‹ L'agricolture et la population en 1855 et 1856Chapitre 20 sur 40 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

JoUlettSST.

Un nouveau fait, publié par le Moniteur du 10 juillet, • vient à l'appui de tous ceux que Ton connaissait déjà pour

&iie mesurer Tintensité de la crise qiie nous venons de traverser. Le journal officiel donne ainsi le total des électeurs inscrits aux trois époques principalea où a fonctionné le suffrage universel :

10 déeemlire 184S.... 9,tTT,000 inscrits.

31 novembre 1SS2.., 9,ssa,000

31 Juin 1SS7..... 9,49S,000

Afnsî^ dans un intervalle de moins de dix ans, le nombre

des électeurs, c'est-à-dire des hommes faits, aurait dimi- ' nué d'environ 500,000. Ce. résultat, qm serait désolant, s'il était vrai, s'atténue heureusement quand on songe que l'armée a voté en 1848 et n'a pas voté en 1857 ; mais oh peut^ je crois, affirmer sans exagération, tout compte fait^ que si le nombre des hommes n'a pas diminué, il ne . s'est pas accru; les enfants parvenus à ftge d'homme dans ces dix années n'ont fait que remplir les vides opérés dans la population virile. Voilà qui mérite d'autant plus d'attention, que cette partie de la population, qui paraît avoir été la plus frappée, constitue toute la force d'une nation.

Dans le même laps de temps, le nombre des hommes

faits se serait accru d'environ 500,000, avant 1848.

Je trouve aussi dans un nouvel article de M. Legoyt, publié par le Journal des Économistes du 15 juillet, que le nombre des propriétés bâties nouvellement imposées, qui avait été, de 1842 à 1851, de 375^850, ne s'est plus élevé qu'à 112,499, de 1851 àl855 (i). Ce renseignement, puisé aux sources officielles, ne s'accorde que trop avec tous ceux que nous devions déjà à M. Legoyt. Rien n'indique

(1) \. Journal ries Économistes 11.

BBPONSE A QUELQUES CRITIQUES. 8ft9

plus un temps d^arrét dans le progrès d'une nation qu'une réduction dans le nombre annuel des constructions nouvelles.

Pendant que les documents se multiplient pour consta-

ter les ravages rétrospectifs de la guerre et de la cherté, nous avons enfin à enregistrer une bonne nouvelle; le blé baisse sur tous les marchés. La récolte de 1857 parait normale pour les céréales. Les pommes de terre semblent sortir décidément de leur longue épreuve. Deux produits souffrent encore, la soie et le vin, mais même pour eux, le mal diminue, et on peut compter sur une demi-récolte. Tout annonce que nous approchons de la fin.

La situation économique ne se rétablit pas aussi vite, les fonds publics ne se relèvent pas. Pendant que le trois pour cent anglais est à 92, le nôtre atteint à peine 67. La liquidation de la guerre, et des autres dépenses improductives pèse encore sur les cours. L'exécution des travaux publics utiles en est retardée. 11 n'y a qu'un redoublement d'économie qui puisse solder délioitivement les prodigalités du passé et nous remettre en marche vers l'avenir»

flirte A (page 20).

Page 1