‹ L'agricolture et la population en 1855 et 1856Chapitre 3 sur 40 · L'AGRICULTURE EÏ LA POPULATION · texte numérisé non relu

L'AGRICULTURE EÏ LA POPULATION

lës rages de bétail

juillet 185d.)

De toutes les parties de Texpo^tion universelle de celle qui a le plus complètement atteint son but était la phis neuve, celle des animaux reproducteurs. Sous des tentes très-bien disposées au Champ de Mars se rangeaient dans un ordre parlait 1,500 animaux, dont un tiers environ venus des pays étrangers. On n^avait encore vu nulle part^ même en Angleterre, un pareil assemblage. Les expositions anglaises^ si belles^ si complètes^ ne contiennent que des animaux anglais. Ici on a pu comparer entre elles les principales races nationales et étrangères, représentées par des échanl^Uons supérieurs. Les Anglais surtout avaient amené leurs ^lus beaux types, et le nom de leurs premiers éleveurs s^retenti dans la distribution des prix tout aussi bien qu'aux idemiers concours de Glocester ou de Lincoln. De notre c6té, c'est bien quelque chose que d avoir mis en

ligne ipOO têtes de cboix appartenant à nos variétés na*

« l'AGRICULTDRB et la HIPULATION.

tionales ; une telle réunion eût été impossible il y a quelques années.

Ce résultat est dt, il iaut le reconiiaitre, au système suivi avec persévérance par Tadministration de Fagriculture. J'aime assez peu en général l'intervention de Tautorité dans les matières industrielles et agricoles; mais il n'y a pas de règle sans exception, et quand rinitiative personnelle hii délaut^ il n'est pas mal que Taction publique la remplace. L'administration a commencé par la base : elle a institué d'abord des concours régionaux. La France a été partagée en huit régions; j'en aurais mieux aimé quinze ou seize, car les circonscriptions actuelles me paraissent trop étendues, mais ce n'est là qu'une question de détail (1 ) ; chaque région a tous les ans son concours spécial, qui se tient tantôt dans une ville, tantôt dans une autre, pour faciliter à tous les points du territoire Taccès de ces solennités champêtres; puis à Paris a lieu un concours général ; une somme sutûsante pour exciter l'émulation sans imposer une charge sérieuse aux contribuables, se distribue eu prix. Cette organisation a réussi.

Je ne dis pas que ce succès soit bien profond : il corn-* menée à peine, il n'a pas eu le temps de se gént laliser; tout est concentré encore dans un petit monde plus ou moins officiel, et l'effet réel sur la production nationale est jusqu'ici peu sensible. Il faut du temps pour tout, pour Tagriculture en particulier, <pii marche d'autant plas len-

(1) Depuis (\w coci a i)nrn, Ir ii(>mhre des légioii.s a été porté à ' dix, à partir de 1858 ; ce n'est pas encore asrscz ; dès qu'ute drconpcriplion comprend plus de cinq ou six départements, les dis:ances de- Yi'^nnent trop grandes» et les dilférences cuUuraies et éctnonliques i trop marquées. * !

tenient qu'elle a de plus grands intérêts à remuer. Chaque année on fait un pas; les vrais cultivateurs arrivent peu h peu^ le nombre des auiiiiaux exposés dans chaque région s'accroit^ leur qualité s'améliore, une discussion publique s'établit sur les meilleurs moyens de tirer du bétail le plus grand profit^ les idées pénètrent et s'infiltrent goutte à goutte. Le programme des concours se perfectionne luimême par Texpérience, une foule de questions s'y rattachent^'qui tiennent en éveil les hommes spéciaux. L^année dernière, on a admis les femelles qu'on avait exclues à tort auparavant; cette année^ on a introduit des catégories d'âge qui manquaient ; Tannée prochaine, ce sera probablement autre chose, car il y a encore beaucoup à dire ; le principe est bon, c'est l'essentiel.

L'année 4 855 marquera dans l'histoire de cette institution naissante. L'idée de l'exposition universelle était une innovation hardie ; si elle avait échoué, Favenir des concours, même nationaux, eût été compromis; heureusement c'est le contrahre qui est arrivé. On a osé faire payer à la porte pour entrer, et le public ncn est pas moins venu; 80,000 curieux en trois jours ont apporté leur petit tribut, bien que la chaleur fût excessive, et le théâtre de Texpo* sition très-éloigné du centre de Paris. Dans cette ville de spectacles, le concours d'animaux reproducteurs a été un s})ectacle de plus, accueilli et recherché par la foule. Il entre sans doute beaucoup de trivoUté dans cet empressement, il faut bien prendre le public français comme il est,* et le condwre à l'utile par l'amusement.

Essayons, quant à nous, de nous rendre compte des enseignements sérieux qu'apporte avec elle une exhibition de cette importance. Ce n'est pas une petite affaire que de

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