‹ L'agriculture aux États-UnisChapitre 23 sur 40 · ANIMAUX · texte numérisé non relu

ANIMAUX

Chevaux

Mulets et àiies. . . .

Bœufs

Moatons

Porcs

* En 1893 pour les mulets et ânes.

Huitième région : Région de la Cordillère, — La région de la Cordillère comprend le Montana, dont la moitié orientale appartient en réalité aux plaines du nord, ridaho, le Wyoming, le Nevada, TUtah, le Colorado, l'Ârizona et le New Mexico (2,237,870 kil. carrés).

Le climat y est extrême et la pluie très rare. Dans la partie septentrionale du plateau la température moyenne de janvier est de 25''4 Fahrenheit (+ 3,9 cent.), celle de juillet de 72^1 ( + 22,2 cent.). La moyenne mensuelle dans la partie méridionale est de 42^2 (-f 5,7 cent.) en janvier, et de 82**7 (27,9 cent.) en juillet; la moyenne annuelle est de 62,7 (-h 16,9 cent.).

Dans le Nevada et TUtah (excepté à Test du Grand lac Salé), il tombe moins de 10 pouces d'eau par an (0"',28). Dans les montagnes du Montana et du Colorado, ainsi que dans les monts Watsach et TJintah, il en tombe davantage (^), mais Thiver est très rigoureux. A Helena (Montana), la température moyenne de Tannée est 43" (+ 6,1 cent.) et il tombe 12,6 pouces d'eau(0'»,31). A Sait

de 1893 a été très mauvaise en général, que le rendement en blé a été de 3ôp. 100 au-dessousdu rendement de 1892. u Cette année, dit le Commissaire de Tagriculture et du travail, a été la plus défavorable qu'on ait eue depuis les débuts de la colonisation, excepté dans la partie nord-est de rËtat, et, en outre, le prix est le plus bas qu'on ait constaté depuis nombre d'années. » {Spécial report of the Commissioner of agriculture and labor to thegovemor of North Dakota for the year 1893 ; p. 7 et 8.) (!) De 20 à 25 pouces (0,50 à 0,75).

230 É. LEVASSEUB.

LakeCity(Ulah),51o{+10,5)etl6,6pouces(0™,41)d*eau; àTJinnemucca(Nevada),49"7 (+ 9,6) et 8,4pouces(0™,21) d'eau; à Yuma (Arizona), 71<»9(+ 21,9) et 3 pouces (0"»,7) d'eau; à Santa Fé (N. Mex.) 48°4 ( + 8,9) et 13,9 pouces (0'»,34) d'eau.

Aussi la culture des céréales et des légumes ne se fait-elle le plus souvent que par irrigation. Capter les eaux, construire des canaux de conduite est une des grandes industries du pays; elle fait la valeur des terres. Pour une acre qui vaut 8 dollars, on en paie parfois 18 et plus pour avoir une concession d'eau.

Il n'y a encore qu'une très minime partie des terres de cette région qui soient occupées en fermes : moins de 1 p. 100 du territoire (*). Celles qui le sont contiennent beaucoup plus de bois ou de prairies et de terres incultes que de terres labourées (*). Le sol a en général peu de valeur ('), excepté toutefois sur certains points du Colorado et de l'TJtah. L'exploitation est faite presque exclusivement par les propriétaires : sur 100 cultivateurs il y a à peine 13 tenanciers non-propriétaires dans le Colorado, Etat qui en a pourtant plus que les autres de la même région. Dans tout l'ouest, où l'on devient facilement propriétaire et où les ouvriers sont très rares, le salaire est plus élevé que dans le reste de l'Amérique : l'ouvrier agricole non nourri gagnait par mois, en 1890, de 27,80 dollars (141 fr. 60) dans l'Arizona à 36,50 (182 francs) dans le Montana.

(i) 1,8 p. 100 dans le Colorado, qui en a le plus; 0,2 p. 100 dans le Wyoming et TÂrizona, qui en ont le moins.

(2) Dans le Colorado par exemple, le quart seulement des terres de fermes est labouré.

(3) Dans le Wyoming Tacrc est évaluée en moyenne à 6,72 dollars (33 fr. 60).

l'agricultube aux états-unis. 231

Sur de vastes espaces, le sol de ces grandes « Plaines » contient les éléments de la fertilité, déposés par les herbes flétries et par les déjections des buffles pendant des siècles. C'est Teau qui manque. Le foin y est généralement bon; quand Therbe est trop maigre pour être fauchée, la sécheresse du climat la conserve sur pied en boo état.

Comme la proportion des terres en culture est très faible relativement au territoire, la région a peu d'importance au point de vue de la production totale. Cependant, comme on n*y cultive guère que des terres d'alluvion dans les vallées et à Taide de Tirrigation, le rendement par acre se trouve en général être fort. La région se place sous ce dernier rapport dans les premiers rangs : d'après la moyenne de la dernière décade, le Colorado occupait même le premier rang avec un rendement de 19,6 boisseaux de blé par acre (17,7 hectol. par hectare) ; pour le rendement des autres céréales (moins le sarrasin) et les pommes de terre, la région dispute le premier rang à la Nouvelle- Angleterre (*). Elle est aussi dans les premiers rangs pour la valeur de son bétail, surtout de ses vaches laitières et de ses porcs. On élève beaucoup démontons dans T Arizona qui reçoit trop peu de pluie pour produire des céréales sur les terres qui ne sont pas irriguées.

Le Wyoming élève des moutons et même des bœufs dans ses steppes et ses prairies. Il cultive aussi les céréales ; ilexposait à Chicago de très belles avoines provenant du comté de Fremont, à Taltitude de 5,000 pieds (1,800 mètres); il produit de la graine de lin, des haricots.

(1) Voir V Album of agi'icullural Graphics,

Mais, élant pauvre en pluie, il ne donne de récoltes que par rirrigation. On y endigue les ruisseaux, on dérive les rivières ; en 1893, 371 autorisations avaient déjà été accordées pour des irrigations qui pouvaient s'étendre sur 1,265,000 acres (512,000 hectares); la dépense devait être de 7 millions de dollars.

Le sol du Nevada^ en grande pai'tie formé d'argile et de roc, est généralement sec et stérile; la population y a diminué dépuis que l'exploitation des mines n'attire plus les ouvriers.

Le New Mexico a fait depuis quelques années de sensibles progrès, surtout pour la culture des fruits. Il avait exposé à Chicago de nombreuses variétés de froment, d'avoine, de seigle, de maïs obtenues par irrigation. Ses fermiers ménagent une rigole pour Teau entre chaque à-dos qui porte chacun deux rangs de maïs.

La terre de YVtah, comme toutes celles de cette région, n'est cultivable que par irrigation (*). Une statistique ofBcielle, publiée à propos de l'exposition de Chicago, évaluait à plus de 20,000 milles (32,180 kilomètres) les canaux construits à cet effet en 1892 (^), le nombre des acres en culture à plus de 200,000 (81 ,000 hectares) et accusait un rendement supérieur à la moyenne des États- Unis (^). Il est permis d'avoir un doute sur l'exactitude de ces chiffres très différents de ceux d'un tableau qui figurait aussi à l'exposilion de l'Utah et qui donnait 2,09S milles de canaux, 4,888 milles d'embranchement. L'alfalfa fournit trois et môme, dit-on, quatre coupes. La cul-

{\) La pluie, d'après le tableau place à rexposition de Chicago, y varie de 23 pouces (1875) à 10 (1890), avec une moyenne de 16 environ.

(2) Parmi les plus importants sont ceux do « Bear river valley lands ».

(3) Ulah. A complète and comprehensive description of tke agricuUural, stock raising 1893.

ture, d'ailleurs, n'occupe, à cause du climat^ qu'une place très restreinte : sur les 8â millions diacres du territoire, 23 seulement sont appropriées sur lesquelles 374,000 sont en culture.

Le ColoradoyOÙ la hauteur moyenne de la pluie est à peine de 15 pouces (0"*,37), a un climat trop sec pour la culture des céréales qui n'est praticable que dans les vallées par irrigation. De 1880 à 1892 on y, a dépensé 12 millions de dollars pour construire 11,000 milles (17,699 kil.) de canaux et autant de sous-embranchements, fertiliser 2 millions d'acres (810,000 hectares) et en rendre 4 millions d'autres propres au labourage. L'arrosage artificiel, qui a sur la pluie l'avantage de se produire au moment le plus favorable, a procuré sur les alluvions profondes des vallées que l'humidité atmosphérique n'a pas diluées, des résultats supérieurs au rendement ordinaire : 60 à 85 boisseaux (53 à 77 hectolitres par hectare) de maïs dans la vallée de l'Arkansas, trois coupes de foin dans les prairies. Les vastes « ranchos»pnt été presque tous divisés en parcs et^ au lieu du bœuf à demi-sauvage du Texas, on y entretient aujourd'hui des races européennes aptes à l'engraissement. L'élevage du eheval s'est amélioré aussi par l'importation de percherons et autres étalons et celui des moutons, qui convient particulièrement au climat, est en progrès.

Neuvième région : Région du Pacifique. — La région du Pacifique comprend le Washington et l'Orégon, dont toute la partie orientale se rattache en réalité à la région de la Cordillère, et la Californie (838,020 kil. carrés).

C'est une région remarquable par l'égalité relative du climat, conséquence du voisinage de l'Océan combiné

avec la prédominance des vents d'ouest. Dans le nord, la température de janvier est de 39** Fahr. (+ 3,89 cent.) et celle de juillet 61**1 (+ 16,1 cent.); dans le sud, elle est de 53** (+ 11,6 cent.) en janvier et de 71**3 (+21,7 cent.) en juillet.

La hauteur de la pluie, qui tombe surtout de novembre à février, est à peu près de 60 pouces (1™,80) dans le nord. Elle décroît à mesure qu'on avance vers le sud; elle est encore de 50 à 25 pouces (1°»,25 à 0'»,62) dans la vallée du Sacramento; mais elle n'est que de 20 à 10 (0'",80 à 0">,28) dans celle du San Joaquim etelle est de moins de 10 (0™,25) dans la Californie méridionale.

Dans le Washington et TOrégon, il y a encore très peu de terrains appropriés en fermes (*).I1 y en a davantage en Californie (^), beaucoup moins cependant que dans le centre et Test des États-Unis, parce qu'une grande partie du pays est montagneuse ou aride et que, la population est insuffisante. Dans les fermes, les labours occupent à peine le tiers du sol (^). La terre, étant en grande quantité relativement à la population, a généralement peu de valeur, même en Californie (*). Les quatre cinquièmes des fermes sont exploitées par leurs propriétaires en Californie ; la proportion est encore plus forte dans les deux autres États. La Californie est un des Etats où le salaire des ouvriers de ferme est le plus élevé; le Washington est celui où il Test le plus {*).

(1) 3,3 p. 100 dans lo Washington et 1 p. 100 dans l'Orégon. . (2) 14,6 p. 100.

(3) Us occupent un peu plus du tiers en Californie, mais moins dans les autres Ëtats.

(4) En Californie, Tacre yaut en moyenne 15,79 dollars, tandis que la moyenne générale des États-Unis est 19,02.

(5) La moyenne du salaire mensuel de l'ouvrier agricole non nourri.

L* AGRICULTURE AUX ÉTATS-UNIS. 23o

L'État de Washington^ qui est surnommé « Evergreen State », comprend deux parties distinctes, surtout par le climat : Tune à l'ouest et l'autre à Test des « Cascade Mountains ». Sur les plateaux de Test, la pluie est insuffisante; aussi les vergers sont-ils aménagés avec de petits canaux qui portent Teau à chaque plante. A Touest des montagnes, le climat est au contraire tout maritime et rappelle par sa douceur celui de la France centrale : pluie abondante (50 à 60 pouces, soît l",26à 1",52, et plus) et température à peu près égale toute Tannée. L'herbe des prés est luxuriante; Tavoine et la plupart des légumes viennent bien ; mais le maïs ne réussit pas et il faut une installation

spéciale pour sécher les fruits. L'Etat de Washington avait fait à Chicago une ample exposition de ses produits agricoles et particulièrement des gros arbres de ses forêts. Le bois est en effet un de ses plus importants produits. Les cultures se trouvent principalement dans la vallée du « Snake river ». On se pressait dans une de ses salles pour voir, reproduit dans de grandes dimensions, le modèle d'une de ses fermes avec tout le ménage de la culture. A une extrémité, la maison du fermier (*) avec les autres bâtiments, tous en bois : remise, étable, porcherie, potager ; une vaste étendue de champs au moment de la moisson ; une voiture-cuisine, « cookhouse », pour préparer le repas des travailleurs, une moissonneuse mécanique attelée par derrière de quatre chevaux qui marchent sans fouler les épis, une batteuse mettant le grain en sac immédiatement, des charriots

eol890 aux États-Unis, était de 24 dollars (123 fr.;) en Californie, 35,50, (182 fr. 80) et au Washington 37 (190 fr.). '1) La maison avait trois fenêtres de façade et un étage.

É. LEVASSËUR.

transportant au fur et à mesure les sacs à la ferme. Dès leur début, ces exploitations nouvelles s'installent avec tous les perfectionnements de l'outillage.

Comme le Washington, VOrégon comprend deux parties que séparent les « Cascade Mountains ». La partie orientale, qui appartient en réalité, comme le Washington oriental, à la région de la Cordillère, quoiqu'elle soit généralement à une altitude moindre, reçoit trop peu de pluie pour être partout cultivable. Jusqu'en 1873, la culture du blé était confinée dans la vallée de la Villamette; elle s'est éte-^^-lue sur un vaste territoire de Test depuis que des analyse., chimiques ont démontré la fertilité du sol. Elle renfern^ j^g déserts. Mais les bords des rivières sont boisés et le ^j ^^^ vallées, riche en humus, devient fertile quand il ^ , ^^jj^j^^ q^^ ^ ^^^^^^ d'ailleurs de vastes pâturages qui ^u^rissent un bétail

estimé.

La partie occidentale est presque iti^,e„jg„j ^^^ pée par la vallée de la ViUamette, qu.,^^ ^ ^^^ ^^^^ partout propre à la culture; le cUmat v ^ j^^^.^^ ^.^ Le flanc des montagnes est couvert d »^^^^^ ^^^^^^ de pins , sapins , cèdres , chênes , qui to^.^^^^ ^^ dant une longue suite d'années matière ^ ^^.^^^^ ^ les fonds et les collines sont des prairies . ^^^^^ saiUes que des fermiers pourront faire val ^^ ^^^ ^^ l'avoine sont, avec le houblon, les produits ^^^.

mes des terres de labour dans cette partie ( La Californie est de beaucoup le plus im^^^ ^^^

du Pacifique. C'est, après le Texas, celui de .^^ ^^.

(,) 58 à 75 pouces de pluie (l-,45 à l-, 8i;, pris au sud o^^^^^ '"2)''TA^mo«rc« of the SlaU ofOregon, 1892.

a le plus vaste territoire (*), territoire plus grand que celui delà Nouvelle-Angleterre et de la région du Centre- Atlantique réunies; mais elle ne vient qu'au 22'' rang sous le rapport de la population, et, par conséquent, la densité y est encore très faible : elle attend des bras. Elle comprend trois régions principales qui s'allongent parallèlement les unes aux autres du nord au sud : la Sierra Nevada à Test, la vallée du Sacramento et du San Joaquin au centre, la Chaîne de la Côte et la Côte elle-même à Fouest.

La Sierra, qui possède le plus haut sommet des Etats- Unis (mont Whitney 4,469 mètres), est alpestre et inculte dans les parties hautes ; mais les vallées inférieures ont de belles forêts (') et, entre l,oOO et 300 pieds d'altitude, on voit de très nombreux vergers d'arbres fruitiers.

La Chaîne de la Côte, beaucoup moins haute en général, encadre de fertiles vallées qui sont cultivables sans irrigation artificielle au nord et avec irrigation au sud. C'est au centre, près de la baie de San Francisco, qu'est la fertile vdllée de Santa Clara ; c'est au sud, sur le bord de la mer, que se trouve la plaine de Los Angeles et de San Bernardino, une de celles qui donnent les plus beaux fruits du midi.

La vallée centrale est un long et étroit ovale fermé au nord et au sud par la jonction de la Sierra et de la Chaîne de la Côte. Elle est arrosée dans sa partie septentrionale par le Sacramento et dans sa partie méridio-

(1) 410,140 kil. carrés, 1,208,500 hab. densité 3 habitants par kil. carré.

(2) C'est dans cette partie que se trouvent la « Yosemite valley », célèbre par ses cascades et les « Big trees », c'est-à-dire les sequioa gigantea dont le plus grand a 33 pieds de diamètre et dont les plus hauts ont 272 pieds.

nale par le San Joaquin, moins riche en eau parce que le sud reçoit moins de pluie, les deux cours d'eau se réu- * nissent près de leur embouchure dans ]a magnifique baie de San Francisco. Cette vallée ou plutôt cette plaine à peu près unie, qui mesure 6 millions d'acres (24,200 kil. carrés), est presque partout cultivable; le sol y est sur beaucoup de points couvert d'un résidu blanchâtre.

Au nord de la plaine de Los Angeles et à l'extrémité sud-est de la Californie est le grand désert de Mojave et du Colorado, où il ne pleut presque jamais (*).

La grande vallée californienne jouit d'un climat très favorable à l'horticulture ; la température moyenne y est d'environ 60^ ( + 18,5 cent.); elle est en général plus élevée dans la partie septentrionale et surtout dans la partie méridionale qu'au centre près de la baie de San Francisco, parce que la brise de mer, arrêtée par la Chaîne de la Côte, n'y rafraîchit pas autant l'atmosphère en été.

La pluie, décroissant du nord au sud, a une hauteur de 34,61 pouces (0»,86) à Redding et de 8,1 (0",13) à Bakersfield. £Ue est en général abondante dans les vallées hautes de la Sierra arrosées par les nliées qui ont passé par-dessus la Chaîne de la Côte ; ces vallées, ré* chauffées par le vent d'ouest, n'ont pas une température inférieure à celle des bords du Sacramento. C'est la même brise de mer qui adoucit la température dans la région entière, surtout dans le sud durant l'été.

L'irrigation n'est pas nécessaire dans le nord; mais elle l'est dans le sud où elle fait ordinairement toute la valeur de la terre C^). Elle y est d'ailleurs rendue facile

(1; Il Lombe 5 pouces d'eau (0™,12) par an à Mojave. (2) Dana beaucoup do parties du sud où la terre non irriguée n'a pas de valeur, la terre irriguée se vend 30 dollars l'acre (643 fr. l'hectare).

par le grand nombre de ruisseaux des petites vallées. Les missionnaires Tavaient^léjà pratiquée au xviii^ siècle et probablement, avant eux, les indigènes de TArizona. Le premier puits artésien a été creusé vers 1830 dans la vallée de Santa Clara ; depuis une quinzaine d'années le nombre de ces puits a rapidement augmenté: il y en a aujourd'hui des milliers dans le sud. On a capté des sources dans les montagnes pour les amener par des tunnels et des aqueducs jusqu'aux cultures ('); afin d'éviter levaporation, on irrigue quelquefois seulement le soussol à Taide de tuyaux. On a construit des barrages et des réservoirs dans les hautes vallées pour retenir l'eau des torrents (*). On comptait en 1890 13,732 irrigateurs fournissant Teau à 1 million d'acres (405,000 hectares). Grâce à cette eau, la valeur de la propriété a septuplé de 1880 à 1892 dans les comtés du sud (^).

Dans ses fermes dont l'étendue est généralement plus grande que celle des États du centre et de Test (^), la Californie produit en quantité du blé (^), et en plus grande quantité qu'aucun autre Etat une orge de

(ly On cite, entre autres, la canalisation du comté de Kern.

;.2 Un des plus importants est celui de Bear valley, situé à 6,000 pieds d'altitude et retenant les eaux de la rivière Santa Ana. Il a 335 pieds de large, 64 de haut et retient 20 millions de gallons.

'^3) Dans sept comtés du sud, Los Angeles, Orange, San Bernardino, San Diego, Fresno, Kern et Tulare, la valeur de la propriété taxée, c'estrà-dire soumise à l'impôt était de 21 millions de dollars en 1880 et de 146 millions en 1892. Les améliorations culturalos avaient une valeur de 68 millions en 1880 et de 36 millions en 1892.

(4) Il y a en Californie beaucoup de fermes de 5.000 à 10,000 acres (2,023 à 4,050 hectares) et plus. Ces fermes tendent de plus en plus à se subdiviser en fermes plus petites.

(5; 39 millions de boisseaux en 1892. M. Qeorge W. Walls, Commissaire du travail de TÉtat de Californie, faisait remarquer dans le 5* rapport biennal (1891-1892) que la Californie produisait 42 boisseaux de blé par tète, tandis que la moyenne dos États-Unis était de moins de 10. La cultare du blé en Californie remonte à 1778 (dans la mission de San Diego).

bonne qualité. Elle exporte une notable partie de sa récolte en grain ou on farine (*) pour l'Europe, la Chine et le Japon.

Elle est au nombre des dix Etats qui ont produit le plus de blé et de foin en 1892; mais elle doit ce rang surtout à l'étendue de son territoire. Cependant, c'est à la qualité de son sol qu'elle doit son fort rendement en pommes de terre et en sarrasin.

Elle est de beaucoup l'État qui produit le plus de betteraves à sucre : 7,1 millions de livres en 1890, 8,2 en 1891, environ 29 millions en 189â, sous l'influence de la prime. La culture est pratiquée dans le voisinage des trois grandes fabriques de Walsonville dans la vallée de Parajo, d'Alvarado sur la baie de San Francisco, de Chino au sud de la Californie.

Nulle part la machinerie agricole n'a un rôle plus important dans la culture ('). On compte environ SOO moissonneuses avee.3,000 hommes d'équipe que des entrepreneurs louent et qui vont de ferme en ferme à l'époque de la moisson; les où^iers, qui sont en partie Chinois, ont leur campement, leuT^uisine et font leur travail sans même le plus souvent^çntrer en contact avec le personnel des fermes sur lesqu^les ils opèrent. Le Commissaire du travail de l'État, M. y- W. Walls, comparant la manière toute primitive donij cultivaient

(1) La meunerie est une des plus importantes industries ^^ la Calitornie. Les moulins peuvent produire 20,000 barils de\ f^^ine par jour. C'est une industrie qui tend à se concentrer. La meunei^® ^® South Vallejo faisait 150 barils par jour; elle s'est équipée poiV ^^ ^^"^^ davantage : en 1864, 650; en 1874, 800; en 1883, 2,000 avec d\f«^ moulins; aujourd'hui, organisée en Société, elle a fait construire uV moulin qui peut produire 6,000 barils. Le commissaire du travail fait ^c^pa^q"®^ que les profits par baril ont diminué, en quinze ans, de 75 p.lOO,«endant que les salaires restaient stationnaires. '^

(2) Voir plus haut : Machinerie agricole.

les Indiens des Missions aux machines acluelles mues par la vapeur, croit pouvoir affirmer qu'il fallait alors douze travailleurs par acre et qu'aujourd'hui il suffit, en moyenne, d'un homme par 130 acres.

La Californie est par excellence (avec la Floride) l'État fruitier de l'Amérique ; ses vergers ont quelquefois une grande étendue et sont en général bien tenus. A l'exposition de Chicago, dans son très vaste bâtiment construit sur le type architectural des Missions, olle avait installé une magnifique exposition des produits de ses fermes, de ses vergers et de ses cultures maraîchères (*), et elle en avait fait une seconde presque aussi ample dans le bâtiment do l'horticulture, étalant à profusion pommes, poires, pêches, abricols, ligues, olives, prunes, raisins, oranges, citrons, amandes, e.vposant même, ainsi que je Tai déjà dit, une statue équestre de grandeur naturelle tout en prunes; Lcbureau d'horticulture de la Californie évaluait en 1892 à 282,000 le nombre des acres de culture fruitière qui étaient en rapport et à 119,000 celui des acres qui ne rapportaient pas encore (*). La même année, il a été exporté de Californie par mer 33 raillions de livres de fruits frais et secs et par chemin de fer 375 millions, sans compter les oranges et citrons dont on a expédié vers Test plus de 6,000 wagons. Ce sont les fruits de choix qui sont expédiés à Tétat frais; les autres sont desséchés dans des étuves ou sous châssis dans les champs. De grandes associations de cultivateurs se sont

1) Parmi les légumes, les oignons, les concombres, les haricots occupaient une large place à l'exposition.

;2) Les comtés du sud, San fiernardino, Los Angeles, Santa Clara, ^nt ceux qui ont la plus grande superficie, ainsi que Fresno.

242 É. LEVÂSSEUR.

constituées pour faciliter les débouchés et aspirent à supplanter entièrement l'importation étrangère aux États-Unis (*).

J'ai dit plus haut que la Californie était l'État qui produisait le plus de vin ; cependant l'étendue de son vignoble n'atteint pas la moitié (800,000 hectares) de celle du département de THérault : vins fins dans le nord, gros vins au centre, raisins de table et raisins secs dans le sud. Le « mal de Californie » et le phylloxéra ont fortement attaqué les vignes. Les Américains, auxquels il convient d'ajouter les Allemands établis dans le pays, et un petit nombre de Français ont en général des bâtiments bien installés, à plusieurs étages, munis de monte-charge, cuves, etc., et emploient de bons procédés de fabrication. Non seulement ils ont introduit la plupart des cépages d'Europe, mais plusieurs ont imité la forme des bouteilles et jusqu'aux étiquettes (^). Mais les chaleurs de l'automne prolongent trop longtemps la fermentation; une des raisons pour lesquelles les vins, au sentiment des dégustateurs français, manquent souvent de bouquet ('). Cette industrie s'est rapidement développée; 400,000 gallons en 1860, 3,700,000 en 1870, 13,557,000 en 1880, 22 millions de gallons en 1891.

J'ai déjà dit que les Américains buvant peu de vin,

(1) Pour les prunes, par exemple, cette importation, qui a été de 1,940,000 dollars en 1891 est tombée à 506,000 en 1892.

(2) Il paraît que les bons viticulteurs de Californie protestent et réagissent contre cette fraude qui empêche d'apprécier leurs vins. Voir Resources of Californiaf p. 129.

(3 , H faut noter cependant qu'il a été médaillé à l'Exposition universelle de Paris en 1889. Les Californiens se défendent: « As to thequality ofCalifornia wines,it may be said that their averagc quality isabove the averagc of eithcr the French or German -wines of like quality »>. Resources of Çalifornia, 1893.

les débouchés intérieurs étaient restreints ('). Les nouvelles plantations ont fait baisser le prix du vin qui reste encore plus cher que celui de France en moyenne, par suite celui des vignobles, et les producteurs ont dû chercher un débouché à Tétranger. Il y a une crise ; cependant Fétat du marché semblait un peu s'amé- Horer en 1893.

En Californie, la douceur du climat a favorisé Télevage en plein air. Comme dans d'autres États, de grandes crémeries ont été établies qui, sur certains points, concentrent la fabrication du beurre et du fromage.

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