‹ L'AgranulocytoseChapitre 15 sur 45 · FORMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

FORMES CLINIQUES

Telle que la décrivit SCHULTZ en 1922, dans sa première communication, l’agranulocytose constituait un tableau de maladies remarquablement constant. L’affection évoluait en trois ou quatre jours, une à deux semaines au plus.

De ce tableau, dont les phénomènes toxi-infectieux et nécrotiques constituent les plans les plus clairs, nous avons essayé de donner une reproduction en étudiant la symptomatologie.

Mais l’affection peut durer moins de trois jours ou, au contraire, beaucoup plus. Elle peut aussi évoluer vers la guérison. Enfin, il y a des formes récidivantes et des formes chroniques.

1° FORMES SURAIGUES, AIGUES ET SUBAIGUES

Formes suraiguës. — La maladie débute soudainement et évolue vers la mort en trois jours au moins. Nous en avons trouvé huit exemples. Deux fois l’évolution fut presque foudroyante : une malade de STOCKÉ, âgée de 72 ans, fut brusquement en proie à la fièvre et, sans présenter aucun phénomène pulmonaire ou cardiaque, si ce n’est de la cyanose ou de la dypsnée, mourut en vingt-quatre heures.

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LEUCHTENBERGER observa une évolution tout aussi rapide chez une femme de 49 ans.

Formes aiguës. — Ce sont les formes qui durent de quatre à huit jours.

Formes subaiguës. — Elles évoluent en deux semaines. Formes aiguës et subaiguës s’observent avec une égale fréquence.

Cette classification, suivant la durée de l’évolution, ne présente d’ailleurs qu’un intérêt relatif pour deux raisons :

1° La mort, dans quelque forme que ce soit, est la terminaison la plus habituelle ; 2° La durée de l’évolution ne rend pas compte du tout de l'intensité des symptômes : telle malade meurt en quarantehuit heures qui présentait des symptômes peu accentués ; telle autre, avec une fièvre élevée et des nécroses profondes, résiste pendant huit, dix, quinze jours.

Influence de l’âge. — Faut-il, pour expliquer les faits d'évolution suraiguëé invoquer l’âge élevé des malades ?

Peut-être ; voici, en effet, des chiffres :

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Par ailleurs, des observations d’agranulocytose chez l'enfant, voire le nourrisson, ont été publiées, et il en ressortirait que peut-être à ces âges la guérison s’observerait plus souvent ; mais, répétons-le,

la durée de l’évolution mise à part, les phénomènes se retrouvent les mêmes à tout âge.

Cette étude de la durée de l’évolution nous pose cependant un problème : nous pouvons nous demander, sans nous écarter des faits cliniques, à quel moment débute l’agranulocytose.

Il est certain que nombre de malades étaient, depuis plus ou moins longtemps, en état d’agranulocytose quand les manifestations cliniques évidentes sont apparues. Et ceci apporte une atténuation à, la rigueur des chiffres que nous donnions plus haut relativement à la durée de l’évolution : la fatigue quelquefois, l’état fébrile dont les malades se plaignent de souffrir depuis plusieurs semaines (FRIE- DEMANN) doivent probablement être interprétés comme les premières manifestations d’une agranulocytose en voie d’évolution ; mais, que le début soit brutal, qu’il y ait eu ou non période antérieure d’agranulocytose latente, l’évolution ultérieure est la même.

Evolution habituella — Il peut arriver que la température baisse un peu après quatre ou cinq jours, cependant que la formule n’accuse aucune amélioration. Et, de fait, la fièvre remonte brutalement à 40° et le malade meurt. L'état euphorique, au début, peut persister ou au contraire être remplacé par une prostration profonde.

Les lésions bucco-laryngo-pharyngéeas tendent toujours à envahir toute la muqueuse, suivant le processus que nous avons indiqué ailleurs. Les nécroses deviennent plus profondes et toute la cavité buccale paraît recouverte d’un enduit blanc jaunâtre. L’'ictère, quand il existe, peut n’apparaître qu’à la fin (la veille de la mort, SCHULTZ et JACOBO- WITZ). Nous avons décrit, au chapitre de la symp-

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