RAS
La paroi postérieure du pharynx est toujours très rouge. Elle n’est pas souvent ulcérée, mais plutôt recouverte de fausses membranes qui ont fait dans nombre de cas porter le diagnostic de diphtérie. Quelquefois, il se produit là des petites hémorragies punctiformes.
En somme, pharynx et amygdales sont les foyers principaux des nécroses ; c’est de là que les processus s'étendent en avant jusqu'aux lèvres parfois et en bas, vers le larynx, où ils atteignent non seulement l’épiglotte, mais encore les cordes vocales.
Dans une observation de FRIEDEMANN, la malade éprouvait de la difficulté à parler, sa voix était très enrouée ; l’autopsie montra que les cordes vocales étaient tuméfiées et ulcérées.
AUBERTIN a rencontré dans la littérature trois cas où il y avait des ulcérations sur la muqueuse des joues.
A quelque endroit qu’elles siègent, ces ulcérations ont des dimensions très variables ; elles ne dépassent pas la grosseur d’une lentille ; leur fond est sanieux, très sec, et KORACK dit qu’elles donnent au doigt l'impression de parchemin. Toutes ces lésions ne sont pas sans communiquer une haleine fétide au malade. L’adénopathie cervicale qu’on s’attendrait à trouver importante est, au contraire, faible ou nulle : tout au plus y a-t-il un ganglion angulomaxillaire.
29 Vulve, vagin, anus
Nous allons passer maintenant en revue les autres points de l’organisme où s’observent des nécroses. On devine qu’au premier rang pour la fréquence viennent la vulve, le vagin et l’anus.
Sur 78 observations, nous trouvons des ulcérations :
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Ces ulcères de la vulve et du vagin sont plats et secs. Il arrive qu’ils gagnent le col utérin et donnent lieu, par leur extension, à une vaginite gangrèneuse (SCHULTZ 1922).
Ceux de la muqueuse anale ont donné lieu à des abcès dans deux cas. Un cas de LEUCHTENBERGER où le taux des polynucléaires était redevenu normal et un autre de GUTHLEIN où ils furent la première manifestation nécrotique de l’agranulocytose avant toute angine. Il y avait 4 % de polynucléaires ; leur chiffre remonta à 70 % et l’abcès fut incisé (ce malade était en même temps diabétique).
Ces ulcères de la région anale peuvent être douloureux. Et c’est pour un ulcère de ce genre que la malade de REYE consulta un chirurgien qui ignorait une première atteinte d’agranulocytose et, devant ce petit uleère de vilain aspect entouré d’une zone large d'infiltration œdèmateuse, pensa à un carcinome du rectum.
3° La peau
Nous avons dit que les processus nécrotiques se manifestaient en tout endroit particulièrement exposés aux atteintes microbiennes. La peau ne pouvait y échapper. Les nécroses cutanées ont été signalées à diverses reprises, mais peu d'auteurs s’y sont attachés. C’est surtout REYE et BENHAMOU qui en ont montré l’importance.
TURK, en 1907, décrivit des taches rouge foncé, disséminées sur tout le tronc. Ces taches étaient un
Ces 2 photographies sont empruntées au travail de REYE (Dermatologische Wochenschrift)