‹ L'agricolture et la population en 1855 et 1856Chapitre 24 sur 40 · L'AGBICIJLTURE ST LA POPULATION · texte numérisé non relu

L'AGBICIJLTURE ST LA POPULATION

à'partfr de 1846, elle reste statlonnaire ou entre en décroissance; on 1852, elle dépasse à peine 2 millions de dollars ou iO millions de £r. La consommation intérieure absorbe donc de plus en plus la totalité de la production : cette consommaticm enylande et laitage est très-supérieure à tout ce que nous connaissons en Europe, même en Angleterre.

Un nouveau fait sert à démontrer que Vexportatimi ne peut pas prendre à Tavenir de grandes proportions : lebétafl s'aocrott

moins vite que la population humaine. La population monte de quatre pour cent par an et le bétail de deuœ pour cent seulement, fin France, c*estie mouTcment inyerse q[ui se foroduit; tout annonce que le bétail s'accroît d'tm potir emi par an, tandis que la population ne s'accroît que de six dixièmes. Si les choses marchaient toiyours du même pas, le rapport serait, au bout d'un siècle, à peu près le même dans les deux pays.

Je n'ai pas trouvé, dans les documents que j'ai sous les yeux, la répartition du bétail entre les différentes parties des États Unis ; mais j'ai recueilli dans quelques extraits de coirei^ndances annexés à la statistique de 1853, des renseignements

de détail qui peuvent, jusqu'à un certain point, suppléer à ce qui nous manque.

On sait que, pour se foire une idée juste de VUnion américaine, il faut la diviser en trois parties : les États les plus anciens, qui bordent la côte et qui présentent déjà des conditions de population assez analogues à celles de l'Europe ; les Etats de la vallée du Mississipi, qui sont encore l<Mn de contenir ime population pressée, mais qui ont fiiit d'âiormes progrès depuis le commencement du siècle, et les États nouveaux, qui ne sont encore que des déserts à peine abordés par la civilisation. Le tout forme, en étendue, l'équivalent de l'Europe entière.

Dans le Gonnecficut, qui appartient aux États de la côte, le prix d'une paire de bœufs de trois ans est de iOO à 450 dollars, ou de 500 à 750 fr. Une vache en lait coûte de 30 à 80 dollars.

OU de 150à400fr« A New-York« k prâ ordinaire dela^iande de bœuf est de 10 cents ou 50 ceatimes la livre anglaise ; il

est même monté dans ces derniers temps jusqu'à 16 cents ou 80 centimes. La livre de beurre se vend, dans la même ville, jusqu'à i fr. 50; le lait vaut 18 centsle gallon de 4 litres et demi, ou 20 centimes le litre.

Dans l'intérieur, les prix sont généralement moins élevés, mais partout ils étaient en hausse en 1853^ et ils n'ont probablement pas cessé de monter depuis. La viande s'7 vendait sur pied 40 centimes la livre anglaise ou un dollar le quintal. Dans certaines parties du Kentucky, nous la trouvons à 30 centimes ; mais dans rOrégon^ où elle semblerait devoir être conunune, elle monte jusqu'à un franc.

Ces prix expliquent parfaitement pourquoi l'exportation a si peu d'importance; si la viande et le lait sont plus abondants aux États-Unis qu'en France» ils sont en même temps plus demandés, ils commencent même à être au-dessous de la consommation, puisque leur prix s'élève» et dans tous les cas se maintient» à peu près au même niveau qu'en Europe.

Les moutons sont infiniment moins nombreux que le gros bétail ; on n'en compte en tout que 23 millions de têtes, c'està-dire les deux tiers seulement de ce qu'en possède la France» ce qui amène un déficit en viande et surtout en laine. La production totale de la laine est évaluée à 00 millions de livres anglaises, estimée en gros 35 cents ou \ fr. 75 cent, la livre; cette quantité ne suffit pas» on est obligé d'en importer.

Les porcs foirent la i^lus grande richesse animale ; on en abat annuellement de 15 à 20 millions de tètes, donnant en tout i,600 millions de kilog. de viande ; c'est deux fois la production des iles Britanniques et quatre fois celle de la France. Ces pcMTCS fourmillent surtout dans la vallée du Mississipi ; c*est grâce à cette industrie que les États de la vallée ont pu prendre si rapidement un grand essor; rOhio»qui n'était qu'un désert

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