‹ L'AgranulocytoseChapitre 11 sur 45 · ABLE · texte numérisé non relu

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absence ne saurait, en tout cas, faire rejeter le diagnostic d’agranulocytose pure. Elle existe dans la proportion de 35 % des cas environ et encore ne s’agit-il souvent que d’ictères légers, voire de subictères des conjonctives. Elle peut n’apparaître qu’au cours de l’évolution ou, au contraire, se manifester comme un des premiers symptômes et régresser ensuite (EHRMANN et PREUSS). Les cas où l’ictère était très marqué avec pigments biliaires dans les urines sont très rares. Les adénopathies ne sont pas de règle, mais il est fréquent et naturel en raison de l'intensité des lésions buccales de trouver un ganglion un peu gros, quelquefois douloureux. Cette tuméfaction est passagère ; exceptionnellement, elle s'accroît. L’abcédation a été signalée par CHRISTOF, mais il n’est pas sûr qu’il se soit agi d’agranulocytose, et par LAUTER, SPENGLER, STOCKINGER. Mais c'était une séquelle (?) pour ainsi dire d’agranulocytose : les polynucléaires étaient redevenus normaux. Un phénomène identique de suppuration s'était produit, nous l’avons vu, à l’anus chez des malades de GUTHLEIN et LEUCHTENBERGER. Ces suppurations ne nous mettraient-elles pas sur la voie d’une action thérapeutique ? Nous en reparlerons à propos du traitement.

Autres symptômes. — Le foie est augmenté de volume dans 12 % des cas. On sent le bord inférieur tranchant à un ou deux travers de doigt au-dessous des fausses côtes.

La rate, un peu plus souvent que le foie, est percutable ou palpable. L'augmentation de volume de ces deux organes ne coexiste pas forcément chez un même malade. Ce serait même l’exception.

Phénomènes pleuro-pulmonaires. — Ils sont fréquents mais d'intensité très variable : certains malades d'âge avancé sont dyspnéiques (une malade

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de STAEMMLER, en raison d’une dyspnée rapidement progressive, dut être trachéotomisée). Ils sont cyanosés et l’auscultation révèle, dès le début parfois, des phénomènes pulmonaires (pneumonie ou bronchopneumonie) qui sont le motif de l’hospitalisation. Ces cas sont relativement rares. Les lésions pulmonaires se manifestent surtout à la fin de l’évolution et emportent le malade. Aïnsi, une malade de FRIE- DEMANN avait une pleurésie vérifiée par la ponction qui ramena un liquide séreux amicrobien. Les lésions nécrotiques du pharynx guérirent, mais la malade, qui n'avait pourtant que 22 ans, mourut avec des lésions pulmonaires importantes. L'évolution avait duré dix-sept jours. Il est courant de trouver des râles disséminés ou en foyers de congestion pulmonaire.

Phénomènes cardiaques. — Ils sont moins nets à l’auscultation que les phénomènes pulmonaires. On note des extrasystoles. Le pouls, filant irrégulier, traduit une déficience du myocarde dans les formes graves où les phénomènes toxi-infectieux ont été très marqués. Quand l’agranulocytose se complique de septicémie, on entend des souffles d’endocardite.

Les troubles urinaires sont rares. Les urines contiennent parfois des pigments biliaires, plus souvent de l’urobiline simplement. Elles peuvent être albumineuses ; comme dans toute infection on y trouve des hématies et très rarement des cylindres. HUEBER a rapporté un cas d’agranulocytose avec néphrite : il y avait dans les urines des cylindres granuleux et des globules blancs en abondance.

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