‹ L'agriculture aux États-UnisChapitre 16 sur 40 · QUE LES CÉRÉALES · texte numérisé non relu

QUE LES CÉRÉALES

Les autres produits herbacés les plus importants des terres de labour sont la pomme de terre, le tabac, le lin et le coton.

Pomme de terre. — Lti pomme de terre joue un rôle important dans l'alimentation du peuple américain qui a conservé à cet égard les habitudes de l'Anglais et de rirlandais. Le climat d'ailleurs dans le nord est favorable à la culture de la pomme de terre proprement dite désignée sous le nom de « irish Potato » et dans le sud à la patate, « sweet Potato ». Les variétés sont en général bonnes et la culture est bien conduite.

La pomme de terre est cultivée dans le New York (*) et la Pennsylvanie (*) plus que partout ailleurs; elle l'est aussi dans la Nouvelle- Angle terre, TOhio ('), le Michigau (*), riUinois 0, le Wisconsin («), l'Iowa C), Tin-

(1 ) Comtés qui produisaient le plus de pommes de terre en 1880 (d'après le Census) : Clinton, Erie, Franklin, Genesee, Monroo, Oneida, Gnondaga, Ontario, Queens, Rcnsselaer, Saratoga, Saint- Lawrence, Stenben, Washington.

(2) Comtés : Âlleghcny, Bradford, Bucks, Erie, Luzerne, Montgomery, Schuykill, Susquehanna.

(3) Comtés : Clermont, Cuyahoga, Hamilton, Portage, Stark, Warren, Wayne.

(4) Comtes : AUegan, Branch, Calhoun, Eaton, Genesee, Jackson, Kent, Lenawee, Macomb, Oakland, Ottawa, Savignaw, Saint-Clair, Saint- Joseph, Wayne.

(5) Comtés : Champaign, Cook, Bu Page, La Salle, Lee, Mac Lean, Madison, Ogle, Pope, Rock Island, Saint>Clair, Stephenson, Will.

(6) Comtés : Dane, Dodge, Fond du Lac, Grant, Milwaukee, Outagamie. Portage, Rock, Sauk, Waukesha, Waupaca.

(7) Comtés : Clayton, Dubuque. Jasper, Johnson, Linn,Marion, Muscatine, Scott, Winneshiek.

diana (^). Les terres neuves de la région de la Cordillère donnent aujourd'hui les plus fortes récoltes : plus de 100 boisseaux d'après la moyenne de 1880-89, par acre (90 hectol. par hectare) dans rOrégon(*), l'Idaho (^), le Montana, (*), le Washington (^). Le rendement moyen est de 76 boisseaux par acre (68 hectolitres par hectare). La récolte totale, qui était de 97 millions de boisseaux (35 millions d'hectolitres) en 1867, s'est élevée graduellement à 202 (73 millions d'hectolitres) en 1888 : c'est, après la récolte de 1883 (208 millions), une des plus fortes qu'on connaisse aux Etats-Unis. La récolte de 1893 a été de 183 millions de boisseaux (66 millions d'hectolitres), dont 25 millions (9 millions d'hectol.) pour l'Etat de New York qui occupe le premier rang, 15 pour la Pennsylvanie, 14,6 pour le Michigan, 12 pour le Wisconsin. La superficie cultivée était en 1893 de 2,605,000 acres (1,055,000 hectares) et la valeur de la récolte de 108 millions 1/2 de dollars (soit 559 millions de francs).

La patate, dont la culture est à peu près stationnaire, 38 millions de boisseaux (soit 13,5 millions d'hectolitres) en 1850,33, en 1880, 55 millions (soit 19 millions d'hectolitres en 1888), est cultivée surtout dans la Caroline du Nord, la Géorgie, le Mississippi et l'Alabama.

Tabac, — Le tabac a été cultivé en Virginie dès le commencement du xv!!** siècle. 11 y devint promptement

(1] Comtés : Allen, Boone, Elkhart, Hamilton, Hendrlcks. Lake, La Popte, Marion, Porter, Saint-Joseph, Spencer, Switzerland, Tippecanoe, Vanderburgh, Vigo.

(2) Comtés : Ciackamas, Marion, Multnomah, Washington.

(3) Comtés : Ada, Boisé, Nez Percé, Oneida.

(4) Comtés : Deer Lodge, Lewis, Madison, Missoula.

(5) Comtes : Clarke, Island, King, Lewis, San Juan, Whatcom.

la seule préoccupation des colons qui avaient rencontré un sol et un climat propices à cette plante et à qui la mère patrie fournissait un débouché commercial. Les terres situées près de la côte, sur le bord des cours d'eau, furent les premières utilisées à cet effet; puis les défrichements se portèrent plus loin dans Tintérieur à mesure qu'une suite ininterrompue de récoltes eurent épuisé le sol. Le tabac était si bien la principale richesse du pays que pendant longtemps il y servit de monnaie. Le tabac de la Virginie était apprécié en Europe surtout par les priseurs, celui du Maryland par les fumeurs. Au commencement du xvni® siècle, Savary écrivait : « Le tabac de Virginie est estimé un des meilleurs de l'Amérique, et c'est aussi la culture de cette plante qui fait la principale occupation des habitants et un des plus considérables commerces du pays. »

Quand^ les régions situées au delà des montagnes commencèrent à se peupler, les colons y apportèrent la culture du tabac qui prospéra dans le Kentucky et sur les bords de l'Ohio. La production a augmenté avec le progrès de la consommation européenne ('). Elle était, d'après le Census de 1850, de 200 millions de livres (90,6 millions de kilos) et, d'après celui de 1860, do 434 millions. La guerre de la rébellion la fit tomber à 263 millions en 1872; elle s'est relevée et a atteint, en 1888, 566 millions de livres {') et en 1893, 483 millions (219 millions de kilos).

(1) Vers 1834, l'exportation était de 100,000 boucauts, soit environ 40 millions de kilos, auxquels il faut ajouter 6 millions de kilos de tabac préparé, le tout yalant une cinquantaine de millions de francs.

(2) Ces 566 millions de livres (256 millions de kilos) ont été récoltées sur une superficie de 747,000 acres et avaient une valeur de 43 millions 1/2 de dollars (soit 222 millions de francs).

i04 É. LËVASSEL'R.

Le tabac est une culture dont le produit brut est très élevé : 29 à 44 dollars par acre (*) (373 fr. 40 à 866 francs par hectare). Dans les États du nord et principalement dans la vallée du Connecticut (^) on cultive un tabac dit « seed Leaf », très estimé pour la fabrication des cigares. Depuis 1870 le « white Burley » est très renommé aussi. Les trois principales espèces sont le Kenlucky, tabac gras à grand feuillage, le Virginie, très aromatique, et le Maryland, odorant et léger. Le tabac du nord a, sauf quelques exceptions, plus de valeur que celui du sud.

Huit États : Kentucky (217 millions de livres valant 16 millions 1/2 de dollars en 1893), qui fournit à lui seul plus de la moitié de la récolte des États-Unis ('), Virginie (*) (68 millions 1/2 de livres), Tennessee (31 millions) Caroline du Nord, (45 millions), Wisconsin (22 millions), Ohio (18 millions, mauvaise récolte, celle de 1888 ayant été de 35 millions), Maryland (10 millions), Pennsylvanie (28 millions), Missouri (9 millions), Connecticut (10 millions), produisent plus des neuf dixièmes du tabac des États-Unis.

Lin. — La culture du lin a fait de notables progrès (s). En 1866, celte culture occupait 50,000 acres; en 1889,

[{) C'est dans le Maryland que le rendement est de 44 dollars. Dans la Caroline du Nord, le produit des largos feuilles pour enveloppe de cigares s'élève à 51 dollars par acre. Certains tabacs à chiquer de l'Ohio rendent 66 dollars par acre.

(2) Comté de Harljord, etc.

(3) On cultive le tabac au Kentucky, surtout dans les comtés de Dracken, Christian, Daviess, Graves, Henderson, Logan, Mason, Hopkins, Owen, Toded,Trigg.

(4) Comtés de Pillsylvana, Halifax, Bedfort, etc.

(5) It is a capital crop for new land, flourishing luxuriantly on thc rank soil and breaking it for cereal grains, lit-on dans la notice du Minnesota à l'Exposition de Chicago [Minnesola, A Br^ief sketch ofits histoi^yf resources and advantageSf p. 55),

1,060,000 ('). La plante est cultivée pour sa graine beaucoup plus que pour sa filasse ; cependant des manufacturiers se préoccupent de Tutilisation de cette dernière matière qui aujourd'hui est généralement brûlée. C est une culture très prisée dans les nouveaux défrichementSy d'abord parce qu'elle rapporte et ensuite parce qu'elle prépare bien une terre vierge pour d'autres cultures. Aussi est-ce dans l'ouest qu'elle est le plus pratiquée. Lors du Gensus de 1880, 68 p. 100 de la récolte totale du lin provenait des États situés à Test du Mississipi. Aujourd'hui ces Etats ne fournissent pas le centième de la récolte. En 1892 la récolte qui était de 1 1 millions de boisseaux (4 millions d'hectolitres) appartenait pour les neuf dixièmes au moins au Minnesota, au South Dakota^ à l'Iowa, au Kansas et au Nebraska. Coton. — La culture du coton a une importance con-

sidérable aux Etats-Unis. Le cotonnier est une plante délicate qui craint le froid et les vents du nord et qui exige une terre fertile. Les principales espèces sont le cotonnier arborescent qui donne principalement les Jongues-soies et le cotonnier herbacé qui donne les courtes-soies et qui, beaucoup plus cultivé que l'autre, entre dans la rotation des bonnes terres de labour ('). Le premier ne supporte pas les hivers rigoureux ; le second, dont la végétation dure à peu près sept mois, a besoin d'un été très chaud. On plante le coton à la fin de février en Géorgie, au milieu de mars dans la Caroline du Sud, au milieu d'avril dans le Mississippi, de

(1) La superficie avait même été de 1,284,000 acres ea 1887, rendant 10 millions 1/2 de boisseaux, d'une valeur de 9 millions 1/2 de dollars.

(2) Le cotonnier herbacé a une hauteur moyenne de 1 mètre. Lorsque j*ai traversé d'Atlanta à Richmond les États du sud, en suivant la région boisée du Piedmont, les cotonniers que j'ai vus dans les clairières de la forêt paraissaient s'éiever à peine à 60 centimètres au-dessus du sol.

manière, autant que possible, à éviter les gelées et les inondations. A Tépoque de la maturité, c'est-à-dire au mois de juillet, la récolte commence ; elle continue durant plusieurs mois, à mesure que les capsules entr'ouvertes laissent échapper leurs flocons de duvet. Hommes, femmes et enfants sont alors employés à cueillir les touffes, la séparation de la laine et de la graine se fait à la machine. La graine sert à fabriquer une huile à brûler, légèrement fumeuse.

Le coton poussait spontanément dans le sud des Etats- Unis. Cependant, malgré les efforts faits par quelques gouverneurs pour attirer de ce côté l'attention des planteurs exclusivement occupés du tabac, la culture ne se développait pas parce que TAugleterre consommait encore très peu de coton et que les colons n'avaient pas le droit de fabriquer leurs propres étoffes. On n'en récoltait guère qu'en Louisiaae et en Géorgie où le coton longue-soie a été importé seulement en 1786, après la guerre de llndépendance. En 1770, 7 balles et 3 barils de coton furent expédiés par la colonie à la métropole et, après la paix, en 1784, 8 balles arrivèrent sur le marché de Liverpool. La marchandise fut alors saisie pour cause de fausse déclaration, parce que, disait la douane, « une si grande quantité de coton [ne pouvait pas avoir été récoltée aux États-Unis ». Quatre ans après, l'importation en Angleterre était déjà de 309 balles, et en 1806, les États-Unis, outre leur consommation, produisaient assez pour exporter 100,000 balles. Ce progrès était dû en partie à la nécessité où s'étaient trouvés les Américains de se suffire à eux-mêmes pour leur consommation de tissus (*).

(1) «Dans ces derniers temps, nous nous sommes Uyrés dans rintërieur

Après rinvention de la machine à égrener, par Éli Whîtney, et le rétablissement de la paix en Europe, Taccroissement fut très rapide : Texportation décupla en trente ans. Laproduction avait été évaluée à 400,000 balles environ en 1821, et s'était élevée par une progression régulière à 5,198,000 en 1860 (*). La guerre de la rébellion et l'abolition de Tesclavagela paralysèrent; on ne trouva que 2,200,000 balles en 1866, lorsque la statistique de la récolte fut de nouveau dressée et ce n'est que vers 1878 que cette récolte est parvenue à remonter au niveau de 1860. Elle Ta beaucoup dépassé aujourd'hui. Elle a été en 1892 de 9,035,000 balles, soit (la balle étant comptée à raison de 476 livres ou 215 kilogrammes), 1,948 millions de kilogrammes ('). La récolte de 1893, à cause de la réduction des surfaces cultivées et des dommages causés par les insectes, n'a été que de 6,717,000 balles; c'est la plus faible que les États-Unis aient eue depuis 1887.

Malgré l'augmentation, cette culture ne satisfait pas les fermiers découragés par les bas prix ('); c'est pourquoi il y a eu diminution dans la surface cultivée en 1892 (*).

de nos famines à la fabrication des articles les plus nécessaires pour nous couyrir le corps et pour nous habiller ; ceux du coton peuvent en« trer en comparaison avec les tissus du même genre provenant des fabrications européennes. » (Jbpferson, Notes sur la Virginie^ 1781.)

(1) Le prix avait constamment baissé de 1835 à 1845 et s*était relevé un peu de 1845 à 1860.

f2) Le coton Sea-Islands^ qui n'est pas compris dans les statistiques de la production, a donné, en 1882, 37,800 balles (344 livres par balle).

(3) La livre de « Middling cotton » à New York a varié, en moyenne annuelle de 10,03 cents à 11,07 de 1887 à 1890; elle est tombée à 8,60 en 1891 et à 7,71 en 1892.

(4) Slatistical Abslract 1892, p. 209. En 1892, c'est sous l'influence des bas prix et des conseils du Département de l'Agriculture, que la superficie cultivée en coton a diminué [Report of the Statisticiariy 1892, p. 413).

Vers 1830, la Louisiane tenait le premier rang, fournissant à elle seule près du tiers de la récolle totale. En 1860, le Mississippi (') était au premier rang, la Louisiane (*), la Géorgie (') et TAlabama (*) au second. En 1890, la récolte totale étant de 7,452,000 balles, c'étaient le Texas (•) (1,500,000 balles), la Géorgie (1,191,000 balles), le Mississippi (1,184,000 balles) qui tenaient le premier rang; puis venaient TAlabama, la Louisiane, la Caroline du Sud.

Le 37*" parallèle est à peu près la limite septentrionale de la culture du coton. La Louisiane, TArkansas (^), avec ses « lowlands » sur les bords de TArkansas et de la rivière Rouge, et quelques cantons du Missouri (') sont les parties où le rendement est le plus fort : 230 livres par acre. Les côtes basses des Caroline (®) cultivées en « Sea Islands )> procurent un revenu supérieur.

Le tableau suivant fait connaître par période décennale (et même quinquennale pendant la guerre de sécession) la production et la consommation du coton.

(1 ) Comtés qui ont produit le plus de coton en 1880 (d'après le Ccnsus) Bolivar, Hinds, Holmes, Washington, Yazoo.

(2) Comtes : Concordia, Carroll, Tensas.

(3) Comtés : Burkc, Coweta, Houston, Meriwether, Troup, Washington.

(4) Comtés : Barbour, Dallas, Lowndes, Montgomery, Wilcox.

(5) Comtés : Collin, Dallas, Fanin, Fayette, Lamar, Washington.

(6) Comtés : Chicot, Jefferson, Lee, Phillips, Pulaski.

(7) Comtés : Dunklin, Pemiscot, Stoddart.

(8) Comtés : Edgecombe, Halifax, Mccklenburg, Wake, Abbeville, Barnwell, Edgefield Fairfield, Laurens, Newberry, Orangeburgh, Spartanburgh, York.

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