LES VACHES BRETONNES DANS LA CREUSE
J'ai moi-iiiêiiie essayé d'introduire la irache bretonne dans * les montagnes du département de la Creuse ; voici en quels termes j*ai rendu compte de cette tentative dans le Journal d'agriculture pratique du 20 février 1855.
«J'ai acheté à Vannes, au mois d'avril 1853, par l'intermédiaire de M. Ropert, vétérinaire^ dix-sept petites vaches de 2 à 3 ans, pleines de leur premier veau et sur le point de mettre bas, avec un taureau de 2 ans. Elles m*ont coûte, à Vannes, 80 fr. l'une dans l'autre, et avec les frais de tout genre faits en route, tant pour l'aller que pour le retour de rhonuue qui est allé les diercher, 108 fr. Ces pauvres bêtes ont fait, pour arriver chez moi, entre Limoges et la Souterraine, environ cent lieues à pied ; trois ont fait veau en route, toutes sont arrivées à moitié estropiées par la fatigue du voyage,et parce qu'elles avaient été mal ferrées avant le départ. Les quatorze autres ont toutes mis bas dans les mois de mai et de juin ; deux des veaux sont morts peu après leur naissance, par suite de l'état maladif des mères; j'en ai vendu ou donné quatre, et j'en ai gardé huit, dont quatre mftles et quatre femelles.
« Peu après son arrivée, tout le ttx>upoau a commencé à rosi
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86 i L'AGRlGULTUaS iST LA POPULATION.
prendre, bien qu'il ireùt d'autre nourriture (jue nos pâturages; depuis^ vaches et taureau ont grossi sensiblement, et leur santé est devenue si vigoureuse que^ sur un total qui s'élève maintenant à quarante tètes, il n'y a pas eu depuis une seule indisposition.
« Leur régime est des plus simples ; il se partage en six mois de pâturage, en six mois de stabulation. Du I*' mai au l*' novembre, on les conduit au pâturage deux fois par jour, et de cinq à six heures chaque fois; elles passent à Tétable la nuit entière et le milieu du jour, saos nourriture additionnelle. L'étendue pâturée se eemp(>se, du i*' mai au 1*' août, de 4 hectares de pacages huinides, d'une étendue égale d'anciennes terres arables converties en pacages secs, et de 5 à 6 hectares de bruyères ou terres incultes; et du i*'^ août au 1'^ novembre, de IS hectares deprésdontla première herbea^ fauchée. Quand le 1^ novembre est anivé^on les nourrît à l'étableavecdes raves et du foin ; elles mangent 16 livres de foin par jour ou l'équivalent. Nous n'avons ni son, ni betteraves, ni trèHe à leur donner.
« Dans lés vingt mois qu'elles ont passés jusqu'ici ches moi, depuis le l'ornai i853jusqu'aul" janvier 1855, ellesont donné en moyenne 1,500 litres de lait par tète, c'est-à-dire environ 800 par an. Ce résultat paraîtra sans doute bien faible, mais les vadies du pa,ys en donnent ordinaurement bien , moins et sont beaucoup plus difficiles à nourrh:. Je suppose que, quand elles auront (juelques années de plus, et que j'aurai pu faire un choix parmi elles, elles me donneroi^ i,000 litres; je ne leur demande pas davantage. Parmi les dix-sept, il y en a quatre bonnes laitières qui donnent après le vêlage de 40 à 42 litres de lait -, dix sont moyennes laitières et donnent de 5 à d litres ; trois sont mauvaises et donnent de 3 à 4 litres.
« J'ai f^t avec ce lait du beurre excellent et des fromages migras (jui se sont bien vendus ; j'ai calculé que je retirais de mou lait 40 centimes ^ar litre.
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