à « dérober à la mort » la mère de l'enfant. Trois jours après, la Convention ordonnait sa comparution devant le tribunal révolutionnaire. Tout était prêt pour un supplice qui devait consister principalement en tortures morales.

Au reste, le Père Duchesne n'avait oublié aucune de ses pensionnaires.

Le 2 août, — à 2 heures du matin! — Marie-Antoinette avait vu entrer dans sa chambre une délégation municipale ; au nom de la Convention et sur la réquisition du procureur de la Commune, on venait de lui annoncer son transfert à la Conciergerie... «Elle entendit ce décret sans s'émouvoir, rapporte sa fille. Ma tante et moi, nous demandâmes à suivre ma mère; mais on ne nous accorda pas cette grâce. Pendant qu'elle fit le paquet de ses vêtements, les municipaux ne la quittèrent point ; elle fut même obligée de s'habiller devant eux. Ils lui demandèrent ses poches, qu'elle donna ; ils les fouillèrent et prirent tout ce qu'il y avait dedans, quoique cela ne fût pas du tout important. Ils ne lui laissèrent qu'un mouchoir et un flacon, dans la crainte qu'elle se trouvât mal... Ma mère me renouvela les mêmes instructions que mon père... Elle partit sans jeter les yeux sur nous, de peur sans

doute que sa fermeté ne l'abandonnât. En sortant, elle se frappa la tête au guichet, ne pensant pas à se baisser. On lui demanda si elle s'était fait mal : « Oh ! non, dit-elle, rien à présent ne peut me faire mal. » Elle monta en voiture avec un municipal et deux gendarmes. »

Elle avait dit à Madame Elisabeth, songeant à son fils : « Dieu s'est retiré de nous, je n'ose plus prier. » Mais, se reprenant aussitôt : « Pardon, mon Dieu!... »

L'œil du Père Duchesne la suivait dans son cachot, et la hache de ses outrages, de ses appels au bourreau, s'abattait toujours sur cette reine anéantie,

Il donnait ce qu'il appelait si justement « un coup de pied à la Conciergerie», afin de réveiller l'attention du peuple au sujet de cette g..., qu'il trouvait « aussi insolente que de coutume ». Et il hurlait, écumant de rage : « Tu essayeras aussi la cravatte ! » la cravate à Samson ! Il s'indignait, vertueusement, « de ce que l'on cherchât midi à quatorze heures pour juger la tigresse d'Autriche, de ce que l'on demandât des pièces pour la condamner, tandis que si on lui rendait justice, elle devrait être hachée comme chair à pâté pour tout le sang qu'elle avait fait répandre. » Il sommait la Convention de ne plus « s'amuser â la moutarde » et d'ordonner « au fonctionnaire Samson » de « jouer à la boule avec la tête de la louve », de 1' « archi- tigresse d'Autriche ».

La Convention et le Comité du salut public se rendirent à ses sommations. Mais il restait à régler, au Temple même, la dernière scène du crime.

Madame Elisabeth et Madame Royale devaient y jouer le rôle combiné pour ell< .

Hébert était allé leur dire que « dans la République française l'égalité était la première des lois ». En conséquence, il les priva de domestiques, les força à balayer elles-mêmes leur cachot, ne leur

laissa que des draps « sales et gros ». Le 21 septembre, il entra brusquement avec son escorte de municipaux, et, comme la jeune fille parcourait un almanach républicain : « Si vos saints ne s'y trouvent pas, lui dit-il, vous y trouverez nos fêtes nationales. Nous aurons demain une cérémonie civique en l'honneur de L'anniversaire de la République. Le peuple sera notre dieu ; il ne doit pas y en avoir d'autres. » Le jour même, il faisait voter par la Commune l'arrêté spécifiant que, « comme mesure de sûreté, toute la cuisine du Temple serait supprimée,... et que les prisonnières qui y étaient renfermées ne seraient pas traitées différemment que tous les détenus dans les autres maisons d'arrêt. » Le lendemain, deux autres arrêtés du conseil général, « considérant que la plus grande économie devait régner, » interdisaient « l'usage de la pâtisserie et de la volaille », ordonnaient de réduire le déjeuner à « une sorte d'aliment », le dîner à i un potage, un bouilli, un plat quelconque », de supprimer l'argenterie, la porcelaine, la bougie. Encore certains commissaires du Temple trouvèrent-ils le moyen de rogner à leur profit la maigre pitance des prisonnières : le 12 octobre, raconte Turgy, i ils donnèrent à chacune des princesses une iette (de faïence commune), dans laquelle ils mirent de la soupe avec un morceau de bœuf, et à côté un morceau de pain ; ils leur remirent une cuiller ain. une fourchette de fer et un couteau à manche de bois noir, puis une bouteille de vin de cabaret. Les commissaires se firent ensuite servir le dîner préparé pour les augustes prisonnières. »

Quelques jours auparavant avaient eu lieu les trois immondes interrogatoires dont nul historien n'oserait affirmer l'authenticité, si les Archives nationales n'en conservaient point les officiels procèsverbaux.

Disons quelques mots sur leurs signataires1, car ces officiers municipaux engagèrent la responsabilité de la Commune et du gouvernement révolutionnaire tout entier.

Le maire Pache, Suisse d'origine, était le fils d'un portier du duc de Castries. Devenu précepteur des enfants de ce grand seigneur, puis contrôleur de la maison du roi sous Necker, il se lia après 1789 avec Brissot et Roland. Il succéda à Servan au ministère de la guerre, et ce sont ses agents, Ronsin et Vincent, qui précipitèrent l'armée révolutionnaire dans l'effroyable décomposition où barbotait le Père Duchesne. Maire de Paris, il aida les Cordeliers à achever, par l'émeute du 31 mai 1793, la domestication des conventionnels. Il devait consacrer sa retraite à des travaux de « métaphysique ».

Pierre - Gaspard Chaumette joua à Paris, entre le 10 août 1792 et la chute de Robespierre, l'un des tout premiers rôles. Il était né à Ncvers, en 1763, d'un sabotier, et non d'un bijoutier, comme il essaya de le faire croire en falsifiant un extrait de baptême. Élevé par des prêtres et renvoyé de leur école, il devient mousse à treize ans, puis pilotin et successivement étudiant en anatomie, « chirurgien des Révérends Pères de la Charité de Moulins, » étudiant en physique, secrétaire et élève d'un médecin anglais libelliste. En 1790, à vingt -six ans, il débarque à Paris : une estampe nous le représente « dans un costume presque débraillé, cheveux longs et mal peignés, long col chiffonné », avec un foulard mal noué pour cravate. « A la fois naïf et rusé, homme du peuple qui sait se servir du peuple, enthousiaste et bas, » Je personnage est, au fond, aussi lâche qu'audacieux. Ce moralisateur a une voix rauque que

1 L'interrogatoire du dauphin ne porte pas la signature de Louis David.

lui donne l'abus du vin : le policier Dutard l'appellera mon ivrogne * ; il possède toutes les vertus « en parole ■ ; il proclame que « sans mœurs les république s'écroulent », et ses mœurs sont inavouables. Ambitieux, arrivé, comme Hébert, son substitut, aux i premières loges », il poursuit de sa haine de Bans-ciilotte tout ce qui lui fut, tout ce qui lui reste supérieur. Il lui faut, pour les aristocrates, des guillotines à trente colliers ; il se vante d'avoir trahi protecteurs de la veille; il écrase l'adversaire désarmé et s'enivre de ses triomphes avec un orgueil que suffisent à caractériser ces dernières lignes de son autobiographie : « 12 décembre (1792)... Je suis proclamé procureur-général-syndic de la Commune de Paris. Acclamation du peuple, joie délirante de sa part. Je suis couvert de bénédictions et d'applaudissements. Louis Capet ! Louis Capet ! je te défie, lorsque tu étais roi, d'avoir joui autant que moi ! »

« Anaxagoras » Chaumette enfin, — à Athènes, Anaxagoras avait été surmonté YEsprit, — Chaumette pousse la « philosophie » j usqu'à vouloir que tous les Parisiens portent des sabots (comme les paysans morvandiaux), et que les jardins des Tuileries et du Luxembourg soient plantés en pommes de terre, puisque « c'est avec des pommes de terre que tous Français doivent se nourrir ». Évidemment, Raison i révolutionnaire ne pouvait pas trouver de plus digne grand prêtre, et il était réservé à cet infâme d'apporter contre Marie-Antoinette, devant la Commune de Paris, les accusations monstrueuses dont Hébert se fera l'écho devant le tribunal révolutionnaire.

Louis David est un peintre célèbre ; mais, comme politicien, il n'eut comme piédestal que la Montagne, — une montagne de cadavres. C'est lui qui hurlait, lors du procès de Louis XVI : « L'appel

nominal ou la guerre civile ! » Et plus tard, son pinceau, qui avait exalté Marat, exalta le sacre de Napoléon. « Valet ! » lui cria Danton roulant vers l'échafaud, en s'apercevant qu'il croquait le convoi de la terrasse d'un café.

L'artiste Daujon, qui tint alors la plume de secrétaire, était le Daujon du vandalisme jacobin.

Antoine Fréry, employé de la Loterie, était un délateur de la section « Guillaume-Tell ».

F.-J. Heussée, fabricant de chocolat, avait commencé sa carrière à la section de la Fontainede-Grenelle, dont il était commissaire.

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