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Houblon. — La culture du houblon a augmenté avec la consommation de la bière, boisson que Timmigration allemande a contribué à populariser. On en récoltait 3 millions et demi de livres en 1849, 2S millions et demi en 1859, 39 (17 millions de kilos) en 1890 («). L'État de New York est le grand producteur de houblon (*) : la moitié de la récolte lui appartient. La région du Pacifique, Californie, Orégon et Washington, vient ensuite ; puis le Wisconsin et le Michigan.
Sucre. — Les États-Unis sont au nombre des Étals producteurs de sucre.
L'érable croit en abondance dans les forêts du nordest et du centre; on en extrait du sucre par des incisions pratiquées au mois de mars sur le tronc de l'arbre à 1 mètre environ du sol ; on arrête l'opération quand l'arbre bourgeonne. On obtient par évaporation du sirop de sucre, du sucre en pain ou du sucre granulé; c'est généralement le sirop qu'on consomme. La Nouvelle-Angleterre (surtout le Vermont), le New York, la Pennsylvanie, Tlndiana, TOhio (757,000 hectolitres en 1893), le Michigan pratiquent cette industrie qui fournissait en 1880 plus de 20,000 tonnes de sirop, et, en 1893, 3 millions de livres de sucre.
La canne à sucre est cultivée sur toute la côte du golfe du Mexique, surtout en Louisiane dans le delta du Mississipi qui fournissait à lui seul plus des deux tiers de la récolte en 1880 et qui fournit aujourd'hui les 9/10 environ. La production était tombée après la
(1) La superficie était de 49.000 acres; la valeur de la récolte de 11 millions do dollars. Les États-Unis exportent en général plus de houblon qu'ils n'en importent.
(2) Surtout dans les comtés d'Erie, de Madison, d'Oneida, d'Oswogo et de Schobarie.
guerre de la rébellion à 95 millions de livres de sucre et 6 millions de gallons de mélasse (en 1868-69) ; elle a été de 360 millions de livres et de 16 millions 1/2 de gallons en 1891-92 ('). La Géorgie produit aussi un peu de sucre.
Il y a une quinzaine d'années on s^était enthousiasmé en Amérique du sucre de sorgho. Les essais ont très médiocrement réussi et on a presque renoncé à cette culture qui n'a produit, en 1893, que 1 million de livres.
Le Kansas est un des Etats qui cultivaient le plus le sorgho sucré noir.
Mais on s'est tourné vers le sucre de betterave, qui a donné de meilleurs résultats et qui commence à entrer dans la période industrielle; de grandes fabriques se sont installées et la culture a pris en deux ou trois ans un soudain et rapide développement, surtout dans la Californie qui possède trois fabriques importantes. Cependant la cherté de la main-d'œuvre apporte jusqu'ici un très sérieux obstacle à ce développement. La production du sucre de betterave était de 5,400 tonnes en 1891; elle a monté en 1893 à 13,000, soit environ 27 millions de livres (13 millions de kilos), dont 21,8 en Californie.
La production totale des États-Unis^ qui était en 1840 de 65,000 tonnes, toute en sucre de canne provenant presque entièrement de la Louisiane, s*cst élevée à 230,000 tonnes ou 481 millions de livres en 1893, à savoir : sucre de canne, 450 millions de livres; sucre de betterave, 37 millions; sucre de sorgho, environ 1 million; sucre d'érable, 3 millions (').
(1) Statistical AàslracL, 1892, p. 221.
(2) Voir The World Almanac and Encyclopœdia, 1894, p. 195.
Cette production (que le gouvernement protège par une prime) (^) ne suffit pas aux États-Unis qui ont fabriqué en outre «^0,000 tonnes de sucre avec des mélasses importées et qui ont importé 1,593,000 tonnes de sucre, c'est-à-dire pour une valeur de 100 millions de dollars. L'importation forme doncles huit neuvièmes de la consommation totale qui est de 1 ,813,000 tonnes. En 1892, pour la première fois, l'entrée en franchise qui résulte de traités signés en 1877 avec certaines puissances étrangères a constitué presque la totalité de cette importation (*).
La consommation du sucre par tète augmente rapidement aux Etats-Unis : 43 livres en 1880; 62 (28 kilos) en 1892. Il est vraisemblable que cette consommation augmentera encore et que la production indigène, particulièrement celle du sucre de betterave, prendra d'amples développements.
Légumes et flétans, — Au nombre des produits secondaires de la ferme sont les choux, les betteraves, le céleri, les pois, fèves et haricots, surtout les flageolets, les melons, surtout les melons d'eau dont on mange des quantités considérables en été, les tomates, les concombres et le céleri qui se trouvent sur toutes les tables, les carottes rouges et blanches, les laitues, la rhubarbe, le maïs (sweet corn) pour la table, les asperges, les épinards et autres légumes qui fournissent des ressources très variées et très importantes à l'alimentation. Il y avait à l'Exposition de Chicago une abondance énorme de légumes, dont beaucoup étaient de très belle appa-
(1) La prime est do 2 cents par livre de sucre produite aux États-Unis. Eu 1892, les primes so sont élevées à la somme de 7,342,000 dollars, dont 6,9 millions pour la Louisiane (sucre de canne}.
(2) Voir Slatistical Abstract., 1892, p. 207.
rence ; on citait un établissement des environs de New York qui envoyait régulièrement trois wagons de céleri à la ville pendant presque toute Tannée.
Les légumes sont cultivés partout, mais principale* ment dans la région du nord-est, New York, Pennsylvanie, New Jersey, Nouvelle-Angleterre, surtout dans le voisinage des villes où la population est dense et la consommation forte. La culture de certains légumes, comme le melon d'eau, est presque exclusivement pratiquée dans le sud ; la Floride en approvisionne les marchés du nord.
Cette industrie est exercée soit par des maraîchers, « Market gardening » , soit par des fermiers , « Truck farming ». Les premiers s'établissent en général près des villes; ils produisent à force de fumier et d'eau, soit en pleine terre, soit sous châssis, des primeurs et des légumes de choix et, comme les maraîchers de la banlieue des grandes villes de France, ils apportent à peu près chaque jour leurs denrées au marché ou les expédient en détail. Les seconds cultivent en grand sur de vastes espaces certains végétaux et les vendent en gros à des marchands ou les confient à des commissionnaires; ils s'adonnent en général à quelques spécialités de légumes ou de fruits et recherchent moins la proximité d'une ville que les convenances de sol et de climat.
L'une et l'autre industrie ont fait de grands progrès depuis vingt ans. Le « Truck farming » existait à peine il y a un demi-siècle; en 1889, il utilisait S34,440 acres (216,400 hectares) et produisait une valeur de 76 millions et demi de dollars (393,900,000 fr.) dont le quart environ appartenait à trois États (New York, Pennsylvanie et
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New Jersey) (*). Toutefois les gourmets qui viveat tantôt en France et tantôt en Amérique estiment que la plupart des légumes frais, petits pois^ asperges, n'ont pas à New York la finesse qui les distingue d'ordinaire à Paris dans leur saison.
Dans la Virginie, le comté de Norfolk, situé au bord de la mer, à Fembouchure du « James river », doit à la douceur et à l'humidité de 3on climat d'être une contrée privilégiée pour le « Truck farming ». Avant la guerre de la rébellion, quatre petits voiliers faisaient irrégulièrement le service de Norfolk à New York et à Baltimore, et, les moyens de transport manquant, les fermiers profitaient peu des avantages de la nature. Aujourd'hui que de grands bateaux à vapeur vont régulièrement à New York (en 21 heures), à Boston (en iO heures), à Providence, à Philadelphie (en 18 heures), à Baltimore (ea 12 heures), à Washington (en 12 heures) et que les chemins de fer ont organisé des trains rapides (12 heures pour New York, 24 pour Boston, 47 pour Washington, 34 pour Chicago), les débouchés ont stimulé la production. Le commerce des légumes et des fruits s'élevait déjà à^ 1,781,000 dollars (9,000,000 de francs) en 1879; il a atteint 4,541,000 dollars (23,386,000 francs) en 1890. Les fermes sont en général divisées en sections de 80 à 100 acres (32 à 40 hectares); chaque section a un directeur spécial, qui participe aux profits, et une rotation déterminée. Beaucoup de directeurs, après avoir fait des économies, deviennent eux-mêmes propriétaires cultivateurs. On produit toute espèce de primeurs, pommes
(1) Voici la valeur par acre de quelques produits de ce geure, telle qu'elle est donnée par le dernier recensement poui* la Nouvelle-Angle ~ terre où ce produit est plus fort qu'ailleurs : tomates , $ 300 ; asperge s , $ 216; melons $ 188; choux, $ 183; ëpinards, $ 175.
l'agriculture aux ÉTATS-UNIS. H5
de terre, asperges, salades, etc., et surtout beaucoup de £rsdses; il y avait en 1893, près de la ville de Norfolk, un champ de fraisiers de 200 acres (81 hectares) (').
ce Le travail dans les « Truck farms », dit M. Whitney, est dur et, par conséquent, le salaire est élevé. C'est une culture très intensive pour laquelle il faut dépenser beaucoup d'argent, quoique le succès dépende en grande partie des saisons et de Tétàt du marché. Il arrive souvent qu'une récolte qui vaut un bon prix quand elle est apportée sur le marché, n'aurait pas même payé les frais de transport si elle avait été apportée un ou deux jours plus tard. Aussi les fermiers s'appliquent-ils à obtenir leurs produits le plus tôt possible ('). »
La culture des plantes de serre et celle des fleurs ont pris aussi un ample développement. Les Etats-Unis possédaient en 1890, 4,310 établissements de cette espèce exploitant 172,800 acres; le New York comptait 530 maraîchers ou horticulteurs de serre en 1890; l'IUinois et la Californie étaient dans les premiers rangs (').
D'autres établissements s'adonnent à la culture des semences. En 1890, il y avait S96 cultivateurs de ce genre occupant 169,850 acres. Le progrès a été si rapide que les producteurs se plaignent amèrement de l'avilissement des prix par la concurrence.
La production des fruits et des fleurs est aux États- Unis une industrie qui, comme toutes les industries du pays, tend à se concentrer en grandes exploitations et par spécialités, le comté de Santa Barbara (Californie) est aujourd'hui aux États-Unis ce que Nice est à la France.
(1) Voir The Southern States, revue mensuelle, Baltimore, juin 1893.
(2) Maryland, tts resources, industries and institutions, 1893, p. 174.
(3) En 1890, le Ccnsus estimait à 78 millions do dollars (401 millions de francs) la valeur des cultures florales.
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Mais, quoique les Américains fassent un grand usage des uns et des autres, cette production est sans doute relativement moindre qu'en France, parce qu^elle y a beaucoup plus rarement le caractère domestique. Les maisons de campagne et les maisons à la campagne n'ont presque jamais de murs et par conséquent pas d'espaliers ; une simple barrière de bois les entoure ; il y a quelquefois un petit potager par derrière, mais devant et sur les côtés le terrain est presque toujours une pelouse garnie d'arbres qui ne sont pas fruitiers ; le gazon est entretenu dans sa fraîcheur grâce aux concessions d'eau dont on jouit même dans beaucoup de villages, et à un fréquent arrosage à la lance qui est une des distractions du propriétaire.
L'arachide , que les Américains tiraient autrefois d'Afrique, est devenue dans quelques États, surtout en Virginie, l'objet d'une culture régulière qui peut être classée à côté de celle des légumes et dont le produit est de qualité supérieure.
Fourrages. — Les plantes des prairies naturelles sont très nombreuses; la station d'expérience du Dakota en avait exposé à Chicago 148 espèces, dont 28 indigènes. La superticie consacrée aux prairies naturelles ou artificielles a plus que doublé depuis la guerre de la rébellion : 20 millions d'acres ayant fourni 26 millions de tonnes en 1867 et 49 et demi en 1893 rendant
66 milions de tonnes (*) (19,8 millions d'hectares et
67 millions de tonnes, mesure française). Le New York (7,2 millions de tonnes), le Missouri (3,6), le Kansas (4,3), la Pennsylvanie (3,2), TOhio (3,3 millions),
(1) La valeur était de 372 millions de dollars (1,916 millions de francs) en 1867 et de 571 (2»841 millions de francs] en 1893.
riowa (8,6), sont les Etats qui récoltent le plus de foin. Le Kansas et le Nebraska sont au nombre de ceux où le progrès, depuis une dizaine d'années, a été le plus rapide sous ce rapport. Malgré la transformation qui se produit dans l'économie rurale de Test, {plusieurs États de cette partie de TAmérique, notamment le Massachusetts et le Connecticut, récoltent aujourd'hui moins de foin qu*il y a une vingtaine d'années. La culture de Talfalfa est en progrès (').
En parlant de fourrages, il faut citer la betterave fourragère dont la culture augmente et le maïs récolté en vert et conservé dans des silos pour nourrir les vaches laitières pendant Phiver.