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LES FORÊTS ET LE BOIS

Nous avons vu que les bois occupaient le tiers (3S,8 p. 100) des exploitations agricoles. Mais les bois dépendant des fermes ne sont qu'une petite partie des surfaces boisées aux États-Unis.

Ce pays est une des contrées du globe les plus riches en forêts (*) : l'étendue totale est évaluée à 430 millions d'acres (204 millions d'hectares) dont 3/5 dépendent des fermes et 3/5 n'en dépendent pas. Comme son territoire est très étendu, il possède une flore arborescente très variée : les botanistes y comptent environ 300 espèces d'arbres, non compris les arbrisseaux; en retranchant celles qui, poussant seulement dans l'Alaska ou dans la Floride et le Texas méridional, n'ont que peu de représentants, ils estiment le nombre des espèces ordinaires à 120, dont une vingtaine atteint 1 00 pieds de hauteur, une douzaine 200 pieds et cinq ou six 300 pieds et plus. La végétation arborescente y est, comme partout, étroitement subordonnée au climat, à l'exposition et à la constitution géologique du sol. Aux arbres indigènes s'ajoutent aujourd'hui un grand nombre d'espèces empruntées aux autres parties du monde, Torme d'Europe, le peuplier de Lombardie, l'eucalyptus d'Australie, etc.

C'est l'abondance de la pluie ou sa répartition à peu près égale entre les saisons qui fait que la région du

(1] Une partie des renseignements relatifs aux forêts sont tirés de « Woodland and forest Systems of the U. S. », by prof. W.-H. Brewer (Statistical Atlas of the U, S. Census of mO).

nord-ouest, entre le détroit de Juan de Fuca et le cap de MendocinOy la région extrême du nord-est et surtout le Maine, la région extrême du sud-est et surtout la Floride sont très boisées; c'est probablement la rareté de la pluie et surtout la longue sécheresse de Tété qui prive de végétation arborescente les prairies de Touest et la plus grande partie du plateau de la Cordillère. Cependant, quelquefois, Tinfluence particulière des vents et la disposition des lieux fait pousser des arbres sur des terrains peu favorisés de la pluie, comme sur les versants des parcs des montagnes du Colorado.

Les surfaces boisées n'ont pas beaucoup varié depuis cinquante ans, mais l'exploitation très active de Tindustrie a considérablement diminué la quantité de beaux arbres.

Régions forestières. — Le territoire forestier des États- Unis peut se diviser en 10 régions (*) (non compris l'Alaska).

1® h^ Nouvelle-Angleterre et la partie septentrionale du New York, qui étaient autrefois entièrement boisées, forment la région dans laquelle Toime et l'érable à sucre sont le plus nombreux et atteignent leur plus grand développement. Dans le Maine et dans les plaines sablonneuses de la côte, les pins et sapins abondent. En général cependant, ce sont les bois durs qui dominent; on les recherche pour Tébénisterie et la carrosserie, mais les grands arbres pouvant servir aux constructions navales sont devenus rares. D'autre part, les parcs, les jardins et les plantations autour des villes donnent, sur-

(1) C'est une région de plus que n*en compte M. Brewer, parce que j'ai distingué la région qu'il appelle nord-ouest, en région centi*ale et région septentrionale.

l'aghicultdre aux états-unis. 127

tout Tété, à certaines parties de la Nouvelle- Angle terre l'aspect d'une région boisée. Les trois quarts environ du Maine septentrional et central, des Montagnes Blanches et des Adirondacks sont occupés par des forêts.

2^» Les États du Centre- Atlantique, Pennsylvanie, New York, etc., étaient, avant Foccupation européenne, tout couverais de forêts comme la Nouvelle-Angleterre. Il y a encore de vastes étendues boisées, dont plusieurs sont même peu exploitées; cependant le progrès de la colonisation et la consommation du bois pour les usages de la vie et de l'industrie les ont beaucoup éclaircies. Les arbres à feuilles caduques, le chêne, le noyer, le frêne, s'y mêlent aux conifères qui dominent au nordest de la région. C'est surtout dans les Appalaches que se trouvent les plus vastes forêts; elles couvrent les flancs et quelquefois les crêtes des hauteurs qui s'allongent du sud-ouest au nord-est et elles descendent dans certaines vallées jusqu'au bord des cours d'eau.

i^ La région du sud-est, qui était aussi toute boisée jadis, possède la flore la plus variée : les chênes, les pins (p«(rticulièrement le « pitch pine » espèce de pin jaune) les sapins, les ormes, les érables, les noyers durs (hickory) qui sont renommés pour la carrosserie, les cyprès, les magnolias s'y trouvent en abondance. Dans la région des Appalaches, les arbres à feuilles caduques se mêlent aux conifères et autres arbres à feuillage persistant; à l'ouest, sur le versant du bassin du Mississipi, les forêts couvrent de vastes espaces ; à l'est, la longue bande de terrains primaires imprégnés d'oxyde de fer qu'on désigne sous le nom de Piedmont, est presque toute boisée. La chaleur et l'humide favorisent la pousse des arbres.

Près de la mer s'étend une autre bande presque continue de pins résineux, principalement dans la région côtière de la Caroline du Nord et dans la partie centrale de la Géorgie; pin dur, pin jaune, pin de Géorgie, etc., recherchés par le commerce ; la Géorgie seule en exportait, vers 1870, 200 à 300 millions de pieds par an. Aussi a-t-on en partie épuisé cette richesse ; les beaux arbres sont très rares. Sur la côte même, au milieu des marais, pousseut'en grande quantité les cyprès. Dans la Floride, le sol est, partout où les marécages ne l'inondent pas, couvert sur les trois quarts environ de sa surface de forêts touffues où s'épanouit la végétation subtropicale.

4® La plaine centrale est beaucoup moins riche en forêts. Elle n'en est cependant pas dépourvue.

Dans cette région, la plaine a peu d'arbres et l'aspect le plus général est celui de la prairie ; cependant les collines de l'Ohio sont en partie boisées; même dans les parties les plus nues de l'Illinois, on voit de grands buissons d'arbrisseaux et d'épaisses forêts d'arbres à feuilles caduques, noyers, tulipiers, tilleuls, dans les vallées des cours d'eau. On rencontre plus souvent encore des arbres plantés ; les progrès de la colonisation et de la culture les multiplient chaque jour, parce que cette région n'est pas nécessairement rebelle à la culture arborescente.

5* La région septentrionale à l'ouest du lac Michigan et du lac Supérieur est celle ou l'exploitation du bois et le plus importante. La limite occidentale de cette région se trouve dans le bassin de la rivière Rouge où commence la grande plaine d'humus, fertile en blé, où cesse la végétation arborescente.

Le Michigan, le Wisconsin et le Minnesota possèdent

d'immenses étendues boisées en conifères et autres arbres ; c'est la région qui fournit au commerce le plus de madriers et de planches surtout en pin blanc ; mais là, comme ailleurs, les beaux arbres disparaissent sans être remplacés.

6** La région du bassin moyen et inférieur duMississipi est mieux boisée que la plaine centrale, le climat étant plus humide. La partie de Test et du sud-est, adjacente aux Appalaches, était originairement riche en forêts. Les monts Ozark et les bords de TArkansas en sont encore couverts. Les marécages de la côte abondent encore en cyprès; les pins occupent une large zone depuis la côte de TAlabama jusqu'au Territoire Indien. La vallée du Mississipi, depuis le delta jusque vers Saint-Louis, a une belle végétation arborescente.

V Entre le 95** et le 97** méridien commence la grande plaine de Fouesty vaste région qui s'étend vers l'ouest jusqu'au pied des Montagnes Rocheuses et que caractérise l'absence d'arbres. Cette région, dont la largeur varie de SOO à 1,300 kilomètres, n'est cependant pas absolument dénuée de végétation arborescente; on y trouve quelques rideaux d'arbres sur le bord des cours d'eau, et des cèdres rabougris sur les collines du nord; les Black Hills forment même au milieu de celte plaine une île de belles forêts de pins et de sapins sur une longueur de près de 500 kilomètres.

8® La région septentrionale de la Cordillère est, grâce & l'humidité de son climat, assez boisée : ce sont les conifères qui dominent presque exclusivement.

Du côté de l'est, les forêts commencent à apparaître sur les Big Horn mountains dans le Wyoming; elles couvrent les flancs des montagnes depuis les Wind

river mountains jusqu'à la frontière septentrionale des États-Unis et s'étendent sur la partie du plateau située au nord du Golumbia river où la forêt envahit le sol et où les prairies sont rares. Le versant occidental, qui est plus boisé encore, peut être rattaché à cette région ou à celle du Pacifique.

9** Le plateau de la Cordillère est un désert encore plus dépourvu de végétation arborescente que la plaine de Touest. 11 n'y a que quelques parties montagneuses, comme les Montagnes Bleues, les Wahsatch et les Uintah, les monts Mogollon où poussent le pin, le sapin, le « propopis glandulosis », arbre à gomme très recherché et l'arbre à fer, à côté des yuccas et des cactus. L'épais massif des monts du Colorado porte des forêts.

10® La région du Pacifique ^si riche en forêts qui couvrent les flancs de ses montagnes daas la chaîne de la Côte jusque dans le voisinage de San Francisco et dans toute la chaîne des Cascades et la Sierra Nevada. La grande humidité convient à la végétation arborescente. Là sont, principalement sur les versants occidentaux, de grandes et épaisses forêts alternant avec les clairières et les prairies. L'Orégon, le Washington, la Californie avaient exposé à Chicago d'énormes rondelles revêtues d'écorces monstrueuses. Dans le parc de San Francisco il y a une rondelle de 29 mètres de circonférence qui appartenait, dit la légende, à un arbre de 129 mètres de hauteur. C'est sur les flancs de la Sierra Nevada, entre 900 et 2,200 mètres d'altitude par le 36® et 38" degrés de latitude, que poussent les plus beaux spécimens de l'espèce « sequioa gigantea » et « sequioa sempervirens », dits « Bigtrees », les grands arbres; les touristes vont admirer ces antiques géants, à

Mariposa Grove (*), à Sanla Cruz et à Calavera Grove.

Parmi les autres arbres qui, moins grands, sont plus abondants et plus utiles au commerce, on peut citer le sapin rouge, « abies Douglasii », qui peut atteindre 5 mëlres de diamètre et 60 à 90 mètres de hauteur, le cèdre de l'Orégon ou thuya gigantesque, le pin punkin, le sapin jaune qui se trouvent surtout dans ]a partie septentrionale, le « pinus Lambertiana » (sugar pine), les épicéas qui se trouvent surtout dans la partie méridionale, le bois rouge, très estimé, qui pousse dans la chaîne de la Côte et atteint 60 à 70 mètres de hauteur, le cèdre de Californie, plusieurs espèces de cyprès et de chênes. Près de San Francisco on a introduit avec succès Teucalyptus. La flore de la Californie a un caractère tout particulier. Cet État est, avec l'Orégon et le Washington, au nombre de ceux où l'exploitation du bois a le plus d' importance ; mais l'abus qu'on en a fait a déjà dénudé en partie la chaîne de la Côte.

Consommation du bois. — Le bois est consommé surtout pour les usages domestiques aux États-Unis, principalement pour le chauffage et la construction des maisons ; dans les campagnes, les maisons sont presque toutes en bois et elles le sont souvent dans les villes. Dans les régions où le bois abonde, il est gaspillé pendant que, dans les régions les plus peuplées, on se plaint de sa rareté croissante et que le charbon minéral le remplace. Après les usages domestiques, ce sont les chemins de fer et les bateaux à vapeur, les mines et les

(l) A Mariposa Grove, il y a 365 arbres dont 154 ont plus de 4 mètres et demi de diamètre. Le plus bel arbre connu de cette csp^cc, le OrJzzly Géant, dont le sommet a été brisé sous le poids do la neige, avait 106 mètres de hauteur et 10 m. 1/2 de diamètre: il mesure, à 1™,60 du sol, 30.6 mètres de circonférence.

usines qui eu consomment le plus. On exporte une très grande quantité de bois de construction, de menuiserie et d'ébénisterie, de bardeaux et de lattes du Pacifique pour rOcéanie et l'Amérique du sud; de TAllantique pour l'Europe .

Il suffit de visiter quelques scieries de Minneapolis ou de Duluth, de voir le passage des bateaux chargés de planches à Sault-Sainte-Marie ou à Détroit, de parcourir les « Lumber yards » d'Albany les docks de Chicago ou d'entrer dans les fabriques de meubles du Grand Rapids, pour se faire une idée de l'énorme consommation du bois, laquelle augmente sans cesse.

En 1880, les 2S,708 scieries recensées aux Etats-Unis avaient un capital de 181 millions de dollars, consommaient une valeur de 146 millions de dollars de bois et produisaient en madriers, planches, etc. 233 millions de dollars (1,200 millions defr.). En 1890, l'industrie s'étant concentrée, le nombre des scieries s'est trouvé réduit à 21,011 ; mais elles avaient un capital de SOS millions de dollars, achetaient 186 millions de dollars de bois et produisaient une valeur de 403 millions de dollars (2,075 millions de fr.) (*).

Dans la seule région que Ton désigne sous le nom de « Mississipi valley district )> et qui comprend le Minnesota et le Wisconsin — c'est la région, il est vrai, la plus importante sous ce rapport — il a été débité 4,380 millions de pieds de planches en 1892 (^); la production des

(1) L'exploitation des forêts est faite généralement dans le nord par quelques grands entrepreneurs. Us emploient surtout des ouvriers Scandinaves qui travaillent Thiver à raison de 20 dollars par mois; ils sont nourris et vivent dans des u bloch houses » jusqu'au printemps. Les scieries travaillent de mai à novembre.

(2) Dans ce total no sont pas compris les bois de la rivière Rouge qui ont fourni 15 millions de pieds à Grand Forks, etc.

cinq années précédentes avait varié enlrè 3,127 et 4,068 millions. Cette même année 1892, il a été produit 748 millions de pieds de bardeaux et 993 millions de pieds de lattes. Les 13 scieries (^) de Minneapolis figurent pour 488 millions dans les 4,380 millions. Les 35 scieries qui se trouvent sur le Mississipi en aval de Minneapolis en ont débité 932 millions (') ; Duluth et sa banlieue 349 ; la vallée du Wisconsin, 4S6.

Les emplois du bois sont très variés et Findustrie en délfouvre encore de nouveaux. Ainsi la pulpe de bois, qui a été utilisée d'abord seulement pour la fabrication du papier, commence à l'être pour la fabrication, par compression, des tuyaux, des meubles et même des maisons : on en a fait jusqu'à des balles de fusil ; il parait qu*en 1890 il y avait aux États-Unis 237 moulins montés pour produire 4 millions de livres de pulpe de bois (•).

Le chef de la division forestière au Département de l'agriculture évaluait en 1892 la consommation annuelle du bois aux États-Unis à 2S milliards et demi de pieds cubes; à savoir 18 milliards pour le bois à brûler, 3 milliards pour les planches vendues au marché et le bois des manufactures, 600 millions pour les chemins de fer (*), 280 millions pour le charbon, SOO millions pour les clôtures et barrières, 150 millions pour les mines.

En 1880, le Michigan et la Pennsylvanie occupaient le premier rang pour la production du bois; l'Indiana,

(4) Une de ces scieries, « Bacus and How », en a débité 71 millions de pieds.

(2) En 1872, Minneapolis faisait 168 millions de pieds de planches; en 1882, Mk, (Chamber of commerce of Minneapolis y 1892.)

(3) Tkirty thttxl annual Report of the commissioner of the State of Minnesota together with the Report of the State agricultural Society and the Porest Tree Manual, 1891, p. 251.

(4) Une autre statistique évalue la consommation des chemins de fer, nen qu'en traverses, à 80 millions valant 30 millions de dollars.

rOhio, le New York, le Wisconsin étaient au second. L'augmentation a été considérable dans l'ouest où le peuplement a été la cause de très nombreuses constructions de maisons, de clôtures et de chemins de fer (*) ; ainsi, dans le Minnesota, le produit des scieries, qui avait été de 7,3 millions de dollars en 1880 s'est élevé à 19,1 en 1890. En général, la demande s'accroît et la consommation totale aux États-Unis dépasse de beaucoup la reproduction. En 1880, le professeur Sargent disait déjà dans le dixième Oensus : « La superficie des grandes forêts de pins qui existent encore dans le Michigan, le Wisconsin, le Minnesota est relativement petite, et on voit un danger quand on la compare à la consommation de bois de sapin qu'on fait dans le pays ; l'entier épuisement de ces forêts est certain dans un temps comparativement court (*). «

Le pin blanc de la Nouvelle-Angleterre et du nordouest, qui est recherché pour les constructions, n'existe plus qu'en très petite quantité ; le pin à longue feuille du sud, le noyer, le tulipier, le frêne sont devenus rares.

On répète que le déboisement^altère le régime général des eaux ('). L'évaporation par le soleil ou le vent y est plus grande qu'auparavant et dessèche la terre. Des agronomes estiment qu'il faudrait réserver 300,000

(1) On consomme aussi aujourd'hui beaucoup de bois pour la fabrication du papier : c'est une industrie qui s'est très déyeloppée depuis dix ans.

(2) Il est vrai qu'en 1880. M. Sargent évaluait à 84,000 millions de pieds la quantité de bois de pin blanc dans la région des lacs ; que de 1880 à 1889 on en a exploité 86,000 et qu'on estimait en 1889 qu'il en restait encore 47000 millions.

,3) Dans le Minnesota on donne comme exemple de l'influence des forêts sur le régime des eaux le Mississipi et le Minnesota, le premier ayant, avant le confluent, un bassin de 23,000 milles carrés presque tout boisés, le second un bassin de 19,000 milles carrés presque sans arbre. Le premier roule sept fois plus d'eau que le second.

acres de forêts denses par chaque million d'acres cultivées. Mais on n'a rien fait jusqu'ici qui fût efficace pour maintenir cet équilibre. On détruit par une exploitation inconsidérée; on a détruit par les incendies (^). « 10 à 48 millions d'acres, dit le professeur Fernow, chef de division forestière au Manitoba, sont ainsi dénudées chaque année; en 1890, on a brûlé dans la région du Pacifique'plus d'acres de forêts qu'on n'en avait exploité depuis le commencement de la colonisation. In the treatement of their forest resource, ajoute-t-il, Americans bave been worse than savages ('). »

Des sociétés ont été fondées pour la conservation du bois : r « American foresty Association », qui est une société nationale composée de délégués de tous les Etats, plusieurs associations d^ Etat et des sociétés privées. Sept États ont institué des commissions chargées de veiller à cette conservation. Le Congrès a renouvelé le « Timber Culture Act » et le Président des États-Unis a été autorisé, par une loi du 3 mars 1891, à ériger des forêts en « réserves ». Dans 43 États ou Territoires on a institué un « Arbor day », c'est-à-dire un jour de fête où les habitants, surtout les écoliers, sont invités à planter des arbres.

Les écoles sont presque partout invitées officiellement à prendre part à cette fête. Par exemple, en 1892, dans le Rhode Island, le commissaire des écoles publiques, confoimément à une loi votée par l'assemblée générale, envoyait une circulaire et un programme détaillé, avec notice sur la culture des arbres, à toutes

(1) On a estimé à 12 millions de dollars (62 millions de francs) les pertes par incendies.

(2) Twenty third annual Report of the commissioner of Statisiics of Minnesota^ p. 243.

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les écoles de TÉtat, en les invitant à prendre une part active à V « Arbor day » qui était fixé au vendredi 6 mai. Dans son rapport annuel il s'applaudissait du résultat et disait que les instituteurs commençaient à comprendre l'importance d'une fête qui, en excitant Tenthousiasme des écoliers, avait son retentissement au foyer de la famille et contribuerait à faire comprendre la solidarité sociale (*).

En Géorgie Ta Arbor day » était fixé au vendredi 4 décembre en 1891, par une loi de l'Etat intitulée: « An Act to encourage the planting and to conserve the forests of the State » et les maîtres étaient invités à y prendre part par une circulaire du « State school Gommissioner » qui expliquait que le but de la fête était de montrer aux enfants la valeur et la beauté de leurs forêts par la plantation d'arbres sur le terrain de l'école, de l'église, sur les routes et autres lieux publics (*).

Dans le Missouri, où la fête est célébrée depuis 1886, elle l'a été en 1888-1889 dans 600 districts scolaires sur un total de plus de 8,000 districts et les enfants ont planté, presque partout, sur le terrain de Técole, 9,334 arbres.

Dans l'État de New York, la loi qui à établi r« Arbor day » date de 1888. En 1889, 5,681 districts scolairesy ont pris part et ont planté 24,166 arbres; en 1890, 8,106 districts et 27,130 arbres; eh 1891, 8,950 districts, 22 villes et 25,285 arbres. La fête comprend des lectures publiques, des discours, des chants, des processions, la plantation d'arbres ; des prix sont décernés aux écoles

(1) Twenty third annual Report ofihe State hoard of éducation together with annual Report of the Gommissioner of puôUc schools of Rhode Island, january 1893, p. 28.

(2) Report of the State school Gommissioner^ 1891 et 1892, p. 72.

dont le jardia est le mieux tenu. « Quoique Feffet sur le régime forestier soit médiocre, dit le Commissaire de l'éducation, les enfants, dont Tintérôt est éveillé, apprendront à respecter les œuvres de la nature. »

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