‹ L'agriculture aux États-UnisChapitre 20 sur 40 · LES ANIMAUX DE FERME · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX DE FERME

Statistique générale, — L'Américain a eu longtemps et a encore devant lui l'espace : dans certaines parties, de vastes forêts; dans d'autres et surtout dans le centre, des pâturages immenses; dans le nord-est, dans les Appalaches, dans le bassin de l'Ohio, sur le versant du Pacifique, de belles prairies naturelles. Il peut donc nourrir facilement du bétail. Aussi, relativement au nombre des habitants, le nombre des animaux est-il beaucoup plus grand aux États-Unis qu'en Europe, et ce nombre s'accroît rapidement à mesure que le centre et l'ouest se peuplent (*).

£n 1893, on comptait 66 millions et demi d'habitants sur le territoire des États-Unis et 163 millions d'animaux d'espèce chevaline, bovine, ovine et porcine : soit 2S animaux par 10 habitants. D'un même total renfermant des unités aussi différentes qu'un cheval et un mouton, on ne peut tirer une mesure précise, mais

(4) M. Breail^dans son Rapport sur l'agriculture des États-Unis (p. 40), donae comme exemple du cheptel vivant au Massachusetts celui d'une ferme de Westchester West (142 acres) qui avait 1 paire de bœufs,

1 taureau, 23 vaches, 12 génisses, 6 veaux, 3 chevaux, 1 jument poulinière.

2 poulains, 53 porcs et celui d'une ferme de Worcester South (163 acres) qui avait 100 acres de prairies naturelles ou artiâcielles et entretenait 32 vaches ou génisses, 1 taureau, 3 chevaux, 1 jument et 1 poulain. Voir plus haut en note (page 76) la composition moyenne du cheptel vivant d'une ferme de 150 à 200 acres.

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on se fait par comparaison une idée relative de la richesse des habitants des Etats-Unis en animaux de ferme en remarquant qu'en France le rapport était, en 1892, de 13 animaux par 10 habitants. L'idée n'est plus la même quand on établit la comparaison relativement au territoire : aux États-Unis le nombre des animaux de ferme par rapport à la superficie des terres appartenant à des fermiers était, en 1893, de 65 par kilomètre carré, tandis qu'en France il est de 92.

Voici les chiffres donnés soit par les Census (*) soit par le Département de TAgriculture (pour 1893). Ils ne doivent être considérés que comme des approximations (') :

' Animaux de ferme aux États-Unis

(nombres exprimés par milliers d'unités).

Chevaux. . . .

Mulets et ânes .

Bœufs de travail.

Vaches laitières.

Autres bétes de race bovine.

Race ovine. . .

Race porcine. .

(1) Aux chevaux existant dans les fermes, le Census do 1870 a ajouté 1,547,000 chevaux hors des fermes.

(2) Gros bétail hors des fermes d'après le Census de 1870 : 4,274,000.

(3) n faut y ajouter 7,000,000 de moutons en pâture sur les terres publiques. Total : 42,000,000, sans compter les agneaux de printemps.

(1) Voir, en outre, en appendice, la figure de statistique no 4.

(2) Entre les chiffres des Census et ceux du Département de l'agricnU turc il y a parfois de 'grandes différences. Au sujet de ces statistiques, voici comment s'exprime M. de Savignon dans un rapport au ministre sur la production et Tindustrie agricole en Californie : « On s'accorde à reconnaître que la richesse du pays en bétail de toute nature est supé-

Chevaux. — Le cheval américain a des qualités qui lui sont propres. En général, il est nerveux^ il a le pied sur, l'allure rapide ; il passe en Amérique pour être plus léger (excepté les chevaux de trait) qu'en Angleterre. Mais les races sont diverses^ suivant les régions et suivant la destination.

Le cheval a été introduit en Amérique par les Espagnols ; du Mexique, il a peu à peu gagné les plaines du nord. On n'a connu longtemps dans le sud que le ch(?val espagnol, type du Texas, qui était un animal dur à la fatigue; dans le nord, que le cheval pesant du Vermont; dans l'ouest que le cheval californien originaire du Mexique , petit et sauvage , rappellant le cheval arabe. L'élevage a fait depuis cinquante ans de remarquables progrès dans les deux espèces du gros cheval de trait et du cheval léger d'attelage ou de selle. C'est surtout depuis 1851 qu'on a introduit comme reproducteurs d'animaux de trait le « Gleveland bay >:, le « Clydesdale » (*), qui est long de corps, fort de membrure, calme d'allure, puis le « Shire » qui ressemble au précédent, bien qu'un peu plus grand et plus massif et qui se distingue par la longueur des poils du bas de la jambe, et le « Suffolk punch » qui est plus petit, mais bien proportionné pour le trait; ces quatre races sont venues d'Angleterre.

De France, les Américains ont tiré des chevaux normands et surtout des percherons qui se recommandent comme animaux de trait d'allure rapide. Pendant plu-

rieare d'au moins un tiers aux chififres accusés par les documents offi> ciels, on qui provient de dissimulations de la part des propriétaires en Tue de s'affranchir d'une partie de l'impôt... »

(1) La première importation de Clydesdale paraît remonter à 1842. Voir Le Cheval par M. Layalard, t. Il, p. 373.

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sieurs années^ ils ont acheté surtout des étalons percherons qu'ils payaient à un très haut prix ; recherchant de préférence les plus gros parce qu'ils aiment les chevaux d'une corpulence énorme pour la traction des gros fardeaux.

Ils ont amélioré ainsi, par l'infusion de sang anglais, français et belge leurs propres races de trait qui ne paraissent pas très nettement caractérisées par ellesmêmes. L'Ohio est un des États les plus renommés pour Télevage des gros chevaux. Le développement des tramways électriques ou à câbles restreint depuis quelques années le marché des chevaux de cette espèce.

Ce sont surtout les trotteurs qui constituent ce que les Américains nomment leur « cheval national ». C'est moins une race qu'un animal perfectionné par la sélection et l'élevage. Les Américains se sont appliqués depuis longtemps à améliorer leurs trotteurs (') et ont fondé un grand nombre de sociétés pour encourager l'espèce ; l'Association américaine et TAssociation nationale du trotteur comptaient, en 1893, 1 364 sociétés locales, qui ont organisé 4,594 jours de course dans l'année et distribué 3,296,000 millions de dollars en prix. Il y a en outre environ 1,200 jours de courses organisées par des sociétés qui ne sont pas affiliées à une des grandes associations.

Ils obtenaient dans les courses, des vitesses d'un mille (1,609 mètres) en 2'42'' en 1830; ils sont arrivés peu à peu à 2'10" en 1892 et même 2'4" en 1893 (*).

(1) Les premières courses au trot datent de il9i. Beaucoup de trotteurs américains descendent d'un cheval anglais, Messenger, importé en 1788.

(2) Cette course (2'7" 3/4) a été fournie par « Kremlin », choval bai né en 1887, n« 13327 du Stud book des trotteurs.

Le Kentucky, avec son terrain calcaire et riche en phosphate, ses prairies ondulées, semées de bouquets d'arbres et produisant le « Blue grass », jouit depuis longtemps d'une réputation méritée pour Télevage des trotteurs.

LlUinois, le Michigan et le New York figurent aussi parmi les États qui fournissent les meilleurs chevaux de luxe, « trotters » qui vont le trot, « pacers » qui vont l'amble^ « Hand-some's cabs horses » qui sont rapides et légers, « Hackney » qui sont employés surtout pour les voitures de maîtres, chevaux de courses parmi lesquels il y a eu un vainqueur au Grand prix de Paris.

En général le climat de l'Amérique, sec et chaud Tété, froid et sec l'hiver, rend les chevaux musculeux et contribue à leur donner une allure rapide. On en voit rarement qui soient poussifs. Rarement aussi ils sont rétifs; peut-être parce qu'ils sont d'ordinaire bien soignés et traités doucement. Je n'ai jamais vu battre un cheval et j'ai remarqué que les animaux attelés avaient presque tous le poil propre et luisant.

Le nombre des chevaux a beaucoup augmenté depuis une trentaine d'années : de 4 millions 1/3 environ en 1850, il s'est élevé à plus de 16 millions en 1894 (*). La quantité n'a cependant pas augmenté dans le sud; les dix États qui composent ce groupe possédaient 1,633,000 chevaux d'après le Census de 1860 et 1,727,000 d'après la statistique de l'agriculture en 1893; le nombre a même diminué dans l'Alabama, la Géorgie, les deux Caroline et la Virginie. Mais les autres régions

(1) On estimait en 1893 la valeur des cheyauz à 992 millions de dollars (5,108 millions de francs), et en 1894 à 169 (3,960 millions de francs) seulement. Le nombre des chevaux avait peu changé.

fournissent une ample compensation. Dans la Nouvelle- Angleterre, on comptait 289,000 chevaux en 1860 et 379,000 en 4893; dans le Maine (*), qui y tient le premier rang (60,000 en 4860, 444,000 en 4893), le nombre a doublé. Dans les Etats et Territoires de Touest, on en comptait 3 millions en 4860 et plus de 41 millions en 4893; dans les Étals du Pacifique, 202,000 en 4860 et 4,422,000 en 1893. Quatre États : riUinoîs (*) (564,000 en 4860; 4,377,000 en 4893), Howa ('), le Kansas (♦) et, plus au sud, le Texas {^) ont chacun plus d*un million de chevaux. La Californie (^) a passé de 460,000 à 849,000.

'Ijavs les nombres précédents, les animaux de ferme sont seÙ!^'t(îràîpns^"W!W^[mr le total des animaux d'espèce chevaline aux États-Uïbis|l faudrait ajouter les chevaux employés hors des ferii^s et qui étaient au nombre d'un million et demi en 4870.

Relativement à l'étendue du territoîrë/^s plateaux de la Cordillère sont la partie qui nourrit le-qoins de chevaux. Les plaines de l'ouest sont à peii près^ans la

(1) Comtés qui possédaient le plus de chevaux, au Census de'HgO : Aroostook, Cumberland, Kennebec, Pcnobscot, Somerset, A^o,

York. T

(2) Comtés : Adams, Bureau, Champaign, Christian, Cook, De K>^ Edgar, Fulton, Hancock, Henry, Iroquois, Knox, La Salle, L«^ Livingston, Mo Lean, Macoupin, Ogle, Sangamon, Vermilion, Whiti

side, Will. \

(3) Comtés : Benton, Cedar, Clinton, Dubuque, Fayette, Jackson^ Jasper, Johnson, Kcokuk, Linn, Mahaska, Pottawattamie, Tama, Washington, Winneshiek.

(4) Comtés : Bourbon, Brown, Butler, Cloud, Cowley, Crawford, Dicicinson, Douglas, Franklin, Jefferson, Jewell, Johnson, Linn, Lyon, Miami, Pottawattamie, Shawnee.

(5) Comtés : Bell, Bexar, Cameron, Collin, Dallas, Denton, Duval, EUis, Fannin, Gonzales, Grayson, Hill, Me Lennan, Navarro, Nueces, Williamson.

(6) Comtés : Alameda, Colusa, Los Angeles, Sacramento, San Joa- ' quin, Santa Clara, Sonoma, Yolo.

même situation, à Texception toutefois du Colorado où le grand élevage a commencé vers 487S et où Ton compte près de 13 chevaux par mille carré (5 par kilomètre carré). Toute la région du sud et celle du Pacifique, malgré rimportance de Télevage dans le Texas et la Californie, restent à cet égard, ainsi que le Maine, au-dessous de la moyenne générale des Etats-Unis, qui est de près de 10 chevaux par mille carré (4,3 par kilomètre carré). C'est peu relativement à l'étendue du territoire. Mais sous un autre rapport, le nombre de 16 millions correspond à 1 cheval par 4 habitants, tandis qu'en France, nous ne possédons guère que 1 cheval par 13 habitants. L'IUinois, l'Indiana et le Missouri comptent même 1 cheval par 3 habitants ; le North Dakota presque 1 par habitant et plusieurs Territoires ou Etats de l'extrême ouest où l'espace est très vaste et la population très rare sont dans le même cas.

Les chevaux ont en général peu de valeur dans l'extrême ouest parce que ces animaux sont en très grand nombre et que les meilleurs sont envoyés chaque année au loin sur les marchés de Test. En effet le nord-est est la région où l'on prise les animaux de choix et où leur prix moyen est le plus élevé. Dans l'ouest on a pensé récemment à expédier des chevaux en Europe comme viande de boucherie (*).

Sur le marché de Chicago, les prix ont été (le 2 mai 1893) : 475 à 575 francs pour les chevaux ordinaires, 1,000 à 1,250 francs pour les chevaux de trait pesant 750 kilog., 800 à 1,000 francs pour les chevaux légers, 2,250 à 3,500 francs pour la paire de chevaux de voi-

:1) Le service vétérinaire du Montana l'a conseillé.

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ture. A New York, les prix sont à peu près les mêmes : im cheval de tramway vaut de 600 à 700 francs, un cheval de camion de 900 à 1,400; les chevaux de luxe coûtent très cher.

Mulets et chies. — Les mulets et ânes, qui sont en général grands et vigoureux et dont le nombre a plus que triplé depuis 1850 (589,000 en 1850 et 2,360,000 en 1894) (^), dominent dans le sud aux Etats-Unis (comme en France), surtout dans le Missouri (*) (249,000), le Texas (') (241,000), le Mississippi (*), la Géorgie ('), TArkansas (®). On en trouve aussi un grand nombre dans le Kentucky (') et le Tennesse (•).

Dans beaucoup de fermes du nord on les préfère aujourd'hui, parce qu'ils sont réputés savoir mieux se nourrir et prendre soin d'eux mieux que les chevaux. C'est pourquoi on en trouve 106,000 dans l'IUinois.

RcLce bovine. — Les bêtes à cornes sont une des principales richesses agricoles des Etats-Unis, et une richesse dont l'importance s'accroît rapidement à mesure qu'aug-

(1) Valant 164 millions de dollars.

(2) Comtés qui possédaient le plus de mulets (d'après le Census de 1880) : Boone, Callaway, Canroll, Cooper, Franklin, Howard, Jackson, Johnson, La Fayette, Monroe, Pettis, Pike, Ray, Saint-Charles, Saint- Louis, Saline.

(3) Comtés : CoUin, Dallas, Ëllis, Fannin, Fayette, Grayson, Harrison, Lamar, Me Lennan, Navarro, Rusk, Tarrant, Washington.

(4) Comtés : Bolivar, De Soto, Hinds, Holmes, Lowndes, Madison, Marshall, Monroe, Noxubee, Panola, Tate, Washington, Yazoo.

(5) Comtés : Burke, Coweta, Floyd, Harris, Huston, Meriwether, Monroe, Sumter, Trou p.

(6) Comtés : Benton, Indépendance, Jeffcrson, Lee, Phillips, Pulaski, Sébastian, Washington.

(7) Comtés : Ballard, Calloway, Christian, Graves, Henderson, Hopkins, Logan, Madison, Todd, Trig, Warren.

(8) Comtés : Bedford, Carroll, Davidson, Fayette, Gibson, Giles Hardeman, Haywood, Henry, Lincoln^ Madison, Marshall, Maury, Montgomery, Obion, Rutherford, Shelby, Sumner, Weakley, Williamson, Wilson.

mentent les défrichements et les habitants. L'étendue des pâturages et Tabondance du maïs favorisent l'élevage. Les animaux de race bovine (bœufs de travail^ vaches laitières et autres animaux de race bovine) étaient 17,770,000 en 4850 et 83,000,000 en 1894 {') : merveilleux progrès en quarante-quatre ans.

Les États-Unis n'ont eu pendant longtemps qu'un bétail de très médiocre qualité ; les animaux étaient osseux, peu pesants, mal faits. Les deux principales races étaient les bœufs du Texas, animaux d'origine espagnole à jambes hautes et à grandes cornes (*), qu'on trouve encore surtout dans la région du sud-ouest, et les « stockers » qui proviennent d'animaux importés par les premiers colons anglais et qui sont très répandus dans le centre et l'est; ils ne pesaient guère en moyenne plus de 1,000 à 1,200 livres (450 à 550 kilogrammes) à l'âge de quatre ans. Â partir de 1853, des essais d'amélioration ont été faits à Taide de taureaux Durham, dits « short-horns », bœufs à cornes courtes, importés d'Angleterre, animaux plus gros et plus en viande. Cette industrie a fait de grands et de rapides progrès depuis la guerre de la rébellion, c'est-à-dire depuis que lesAméri-

(irEn 1893, 52,300,000, dont 16,424,000 vaches laitières valaDt 357 millions de dollars (1,838 millions de francs) et 36 millions d'autres animaux de race bovine valant 548 millions de dollars (2,822 millions de francs). En 1894, 16,482,000 vaches laitières valant 359 millions de dollars et 36,608,000 autres animaux de race bovine valant 531 millions de dollars. (Voir Statistical Abstract, 1893, p. 324, 325.)

(2) « Ce bétail fut importé du Mexique vers 1770 ; il n'avait point été amélioré en Europe. Il en fut de même au Mexique et plus tard en Californie, où il a vécu toujours à l'état sauvage. Son extérieur en a contracté les signes caractéristiques. Le gris souris, le brun et le rouge bronzé sont les robes qui lui sont propres... Les membres sont développés et nerveux ; les articulations sont fortes. Le corps et le flanc sont souvent longs, mais le corps manque souvent d'ampleur..., les cornes fines, longues, pointues. » (Rapport de M. de Savignon.)

cains ont cherché en Europe des débouchés à leur pro- . duction en viande; c'est alors qu'a commencé d'une manière méthodique l'élevage en grand dans les plaines de l'ouest. Il y a eu à l'exposition universelle de Chicago de remarquables concours de bœufs, Durham, Guemesey, Jersey.

Des agronomes se flattent même aiijoui^'d'hui d'obtenir aux États-Unis, grâce à l'élevage en plein air et la qualité des herbes, une viande de qualité supérieure à celle des animaux élevés à Tétable en Europe : ce qui ne s'applique qu'à des régions particulièrement favorisées, comme les a Blue grass »• Mais les fermiers intelligents obtiennent à trois ans des croisés du poids de 1,500 à 1,800 livres (680 à 815 kilos) et des pur sang de 1,800 à 2,000 (818 à 906 kilos.) (*) .

Le Texas est l'État du sud où l'élevage a pris la plus grande extension.il possédait, en 1894, 7,410,000 bêtes à cornes, beaucoup plus qu'aucun a^tre État. Là, ainsi que dans plusieurs États ou Territoires voisins, la proportion s'élevait à plus de 3,8 animaux par habitant.

Dans cet Etat, comme dans le New Mexico (^)

(1) Un éleveur faisait remarquer en K%Tï qu'un gros bœuf commun de 3 ans et demi valait 63 dollars, tandis qu'un pur sang de 3 ans on valait 108 sur le marché de Chicago et qu'il y avait profit à élever des pur sang. Un autre grand éleveur de PlUinois calculait que sur 112 bœufs croises âgés de 3 ans qu'il avait vendus à sa ferme, il avait gagné 7,000 dollars de plus, tout compte fait, qu'il n'aurait gagné sur 112 bœufs natifs âgés de 4 ans, et que son acheteur avait revendu à Chicago ses animaux à raison de 6 cents 3/4 la livre, tandis que la qualité moyenne en natifs était payée 4 cents 1/2. (Voir l'Agriculture des États-UniSy par M. Breuil, p. 44.)

(2) Comtés qui possédaient le plus de vaches laitières, bœufs et autres animaux de race bovine, d'après le Census de 1880 : Archer, Austin, Brown, Clay, Coleman, Colorado, Cooke, Denton, Do Witt, Ellis, Fort Bcnd, Goliàd, Gonzales, Grayson, Harris, Hunt, Jack, Jackson, Lamar, Lavaca, Llano, Mason, Médina, Nacogdoches, Nueccs, Rcfugio, Stonewall, Tarrant, Victoria, "Wise.

(1,240,000 bêles à cornes en 1894), TArkansas (*) (983,000), le Colorado (*) (1,072,000), le Kansas (') (î,647,000), le Nebraska (♦) (2,188,000), TArizona (') (664,000), les bœufs passent toute Tannée en plein air, soit dans de vastes enceintes désignées sous le nom de « corral », soit dans les plaines où ils errent librement, broutant tantôt Therbe verte et tantôt une herbe sèche qui conserve son suc et se convertit d'elle-même en foin. Dans ces plaines, 100 à 200 « vaqueros », bouviers à cheval, suffisent pour ^der des troupeaux qui comptent parfois 10,000 à 35,000 têtes (*); ils ramènent le soir vers un point déterminé les animaux qui se sont dispersés au loin dans la journée et ils serrent le troupeau en galopant autour du cercle jusqu'à ce que tous soient couchés. De novembre à avril, ce troupeau reste à peu près abandonné à lui-même, sans gardien et sans abri; au printemps, les bouviers font une grande tournée, fouillant le pays pour chercher les animaux, les pousser vers le corral et y marquer les veaux. Gomme il faut que le bétail s'abreuve deux fois par jour, les terrains d'élevage n'ont de valeur qu'à une certaine proximité d'un cours d'eau. La rareté des eaux

'{) Comtes : Bernadlllo, Mojra, Rio Arriba, San Miguel, Socorro.

(2) Comtés : Ârkansas, Âshley, Bcnton, Columbia, Dorsey, Drew, Hempetead, Independence, Logan, Lanoke, Washington, Whîte.

(3) Comtés : Arapahoe, El Paso, Las Animas, Park, Paeblo, Saguache, Wcld.

(4) Comtés : Andersen, Atohison, Bourbon, Brown, Chase, Chautauqaa, Goffey, Douglas, Franklin, Oreenwood, Jackson, Jefferson, Linn, Lyon, Miami, Nemaha, Osage, Pratt, Shawncc, Wabaunsee, Wallace, Wilson.

(5) Comtés : Burt, Cass, Cheyenne, Custer, Lancaster, Lincoln, Otoe, Richardson, Washington.

(6) Un troupeau de 10,000 tètes, donnait vers 1880, 1,500 à 2,000 animaux à vendre' comme animaux gras, dont 20 p. 100 étaient des vaches, 80 p. 100 des bœufs valant, à 4 ans, 125 à 150 francs par tête.

potables est, beaucoup plus encore que la rigueur dès hivers et les épidémies, un obstacle au développement de rélevage dans l'ouest et surtout à l'introduction des races délicates.

Les animaux sont ordinairement parqués dans des enclos séparés par des clôtures en gros madriers; suivant les besoins de l'alimentation ou du service de l'exploitation, on les fait passer d'un enclos dans l'autre.

Yers 1880, ce genre d'élevage était considéré comme une des industries les plus lucratives des États-Unis : il rapportait jusqu'à 33 p. 100 à ceux qui opéraient en grand.

Il est pratiqué d'une manière difTérente dans le centre et le nord-ouest (*).

En moyenne les bêtes à cornes sont à bon marché dans les États du sud et du sud-ouest, d'abord parce que la production dépasse la consommation, quoique cette production y reste à peu près stationnaire et rétrograde même dans quelques-uns ('), ensuite parce qu'on engraisse peu dans cette région et que les bœufs mexicains à longues cornes, espèce qui donne peu de viande ^ sont encore très nombreux.

Les pays d'engraissement se trouvent plus au nord, sur la rive gauche du Mississipi particulièrement dans le « Blue grass » du Kentucky et du Tenntssee. L'herbe bleue, « poapratensis », qu'on rencontre aujourd'hui dans diverses contrées du centre, est depuis longtemps renom-

(1) Dans certaines régions du nord de rAmérique, le progrès a été plus rapide encore qu'au Texas. Ainsi le Montana, qui, en 4880, avait 172,000 bétes à cornes, en comptait 1,072,000 en 1893.

(2) Les dix États de cette région (de l'Alabama à la Virginie) possé* daient, en 1860, 2,202,000 Yachcs laitières et 5,057,000 autres bétes à cornes; en 1893, 2,598,000 et 4,122,000. La Géorgie, qui avait 1 million d'animaux d'espèce bovine en 1860, n'en avait que 908,000 environ en 1893.

mée pour le gros bétail aussi bien que pour les chevaux, et les animaux à courtes cornes qu'on y élève sont recherchés, particulièrement comme reproducteurs. Les pays de céréales, tels que les plaines de TOhio et du Mississjpi supérieur, achètent les bœufs du sud et de Touest à Tâge de deux ans et les engraissent en même temps que leurs propres animaux nés sur place. Les Etats qui pratiquent le plus cette industrie sont TlUinois, rindiana, Tlowa (4,000,000 de bêtes bovines), le Missouri, rOhio.

C'est dans les fermes du nord-est que le gros bétail a le plus de valeur et qu'il est le mieux engraissé ; c'est aussi dans ces États que le nombre des consommateurs est le plus considérable relativement à l'étendue du territoire. Aussi, pendant que la valeur moyenne — rensei- ^ement vague d'ailleurs — d'une bête de race bovine est d'environ ^ 20 pour Tensemble des Etats-Unis (moyenne de 1886-1889), elle dépasse $ 30 (154 francs) dans le New York et la Nouvelle- Angleterre ; elle atteint même $ 35 (180 francs) dans le Massachusetts ('). -L'éditeur du Sho?'t homs herdbook estimait récemment à 15,000 le nombre des animaux de pur sang, valant l'un dans l'autre 300 dollars. Au contraire, la valeur moyenne dans le sud (Alabama, Mississipi, Géorgie) est à peine de 10 dollars.

Les bœufs autrefois transportés du sud au nord par mer et par le Mississipi le sont aujourd'hui, pour la plupart, en chemin de fer et dans de bien meilleures conditions. Les bestiaux engraissés, qui ne servent pas à la consommation locale, sont dirigés sur les grands marchés, tels que Chicago, Cincinnati, Saint-Louis, New York,

(1; Voir Album of agricuUural Staiistics, 1891.

Boston. Ils sont pesés, vendus^ conduits dans des stalles et abattoirs. Les filets et les meilleurs morceaux sont expédiés en général pour les États de Test, dans des wagons frigorifiques (*) ; d'autres sont salés et mis en barils; la plus grande partie, composée surtout de bas morceaux, est désossée, bouillie et mise en boites pour être vendue à Tétat de conserves.

M. Dodge fait remarquer que l'approvisionnement en viande peut devenir plus considérable sans que le rapport du nombre des animaux au nombre des habitants augmente, parce qu'un animal qui pèse 600 livres à trente mois, donne trois fois autant de viande qu'un animal qui met quatre ans à atteindre le poids de 320 livres : cause d'abondance et par suite de bon marché. C'est ce qui est arrivé aux Etats-Unis comme en France.

Les bœufs sont employés quelquefois au travail. Toutefois cet emploi est rare, excepté dans le sud où même il a diminué depuis la guerre de la rébellion.

Si le Texas est TEtat qui possède le plus de bêtes bovines, il n'est pas celui où la densité du bétail est le plus grande. C'est dans la région centrale, celle du Mississipi supérieur et de l'Ohio, c'est-à-dire la région des céréales, qu'elle se trouve; pour les cinq États de l'Ohio, de l'Indiana, de Tlllinois, de l'Iowa et du Missouri, elle varie de 18 (pour l'Ohio et l'Iowa) à 12 têtes (pour le Missouri) par kilomètre carré.

La proportion est même un peu plus forte dans l'est : New York (23 têtes par kil. c.) (*), Pennsylvanie (15), Connecticut (17), Vermont (16).

(1) Voir plus loin les « Stockyards » de Chicago.

(2) Le New York égale ainsi la proportion moyenne de la France^ qui est d'un peu moins de 25 têtes par kilomètre carré.

l'agRIGCLTURE aux ÉTATS-UNIS. 151

Au contraire, dans les États du sud, la densité varie de 3 à 6 tètes par kilomètre carré ; dans la plupart des Territoires de Touest elle est inférieure à 1.

La moyenne générale pour tout le territoire des Etats-Unis ne dépasse pas 6,5 tôtes par kilomètre carré (en 1893), tandis qu'elle est.de 25 en Frauce. Mais, si Ton compare ce bétail à la population qui le possède, on trouve 80 tètes pai* 100 habitants, tandis que la France n'en a que 34 ; c'est là le signe à la fois d'une culture encore exténsive aux Etats-Unis et d'une grande abondance de viande.

Beurre et fromage, — Le nombre des vaches laitières a doublé dans le New York (1,856,000 en 1893), la Pennsylvanie, Tlllinois, l'Iowa, le Missouri, l'Indiana, le Kansas, le Minnesota, le Nebraska, TOhio, le Wisconsin et le Texas qui possèdent chacun plus de 500,000 ani^ maux de cette catégorie.

On fait du lait condensé ; il existe deux très grandes usines pour cette fabrication, Tune à Dixou (Illinois) et l'autre à Middletown (New York). Le lait est employé en partie à la fabrication du beurre et du fromage, laquelle s'est considérablement développée avec la facilité des communications intérieures, la nécessité de trouver des ressources autres que la culture des céréales et le progrès de l'exportation. Jusqu'àquel point la margarine a-t-elle contribué à accroître la quantité, c'est ce qu'on ne saurait calculer. Mais on peut dire que le beurre d'Amérique s'est amélioré par l'empressement qu'ont mis les fermiers et fermières à étudier et à essayer les procédés nouveaux. Dans la région centrale, l'Illinois, le Michigan, l'Indiana, rOhio occupent sous ce rapport le premier rang; dans Test, le New York et la Pennsylvanie.

Le beurre figure à chaque repas sur la table des Américains; presque toujours il est salé, ce qui facilite l'exportation et la fabrication en grand. Aussi, depuis une dizaine d'années^ de grandes fabriques de beurre se sontelles installées dans la Nouvelle-Angleterre et dans d'autres contrées d'élevage. Une des plus importantes, celle de Saint-Albans, dans l'État de New York, peut être citée comme un des plus remarquables exemples de cette industrie. Elle achète le lait, à raison de 48 à S8 cents le gallon (S5 à 68 centimes le litre) à tous les fermiers de la contrée et produit plus de 20,000 livres (environ 9,000 kilos) de beurre par jour. Cinquante-huit écrémeuses traitant mille litres de lait chacune à T heure, quatorze barattes d'une capacité de 1,500 à 2,000 litres et deux grands malaxeurs automatiques font le travail. La propreté est irréprochable et l'établissement, dont la réputation est établie, livre au commerce en gros son beurre sur le pied de 2 francs àâ fr. 20 le kilogramme. Là, comme ailleurs, la grande industrie concentre laproduction en forçant les petits producteurs à abandonner la place : c'est une transformation économique qui est à peu près générale en Amérique.

- Les fromages sont peu variés jusqu'ici, quoiqu'on fabrique à peu près tous les fromages d'Europe , principalement le gruyère et le chedard (*). L'Amérique exporte environ les 2/8 (*) de sa production fromagère, tandis qu'elle n'exporte que 2 p. 100 de son beurre (^).

. (1) M. Dodge évalue la producUon moyenne du lait à 360 gallons (environ 1,620 litres) par vache. Elle s'élève à 475 dans les États où l'élevage est perfectionné.

. (2) Les 2/5 de 139 millions de kilogrammes.

(3) 2 p. iOO sur 453 millions de kilogrammes, mais les États de TEst eonsomment l'un et l'autre en grande quantité. L'exportation a augmenté

Sur beaucoup de points, la fabrication se fait en grand, comme celle du beurre; des fromageries ont été savamment installées et les fermiers du voisinage apportent leur lait.

Des statisticiens évaluaient, il y a une douzaine d'années, la valeur du lait des États-Unis à 3 milliards de francs, la production du beurre à 450 millions et celle du fromage à 140 millions de kilogrammes (^).

Race ovine. — Les Américains se sont moins appliqués à rélevage des moutons. Le nombre total des bêtes de race ovine était d'environ 22 miUions (*) en 1850 et de 45 en 1894 (^) ; il avait dépassé 50 en 1884, nombre un peu moindre que celui des bœufs ; depuis une dizaine d'années, l'état était resté à peu près stationnaire ; il y a même aujourd'hui rétrogradation.

C'est à la région centrale et aux deux États de Test qui lui sont, contigus qu'appartient le premier rang. Elle ne Tavait pas encore en 1840; mais elle l'avait en 1850 avec 7,7 millions de moutons recensés dans la partie désignée sous le nom de « Western States and Territories »; en 1860 avec 8,1 millions; en 1870 avec 13,7 millions; en 1880 avec 14,1 millions et en 1890 avec 12,6 millions : chiffres, empruntés au Gensus, qui ne donnent peut-être pas avec précision la quantité réelle, mais qui marquent les étapes d'un progrès

de la manière suivante de décade en décade, depuis 1840 : beurre 34,36, 133, 152, 158 millions délivres ; fromage (plus facile à exporter) 91,79. 447, 1,000, 1,042.

(1) Valant 126 millions de doUars.

(2) Cependant il y a eu diminution jusqu^en 1889 (42,5 miUions) et augmentation depuis 1890.

(3) Le volume intitulé Wool and manufactures of wool donne des évaluations très diverses du nombre des moutons : eu 1890, d'après le Genras. 35,935.364 (p. 34); d'après le Département de l'Agriculture, 44,336,072 (p. 47) et 47,273,553 en 1893 (p. 50).

enrayé depuis une quinzaine d'années; le maximum pour cette partie des Etats-Unis a été atteint, en 1884, avec 18,639,000 moutons (*). rOhio(*) (4,378,000 moutons en 1893 et 3,767,000 en 1894) nourrit 35 tètes par kilomètre carré et donne plus de laine qu*aucun autre État. Llndiana (^] (1,080,000 en 1893 et 972,000 en 1894),llllinois (*) (1,032,000 en 1894), le Michigan(*)(2,392,0OOenl894),leKentucky(«)(l,163,O00), le Missouri (^) (1,000,000), la Pennsylvanie (^ (1,473,000) et le New York (•) (1,388,000), qui en nourrissent de 16 à 6, appartiennent au même groupe. Dans cette région les moutons sont élevés à peu près comme en Europe.

Le Vermont élève de bons mérinos pour la reproduc-

(1) Cette partie comprend 11 États (Ohio, Michigan, Indiaoa, Illinois, WiscoDsin, Minnesota, lowa, Missouri, Kansas, Nebraska, Colorado); les chiffres de cette statistique, qui sont ceux du Census, ne concordent pas exactement avec ceux du Statistical abstract qui proviennent du Département de TAgriculture, voir Wool and manufactures of wool by "Worthington C. Ford, chief of thc Bureau of statistics, Treasury department, 1894, p. 32.

(2) Comtés qui possédaient le plus grand nombre de moutons d'après le Census de 1880; Belmont, CarroU, Columbiana, Coshocton, Delaware, Guemsey Harrison, Jefferson, Knox, Liking, Norrow, Muskingura, Tuscarawas .

(3) Allen, De Kalb, Ëlkhart, Fountain. Hendricks, Lagrange, Montgomery, Noble, Owen, Putnam, Steuben.

(4) Comtés : Brown, Fulton, Lake, Me Henry, Me Lean, Macoupinr Vemilion.

(5) Comtés : Branch, Calhoun, Clinton, Eaton, Genesee, HiU8dalo,Ingham lona, Jackson, Kalamasoo, Lenawec Livingston, Macomb, Oakland, Shiawassee, Washtcnaw.

(6) Comtés : Boone, Bourbon, Clark, Fayette, Harrison, Henry, Madison, Mercer, Nelson, Oldham, Scott, Shelby, Spencer.

(7) Comtés : Boone, Caldewell, Callaway, Daviess, Harrisson, Linn, Monroe, Pettis, Shelby.

(8) Comtés : AUcgheny, Beaver, Bradford, Butler Crawford, Fayette, Greene, Indiana, Lawi'ence, Marcer, Susquehanna, Washington, Westmoreland.

(9) Comtés : AUegany, Cayuga, Columbia, Genesee, Livinsgton, Onondaga, Ontario, Steuben, Washington, Yates.

tion. Le New York et le Michigan ont d'importants marchés pour la laine.

Dans le sud, le Texas (') (4,334,000 en 1893 et 3,814,000 en 1894) n'a pas moins d'importance que rOhio; mais le mode d'élevage y est différent et le nombre des animaux qui s'était élevé rapidement de 1 million et demi en 1875 à près de 8 millions en 1884, est tombé brusquement au-dessous de 4 millions, sans que la production de la laine ait beaucoup varié. Le New Mexico (') (2,921,000) où le nombre des animaux a aussi diminué sensiblement(5,4 millions en 1885) et le Colorado (') (l,293,000)'appartîennent au même groupe.

Dans le nord, le Wisconsin (*) (1,066,000) occupe le premier rang; dans la Cordillère, le Montana {*) (1,528,000 en 1893 et 2,780,000 en 1894), l'Utah (•) (2,117,000 en 1893 et 1,905,000 en 1894) où le nombre des animaux avait rapidement augmenté de 1883 à 1893, leWyomingO (1,198,000) et, sur le versant du Pacifique, rOrégon(«) (2,529,000) et la Californie {') (4,121,000 en 1893 et 3,918,000 en 1894), laquelle rivalise par le nombre

(1) Comtés : Bee, De Witt, Duval, Ëncinal, Frio, Gillespie, Goliad Gonzales, Hartley^ Karnes, Kinney, la Salle, Live Oak, Maverick, Nueces, Uvalde.Wharton, Zapata.

(2) Comtés : BerDalillo, Colfax, Mora, Rio Arriba, San-Miguel, Socorro, Tao8, Valcncia.

(3) Comtés : Arapahoe, Bent, Elbert, El Paso, Larimer, Las Animas, Pueblo, Weld.

(4) Comtés : Columbia, Oane, Dodge, Fond du Lac, Green, Green Lake, Jeffersoiif Kenosha, Racine, Rock, Walworth, Waukesha, Winnebago.

(5) Comtés : Beayer Head, Deer Lodge, Madison, Meagher.

(6) Comtés : Beavcr, Sait Jake, Sanpete, Tooele.

(7) Comtés : Albany, Laramie.

(8) Comtés : Baker, Douglas, Graot, Lanc, Linn, Marioo, Umatilla, Wasco.

(9} Comtés : Butte, Calaveras, Colusa, Fresno Humboldt^ Kern, Los Angeles, Mendocino, Merced, Monterey, Sacrameuto, San Diego, San Joaquim, San Luis Obispo, Santa Barbara, Sonoma, Stanislaus, Tehama, Tulare, Ventura.

avec rOhio et le Texas et prend place dans les premiers rangs pour la production de la laine, quoique le nombre des animaux ait été constamment en diminuant depuis douze ans (plus de 7 millions 1/2 en 1880, année du maximum).

Dans les pays de l'ouest oîi dominent les types mexicains, croisés de mérinos, les animaux vivent en plein air, bien qu'ils exigent plus de soins que les bœufs. Beaucoup sont atteints de la gale ; leur laine est généralement commune et est altérée par les graines épineuses qui s y attachent. Le mouton californien, qui descend de races diverses, est le plus renommé dans l'ouest; la douceur de l'hiver lui est propice et la liberté de pâture sur les terres publiques a favorisé la multiplication de l'espèce. La viande du « Royal Warwick Oxford» est particulièrement estimée.

La moyenne générale est d'environ 6 têtes par kilomètre carré. La proportion en France est presque dix fois plus forte par rapport au territoire. Relativement au nombre d'habitants elle est à peu près la même dans les deux pays, malgré la diminution du nombre total des animaux de cette espèce depuis vingt ans en France.

Aussi les États-Unis ne suffisent-ils pas à leur propre consommation de laine, quoique le rendement moyen par mouton ait augmenté depuis cinquante ans de deux livres à cinq , d'après M. Dodge, même jusqu'à 6 livres 1/2 d'après M. N. D. North (*) et que la production du pays ait triplé depuis trente ans, avec une progression constante de 1872 à 1888. Tous les ans les Etats-Unis

(1) En 1893, le poids moyen des toisons variait de 4 1/2 livres en Géorgie à 8 1/2 dans le Wyoming. Voir Wool and manufactiares ofwool, 1894, p. 50.

importent plus de laine qu'ils n'en exportent {^), tandis que Texportation des moutons vivants augmente.

Cette production était évaluée, en 1893, à 301 millions délivres (136 millions de kilos)de lainenon lavéeoulavée provenant de la tonte et à 47 millions de livres (S 1 millions de kilos) de laine provenant depeaux. Sur les301 millions, le Texas en a fourni 30, la Californie 27, l'Ohio 22, l'Orégonl9, le Montana 17, le Michîgan 16, TUtah 18, le New Mexico 12 et le Wyoming 10 (').

Le prix de la laine a subi le sort de la plupart des produits agricoles aux États-Unis : il a diminué. La laine Ohio-Pennsylvania XX, qui est une marchandise de choix, est descendue sur une pente à peu près continue de 70 à 75 cents la livre, en 1872, Tannée de la plus grande cherté sous le régime du papier-monnaie, à 22 et 25 cents en février 1894; la laine commune Ohio- Pennsylvania a^uivi la même pente, de 65 à 70 cents en 1872 jusqu'à 21 et 20 cents en février 1894. La laine de choix du Colorado, qui a moins de valeur, est descendue de o5 et 50 cents en 1 872 àl5 et 12 cents en février 1893 (3).

(1) LAiïfB (millions de llvrea).

Productloa Consommation

Importation. totale des indigène. ÉtaU-Unls".

* I^ consommation no correspond pas toujours exactement au total de la production et de l'importation, h cause de l'exportation. Ainsi, en 1892, la production indig^^ne a été de S9i mil- Uoni de liTres. l'importation do li8,7 : total 442,7 ; l'exportation a été de .1,2 (dont 0,2 de laine iodiffène et 3,0 de laine importée) ; il est resté pour la consommation intérieur<> 439, V millions •le livres.

(2) Voir Wool and manufactures ofwooly p. 50.

(3) Voir Wool and manufactures of woolf p. 61 à 84.

158 É. LEVÀS8EUR.

Porcs. — Les porcs ont aux États-Unis une importance beaucoup plus grande que les moutons, quoique le nombre total des animaux ne soit pas plus considérable; mais on élève un porc en moins de temps et le produit annuel se trouve être ainsi beaucoup plus considérable. L'élevage de ces animaux, qui a fait de grands progrès malgré la crise de la guerre de la rébellion, est un des côtés caractéristiques de Tagriculture américaine.

Les porcs étaient, en 1850, au nombre de 30,354,000 et, en 1894, au nombre de 45 millions (') : ce qui correspond à 6 animaux par kilomètre carré et presque à S/3 de tète par habitant. La France possède à peu près 10 porcs par kilomètre carré et 1 porc par 7 habitants.

L'élevage des porcs est partout associé à celui des bœufs, ceux-là mangeant ce que ceux-ci ne prennent pas ou ne digèrent pas, vivant en liberté sans abri, abondamment approvisionnés de maïs qui constitue leur principale nourriture. La transformation du maïs en viande de porc est un des principaux emplois de cette céréale ; par conséquent, labondance du maïs favorise la multiplication des porcs non moins que T étendue des forêts où pousse le gland.

L'ancien porc, maigre et osseux, a été depuis longtemps remplacé par des races nouvelles. Les « Berkshire » et les (( Polandchina » qui sont les plus estimées sont des animaux ronds comme des cylindres avec des pattes et une tète perdues dans la graisse, se prêtant bien à Tengraissement, la première donnant une viande de qualité supérieure, la seconde ayant un développement rapide.

(1) Il a même été de près de 52 millions 1/2 en 1892. La valeur en 1892 était de 29o millions de dollars (1,519 millions de francs).

Le poids est très différent suivant le mode d'élevage* Dans les Étals où ces animaux servent principalement à la nourriture de la famille, on les tue jeunes et ils pèsent peu. Ils pèsent beaucoup au contraire dans les États où on en fait un grand commerce pour les « Packing bouses >i et ils parviennent à un embonpoint considérable ; ceux que reçoit Chicago pèsent en moyenne 127 kilogrammes en hiver et 108 en été (*). Mais ils sont exposés à plusieurs maladies, particulièrement au choléra qui détruit parfois les troupeaux.de toute une région (*).

La région centrale tient le premier rang sous le rapport de la quantité. Dans riowa(')il y avait, en 1894, environ 6,000,000 de porcs (18S,000 de moins qu'en 1893), soit 41 par kilomètre carré et près de 4 par haiitant; l'Ulinois (♦) (3,422,000), le Missouri (*) {3,709,000 au lieu de 4,076,000 en 1893), le Kansas (*) (2,249,000), llndiana (') (1,815,000), TOhio («) (2,350,000), le Kentucky(*) (1,794,000), le Nebraska(*") (2,088,000) en avaient de 28 à 9 par kilomètre carré. La

(i) A l'Exposition de Philadelphie, en 1816, on citait un cochon qui, à Tâge de 21 mois 4 jours, pesait 1,307 livres.

(2) Dans le seul État de riUinois, en 1877, sur 2,961,000 porcs recensés, 359,000 sont morts par le u hog choiera »», et la perte a été évaluée à 1 million i/2 de dollars; en 1878, il y a eu encore une perte aussi considérable.

(3) Comtés qui possédaient le plus de porcs d'après le Census de 1880 : lowa, Jasper, Johnson, Jones, Linn, Mahaska, Marion, Pottawattamie, Poweshiek, 'Tama.

[i) Comtés : Adams, Bureau, Fulton, Henry, La Salle, Livingstone, Me Lean, Sangamon.

(5;. Comtés : Atchison, Carroll, Harrison, Nodaway, Saline.

(6j Comtés : Brown, Jewell, Linn, Miami, Republic, Sedgwick.

(7; Comtés : Boone, Delaware, Qrant, Hamilton, Hendricks, Henry, Madison, Montgomery, Randolph, Shelby, Wayne.

(8) Comtés : Clinton, Darke, Fayette, Franklin, Greene, Hancock, Pickaway, Preble, Union.

(9j Comtés : Boone, Christian, Graves, Hardin, Hopkins, Logan, Shelby, Wappen.

, (iOj Comtés : Cass, Lancaster, Nemaha, Otoe, Richardson, Saunders.

population de ces huit États, qui est de 18,600,000 individus, possédait en tout plus de 19 millions de porcs.

Dans le sud, le Texas (*) (2,555,000), le Mississipif) (1,577,000), le Norlh Carolina (^) (1,334,000), le Tennessee (*) (1,930,000), TArkansas {') (1,547,000), la Géorgie (•) (1,791,000), l'Alabama (') (1,514,000) avaient chacun plus d'un million de porcs en 1893. En dehors de ces deux groupes, maiscontigu au premier^ rÉtat de Pennsylvanie (1,033,000) est le seul qui atteignit le chiffre d*un million.

C'est dans la Pennsylvanie, le New York et la Nouvelle-Angleterre que le porc acquiert sa plus grande valeur ('). Il en est de même pour le cheval, le bœuf et le mouton.

Les porcs de la région du centre (^) sont principalement expédiés sur les grands marchés de la région, Chicago, Saint-Louis, Cincinnati,. Indianopolis, Miiwaukee, Louisville, etc. Le nombre des porcs tués dans les abattoirs

(1) Comtés : Casa, Cherokee, Fannio, Henderson, Hopkins, Lamar, Red River, Smith, Van Zandt.

(2) Comtés : Attala, Copiah, Hinds, Holmes, Monroe, Yazoo.

(3) Comtés : Bertie, Daplin, Johnston, Robeson. Sampson, Wake.

(4) Comtés : Bedford, Gibson, Giles, Henry, Lincoln, Maury, Obion, Rutherford, Shelby.

(5) Comtés : Benton, Clark, Columbia, Indépendance, Logaa, Washington.

(16) Comtés : Bulloch, Burke, Emanuel, Washington.

(7) Comtés : Clarke, Jackson, Lawrence, Madison.

(8) Sur 16,553,662 porcs tués aux États-Unis pendant la saison d'hiver et la saison d^été de Tan 1880-81, 12,243,000 appartenaient à la région du centre, principalement à l'Illinois et à Chicago (2,979,000 porcs tués dans l'Illinois pendant Thiver sur un total de 6,919,000 pour la saison d'hiver dans tous les États du centre;, au Missouri (963,000) et à Saint- Louis, à rOhio (839,000) et à Cincinnati, à l'Iowa (648,000), à l'indiana (540.000). On en itue beaucoup aussi à Miiwaukee.

(9) Il vaut plus de 10 dollars dans la Nouvelle- An gleteiTe, tandis que la valeur moyenne pour les États-Unis (période 1880-89) n'est que de 5 dollars, et qu'elle descend au-dessous de 4 dollars dans les États du sud. Dans la région de la Cordillère, la valeur est d'environ 8 dollars

decette région qui s'élevait, ily a une douzaine d'années, à 12 millions (exercice 1880-81); augmente d'année en année. En ajoutant à ce nombre celui des porcs tués dans Test (Boston, New York, Philadelphie, Baltimore, etc.) et sur la côte du Pacifique (San Francisco), on arrive, pour ce même exercice, à un total de plus de 16 millions (*).

La rapidité avec laquelle les porcs sont abattus et débités dans les « Packing houses » a été souvent décrite. Le cochon est saisi par les pattes de derrière, hissé en Tair, saigné, échaudé, gratté ; les intestins sont retirés, la tête est coupée, le corps séparé en deux parties; les jambons sont plongés dans la saumure, puis enfumés, emballés dans des sacs de calicot ; les quartiers restent empilés dans la cave entre des lits de sel, puis sont lavés, séchés, mis en caisse. Les déchets sont préparés en saucisses; la panne est transformée en saindoux. Toutes ces opérations se font avec la précision automatique qui est le cachet de la grande manufacture. (Voir plus loin le chapitre relatif à Chicago.)

Les États dans lesquels Télevage, surtout celui des bœufs et des porcs, a pris une grande importance, produisent plus qu'ils ne consomment et ne sont soutenus et stimulés dans cette pratique agricole que par leur exportation pour les autres Etats ou pour l'étranger. Or, comme le bétail vivant et la viande sont des produits encombrants, le développement de cette industrie a été jusqu'ici et restera étroitement lié au progrès des voies de communication, surtout des chemins de fer.

La commerce de la viande. — Ce commerce a pris une

(1) Correspondant à la région dite a The West » par les Américains.

162 É. LEVÂSSEUR.

extension considérable . L'exportation des animaux et des matières animales, qui était déjà de 50 millions de dollars (257 millions de francs) en 1872 et constituait à peu près le douzième de Texportation totale des États-Unis, est montée à 172 millions de dollars (885 millions de francs) en 1880 sur une exportation totale de 840 millions de dollars (4,326 millions de francs).

Elle serait plus considérable si la grande distance entre certains pays d'élevage, comme le Colorado ou même la région du centre, et les ports de New York, Philadelphie, Baltimore, Boston, etc., ne faisait perdre aux bœufs beaucoup de leur poids.

Dans cette exportation, les animaux vivants figuraient pour environ 80 millions de francs; c'étaient presque exclusivement des bœufs embarqués pour la Grande- Bretagne. Les produits de la race bovine figuraient pour une valeur de 230 millions dont plus des trois quarts étaient à destination de la Grande-Bretagne ; ils co nsistaient surtout en fromages, suif, viandes fraîches, beurre et cuirs, expédiés à Taide de procédés réfrigérants. Les produits de la race porcine : jambons, lard fumé, porc salé, saindoux, figuraient pour une valeur de plus de 430 millions, dont les cinq huitièmes étaient dirigés sur l'Angleterre . (Voir plus loin le chapitre du commerce extérieur.)

Autres produits animaux. — La volaille est, sauf exception, plus abondante que fine aux États-Unis. Le dindon seul, animal originaire du pays, est délicat, mais de plus petite taille qu'en Europe; on en élève beaucoup, surtout dans le Kentucky. Toutes les espèces européennes se trouvent dans les fermes d'Amérique, et le prix en est généralement très modéré ; depuis l'éman-

cipation, les nègres possédant un petit coin de terre ont élevé de la volaille. Le commerce des œufs est considérable et généralement lucratif.

Quoique les États-Unis aient beaucoup augmenté de 1870 à 1880 la fabrication des soieries, ils élèvent cependant encore peu de vers à soie. Le climat se prête quelque peu à cet élevage au sud du 40* parallèle ; cependant cette industrie agricole n y est pas en progrès. La récolte, en 1834, avait atteint la valeur de 2 milliards de francs; depuis 1850, elle parait n'avoir jamais dépassé 300 niillions de francs. En 1880, elle na pas atteint 2 millions de kilogrammes et n'a eu qu'une valeur de 375 millions de francs ; elle provenait presque entièrement de la Californie, quelque peu du Tennessee, de la Caroline du nord (*), du Kentucky, du Texas où un Français a introduit dès 1869 l'élevage du ver à soie.

Le miel et la cire ont plus d'importance. On trouve des ruches dans tous les États de la région du centre, Illinois, Missouri, Ohio, etc., et de la région du nord-est, le Maine excepté ; on en trouve aussi en Californie. On voyait aussi à l'exposition de Chicago des ruches en bois avec compartiments en planchettes que l'on présentait comme un perfectionnement auquel peuvent se conformer les habitudes des abeilles.

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