‹ L'agriculture aux États-UnisChapitre 14 sur 40 · N CO -*• (N · texte numérisé non relu

N CO -*• (N

ao lO art «O h- n-

!'r-«00*«44<«4t<-'MCOO<«^CO(MO;DOOOCïw"0*4*C9^^^.-?0

■ r-r'OOoooso<Nc«îfl»jcî?o«:r5m'«*«oc«î«*îr:»oaft-*ço:^«*

tÛ

w«*»<M5«oi'-ooo50"^<Meo««î'art«or— oooso«^<Nc^»*ioçDr^ooe»o^^c»iffo

<o;oto«oo';o5or^r~r~r~r"r~r^r~r"r^<îOooooooocooooaoooooo»oso>o» ooooaoooooaoooQOooooooooooocooooooooooaoooocooooooooaoaoooooco

Cependant les emblavements ne sont pas restés partout stationnaires. Pendant qu'ils décroissaient dans Test et dans le bassin de TOhio, ils ont continué à augmenter (excepté en 1893) dans la plupart des États de l'ouest (*).

Ce qui est en décroissance depuis dix ans, c'est la valeur dont je parlerai dans un autre chapitre. Elle était estimée (valeur à la ferme) 474 millions de dollars (2,441 millions de francs) en 1880 et 213 millions (1,097 millions de francs) en 1893. Cette décroissance a été presque continue, principalement de 1880 à 1887. S'il y a eu en 1891 un relèvement subit dans la valeur totale de la récolte, c'est un accident dû non à la hausse du prix, mais au fort rendement de la terre. D'autre part, la chute brusque de 332 millions de dollars en 1892 à 213 en 1893 paraît être en partie un fait accidentel (médiocre récolte) et en partie le résultat d'une cause permanente (abaissement des prix).

Ce n'est pas la terre qui manque. Il y a arrêt dans le développement; il n'y a pas épuisement du sol productif. Les calculs que certains publicistes ont faits pour fixer une limite à la production me paraissent peu fondés; ils peuvent être déjoués par le progrès de l'irrigation, des moyens de transport et par d'autres

(1) Nombre d'acres sur lesquelles a été faite une récolte de blé :

En 1880 En 1893

Wisconsin 1,753,130 651,405

Minnesota 3,060,380 3,197,363

Dakota (nord et sud) » 5,168,261

Nebraska 1,520,315 1,228,493

Missouri ; . . 2,206,204 1,609,217

Kansas 2,033,600 2,768,092

Dans riowa, il y aune diminution considérable : en 1880, 3 190,212 acres; en 1803, 587,000.

causes. Mon sentiment est que les cultivateurs s'appliqueront de plus en plus à varier leurs cultures, mais que, dans cette variété, il restera encore place aux Etats- Unis pour un développement de la culture du blé, moins rapide sans doute qu'il n'a été de 1867 à 1880, mais encore long en durée et ample en quantité, et que ce développement ne manquera pas de se produire si un jour les conditions du marché intérieur et de l'exportation lui deviennent favorables.

On cultive un grand nombre de variétés de blé d'hiver et de blé de printemps. Jusqu'en 1891, le premier occupait une superficie double de celle du second. Le contraire s'est produit en 1893 : on a cultivé deux fois plus de blé dur de printemps que de blé d'hiver.

Voici la comparaison en 1885, 1891 et 1892.

BLÉ d'BIVBR BlA-DB l'RINTRMPS

Millions Millions Rendement Millious Millions Rendement d'acres. de par acre, d'acres. de par acre.

boisseaux. boisseaux.

Le blé de printemps, qui rend généralement plus en Amérique que le blé d'hiver, domine presque exclusivement dans le Minnesota, Tlowa et généralement dans l'ouest et Textrême nord, à cause de la rigueur des hivers et de l'humidité du printemps. La limite méridionale de la zone où il domine peut être figurée par une ligne allant du Colorado au lac Ontario.

Ce blé, qui donnait une farine grise, parce qu'il était difficile par les anciens procédés de séparer complètement le son, a beaucoup gagné depuis 1880 dans

Testime des meuniers, depuis Temploi du système hongrois de mouture au cylindre qui produit une farine très blanche et en rend plus au boisseau (^). Le prix du blé de printemps a augmenté de 20 à 40 p. dOO en vingt ans; depuis 1887, il vaut à Chicago un peu plus que le blé d'hiver : de là le développement qu'a pris cette culture (*). Cette transformation a donné un avantage de plus aux nouveaux États du

nord-ouest sur les anciens Etats du centre (^).

Le blé d'hiver est cultivé surtout dans les États situés à l'est du Mississipi. Jusqu'à ces dernières années, la meunerie avait préféré le blé tendre au blé dur : il valait 5 à 10 cents de plus. Dans le sud, on cultive le blé dur en concurrence avec le blé tendre.

Sur les S16 millions de boisseaux récoltés en 1892, 12 États en ont produit 419, fournissant chacun plus de 10 millions de boisseaux. Situés presque tous dans le bassin moyen et supérieur du Mississipi, ils forment un groupe compact dans la plaine centrale, comprenant le Kansas (71 millions de boisseaux en 1892 et 23 seulement en 1893 : diminution énorme) (^) qui tenait cette année le premier rang, le Nebraska (15 millions) (^), les deux

(i) Très souvent aujourd'hui on mélange les deux blés pour faire de la farine.

(2) Voir Third àiennial Report of Ihe Bureau of Stalistics ofLabor of Minnesota^ p. 179 et suiv.

(3) Le blé dur du Dakota» « red fife », fait prime à New York.

(4) Comtés qui ont produit le plus de froment en 1880 [d'après le Cen- 8us) : Brown, Dikinson, Doniphan, Jefferson, Me Pherson, Saline, Sedgwick. La récolte du Kansas est sujette à des variations considérables, 71 millions est de beaucoup la plus forte récolte que cet Etat ait eue; elle est encadrée entre celle de 1891 qui a donné 54 millions et celle de 1893 qui en a donné 23; la récolte de 1887 n'avait été que de 7,6 millions.

(5) Comtés : Adams, Butler, Clay, Dodge, Fillmore, Hamilton, Saline, Scward, Sherman, York.

92 É. LEVASSEGR.

Dakota (66 millions en 1892 et 47 en 1893) ('), le Minnesota (*) (41 millions en 1892 et 30 en 1893) ('), le Missouri (') (25 millions en 1892 et 1 S en 1893), llllinois (') (28 millions en 1892 et 15 en 1893), l'Indiana (^) (40 millions en 1892 et 35 en 1893), le Michigan f) (24 millions en 1892 et 26 un 1893), TOliio (') (38 millions en 1892 et en 1893), le Kentucky (') (11 millions en 1892 et 10 en 1893), la Pennsylvanie ('*) (19 millions en 1892 et 18 en 1893). On peut rattacher à ce groupe deux petits Etats voisins de la Pennsylvanie, Maryland et Delaware. La plupart de ces Etats consacrent 6 à 12 p. 400 de leur territoire à la culture du froment. Llowa, qui a donné jusqu'à 32 millions d/2 de boisseaux (en 1886) a tout à coup réduit en 1892 des deux tiers sa superficie cultivée en blé et n'a récolté que 6 millions 1/2 de boisseaux en 1893. Que de déceptions et de gênes de pareilles variations ne font-elles pas soupçonner !

(1) Comtes (en 1890) : Barnes, Cass, Dickey, Grand Forks, Pembina, Richland, Sargent, Traill, Walsh.

(2) Comtés (en 1891) : Brown, Douglas, Kandiyohi, Lac qui Parle, Marshall, Meeker, NicoUet, Norman, Otter Tail, Ren ville, Sibley, Stearns, Yellow Medicine.

(3) Le rendement avait été de 13 boisseaux par acre d'après le Consus de 1880 ; il était de 14 boisseaux d'après celui de 1890.

(4) Comtes : Franklin, Greene, Johnson, La Fayette, Pike, Polk, Saint-Charles, Saint-Louis, Saline.

(5) Comtés : Adams, Christian, Clinton, Greene, Macoupin, Madison, Montgomery, Monroe, Pike, Randolph, Saint Clair, Sangamon, Washington.

(6) Comtés : Allen, CaroU, Elkhart, Fountain, Gibson, Knox, La Porte, Montgomery, Posey, Rush, Saint-Joseph, Shelby, ïippecanoe.

(7) Comtés : AUegan, Barry, Calhoun, Clinton, Hillsdalc, lona, Jackson. Kalamazoo, Kent. Lenawec, Oakland, Saint- Joseph,Washtenaw.

(8) Comtés : Champaign, Darke, Greene, Hancock, Miami, Montgomery, Pickaway, Sandusky, Seneca, Stark, Wayne.

(9) Comtés : Bourbon, Christian, Fayette, Hardin, Logan, Meason, Scott, Woodfort.

(10) Comtés : Berks, Chester, Cumberland, Franklin, Lancnster, Washington, Westmoreland, York.

La Californie {') (39 millions en 1892 et 35 en 1893) forme à elle seule un groupe important.

La moyenne générale du rendement a été, pendant la période 18801893, de 12,4 boisseaux par acre, (11,28 hectol. par hectare) ('). En France la moyenne a été 18, 10 hectolitres par hectare, pour la période 1880- 1889) (»).

Le rendement est considérable dans les terres irriguées, et dans certaines vallées de la région de la Cordillère où s'est accumulé depuis des siècles un humus profond que les pluies n'ont pas dilué; il s'élève jusqu'à 17,8boisseaux(16,l hectolitres par hectare) dansTUtah, le Nevada, le Montana, jusqu'à 18 dans le Wyoming et même 49(17,2 hectolitres) dans le Colorado. Mais ces États ne produisent en somme qu'une petite quantité de blé, parce que la plus grande partie de leur territoire est inculte. En général, le rendement moyen par acre semble avoir une tendance à diminuer dans les nouvelles fermes de l'ouest à mesure que la surface cultivée s'étend et que les mauvaises herbes se multiplient.

Au contraire, dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre où presque tout le sol est approprié et où la culture

(1) Comtés : Butte, Colusa, Contra Costa, San Joaquia, Solano, Stanislaus, Sutter, Tehama, Yolo.

(2) La moyenne calculée sur la totalité des récoltes des États-Unis pendant les années 1889-1893 est de 11,56 hectol. par hectare, la statistique américaine donne une autre moyenne un peu plus forte calculée sur les rapports des correspondants du Département de TÂgriculture; cette moyenne, qui comprend les deux très bonnes récoltes- de 1892 et surtout de 1893, est supérieure à la moyenne des yingt années 1870-1889 qui a été de 11,01 hectolitres.

Pour la France la moyenne quinquennale de 15,20 hectolitres comprend la mauvaise récolte de 1891 et la récolte médiocre de 1892.

(3) M. Dodge {Album of Affric, Stat.y p. 7) fait remarquer que, quoique le climat du sud ne soit pas favorable à la production du blé, on peut en certains endroits obtenir une récolte supérieure à la moyenne générale des États-Unis.

94 É. LEVASSEIÎR.

est le plus avancée^ le rendemeut ne dépasse guère 16 boisseaux (14,5 hectolitres), parce que la terre est généralement de médiocre qualité (*). Cependant le rendement tend à y augmenter à mesure que Tagriculture se perfectionne; on trouve dans le Maine des fermes qui rendent àO à 40 boisseaux par acre (27 à 36 hectolitres par hectare) el dans le New York des fermes qui rendent 32 et quelquefois plus (*).

Le rendement descend â 8 (6,4 hectolitres) et même à 6 (South Carolina) dans le sud qui est, sous presque tous les rapports, à l'état d'infériorité. Néanmoins, quoique le climat n'y s,oit pas favorable à la production du blé, on pourrait, en certains endroits, obtenir un rendement supérieur à la moyenne générale des États-» Unis.

Dans l'échelle du rapport de la quantité produite au nombre d'habitants, le premier rang appartient aux deux Dakota, qui ne sont jusqu'à présent qu'une grande fabrique de blé bien outillée en machines où l'on épargne le travail de l'homme. En général les régions de l'ouest et du nord-ouest récoltent par tôte d'habitant beaucoup plus de blé que celles de l'Atlantique.

« Le rendement, dit M. Dodge dans son rapport pour l'année 1892 (^), pourrait facilement augmenter do

(i) D'après l'enquôtc décennale de 1882, le rendement moyen en blé était de 15,92 hectolitres pour la France entière. La récolte ayant été très bonne (129 millions d'hectolitres), ce rendement est un peu supérieur à la moyenne ordinaire de la période 1880-1890. Cette moyenne varie beaucoup suivant les départements. Ceux où elle était le plus forte sont : Seine 27,29, Nord 24,25, Eure-et-Loir 20,10, Oise 20,80, Seine-et-Marne 21,80, Seine-et-Oise 23,60. Ceux où elle était le plus faible sont : Corse 9,17, Charente U, 70, Basses-Alpes 12,36, Alpes- Maritimes 12,07, Charente-Inférieure 12,77, Lot 12,13.

(2) On trouve aussi dans l'IUinois, le Minnesota, etc., quelques fermes rendant 20 à 30 boisseaux par acre.

(3) M. Dodgc {Report ofthe Statistician for 1892, p. 417) fait remarquer

moitié; mais il est juste de dire qu'il n'augmentera pas tant qu'il y aura des terres vierges qu'on égratignera par une espèce de labour improprement nommé culture. La superficie emblavée aujourd'hui, si la culture était rationnelle et habile, suffirait à une population deux fois plus nombreuse. »

La valeur de la récolte par acre ne correspond pas nécessairement à la quantité récoltée, parce qu'il faut tenir compte de la distance moyenne que cette récolte doit parcourir pour arriver jusqu'au consommateur. C'est ainsi qu'un boisseau vaut plus dans une ferme du New York, près du plus grand centre de consommation et d'exportation, qu'à Minneapolis, dans une contrée qui produit plus qu'elle ne consomme et qui est très éloignée de l'Atlantique. Dans le Colorado, où la population, surtout la population urbaine, a crû plus vite que la production et où les terres à blé ont un fort rendement, l'acre rapportait $16,22 (soit 83 fr. 53), moyenne de 1880-89. Mais en général il ne donnait guère que$ 10 (51 fr. 50) dans la région située entré le Missouri ou le lac Supérieur et les Montagnes Rocheuses et même moins, $9,23 (47 fr. 50) dans le Missouri, $ 7, 52 (38 fr. 75) dans les deux Dakota, région où le rendementmoyenpar acre est médiocre, et dont le blé doit être exporté très loin. Il donnait davantage dans la région située entre le Mississipi, les Grands Lacs et rOhio où le rendement est plus fort et la population plus dense. Il donnait très peu dans le sud ($6,42, soit

que 50,000 fermiers ont fourni des renseignemeols sur le rendement en récoltes en 1892, mais que le plus grand nombre les a fournis seulement pour le mais. Pour le blé, les renseignements ont porté sur 23 millions de boisseaux et 1 million 1/2 d'acres ; d'où le rendement moyen serait 15,7 boisseaux à Tacrc, chiffre supérieur à la moyenne réelle, parce que ce sont en général les meilleurs fermiers qui répondent.

33 fr. 06 dans la North Carolina), parce que le rendement est très faible et que la population pauvre con somme peu de froment. C'est dans le nord-est que le rendement eu argent est le plus élevé, parce que la culture y est plus intensive, la population plus dense et plus riche et aussi parce que la région possède les ports d'exportation : c'est ainsi que la valeur de la récolte de blé par acre atteignait #20,74 (106 fr. 80) dans le Massachusetts. A mesure que la population augmentera, que la culture se perfectionnera, que les transports deviendrofciit plus économiques, on verra s'atténuer la différence qûh< est au moins du simple au double entre le prix à la ferme oi-ijm-l^ nord-est et dans le centre.

Avoine. — La culture de T^yoine a fait de très rapides progrès. Depuis 1883, elle "w^^même dépassé de beaucoup le blé; la récolte, qui était d5>^78 millions de boisseaux (100,914,000 hectol.) en 1867^1^st élevée jusqu'à 751 (272,613,000 hectol.) en 1889, etStoit de 638 en 1893 (*). L avoine blanche du Canada est iXdIus cultivée dans le nord.

La superficie cultivée en avoine a doublé en moSf^

(1) Voici la superficie cultivée et la récolte en avoine depuis rétablissement de la statistique annuelle du Département de l'Agriculture :

Page 1