‹ L'agricolture et la population en 1855 et 1856Chapitre 7 sur 40 · L^AGRIGULTURB ET LA POPULATION · texte numérisé non relu

L^AGRIGULTURB ET LA POPULATION

transibnner avec le temps la plus grande partie en futaies qui n'auraient plus les mêmes dangers et qui vaudraient mille fois davantage. L'État seul peut se charger de ce soin. Quand même il serait nécessaire d'établir en Afrique une école forestière spéciale^ la chose en vaudrait la peine. L'Ëtat peut compter un jour par centaines de millions le revenu de ses bois- en ajoutant à ceux de France ceux d'Algérie, et il ne faut pas se lasser de le redire, ce n'est pas seulement pour ses produits que la culture forestière est nécessaire en Afrique, mais pour transformer le climat en défendant le sol contre les vents desséchants et les ardeurs dévorantes du soleil^ pour fournir des sources à l'irrigation et des abris aux céi tîdles, pour purifier l'air que respirent les animaux et les hommes^ en un mot pour rendre accessibles à là culture dimmenses espaces.

L'exemple de quelques parties de la Mitidja^ autrefois inhabitables^ aujourd'hui peuplées^ depuis qu'on A planté beaucoup, montre combien le boisement a de puissance pour vaincre les fléaux de cette rude nature.

Je ne sais où j'ai lu que la côte d'Afrique nfétait autres fois qu'une vaste forêt; elle a bien changé. Elle a eu le sort de bien d'autres pays riverains de la Méditerranée qui ont perdu leur verte parure. Tous cherchent plus ou moins à la reprendre. Le plus habile et le plus heureux sera celui qui ira le plus vite. On admire avec raison cet art magique qui, dans le brûlant Sahara, fait jaillir de terre des eaux abondantes; les Arabes s'épuisent en épi* ihèles poétiques pour exprimer leur reconnaissance et leur éf onnement à la vue de ces prodiges. Le boisement aura des effets moins prompts, mais non moins sArs. Sait-on pourquoi les hommes ont pu se multiplier si vile dans

LES PBODUITS 'FORBSTIBHS

lés déserts de l'Amérique? C'est qu'ils y ont trouvé

des forêts. Les arbres sont partout les premiers colons ; ce sont eux qui luttent avec le plus de vigueur et de succès contre la nature sauvage^ et qui préparent le mieux^ pour l'habitation de rhomme, l'air, l'eau et le sol. Ils peuvent plus tard disparaître^ du moins en partie, mais il n'y a que bien peu d'exemples d'un pays cultivé qui n'ait pas commencé par être boisé.

On avait cru résoudre la difficulté en imposant à chaque concessionnaire de terres Tohligation de planter un certain nombre d'arbres; cet expédient était illusoire, il doit disparaître avec tout le reste du système des concessions condamné par l expérience. Une propriété conditionnelle n'est pas une propriété. Chaque colon ne peut planter que dans la mesure de ses moyens; quand il plante par force, il plante mal, et ses plantations ne réussissent pas. Là, comme dans la mère-patrie, laissez agir l'intérêt privé comme il l'entend, et proclamez le boisement d'intérêt public.

Les autres colonies françaises ont envoyé quelques échantillons de leurs forets. L'ile Bourbon se distingue par un très4)6au bois d'ébénisterie nommé bois de natte: la Martinique, la Guadeloupe, Tlnde française, le Sénégal, possèdent de riches essences. Des résines, des gommes, des fibres textiles, des substances médicinales, des huiles de palme, des cocons de vers à soie sauvages, montrent qu'une active industrie y trouverait matière à se développer. Nos nouveaux établissements sur la côte occidentale d'Aù'ique, nptre belle possession de Taïti, commencent à donner signe de vie. Là aussi se présentent des produits neufs et curieux, qui ne demandent qu'à s'étendre. L'exem-

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