IS.U
sommation, comme Tlowa (49 cents ; 6 fr. 95), le North Dakota (43 cents; 6 fr. 10), le Nebraska (40 cents; 8 fr. 68) et le Kansas (42 cents; 8 fr. 96) (*).
Les prix moyens à la ferme pour l'ensemble des États- Unis, tels que les donne le Statisticien du Département de l'agriculture, diflfèrent peu des prix de Chicago ; ils leur sont généralement inférieurs; quelquefois cependant ils sont supérieurs. Voici ces prix par année de 1870 à 1893 : {')
Prix du
Prix de
Prix du
Prix de
boisseau
rhectolitre
boisseau
rhectolitre
eu cents.
on francs.
on cents.
on francs.
J'ai tracé les courbes des prix moyens annuels sur le marché de Chicago (prix du blé de printemps n* 2) avec l'indication du prix maximum et du prix minimum de l'année, sur le marché de New York (prix du blé rouge d'hiver n® 2) et à la ferme, pour les deux premiers de-
(1) La moyenne décennale pour la période 1882-1892 a été de 112 cents pour le Maine, de 102 pour le Massachusetts, de 103 pour la Gêor^'ie, de 69 pour Tlowa, de 03 pour les Dakota, de 62 pour le Nebraska, de 67 pour le Kansas, etc. (Voir American Agricidturist, janvier 1892, p. 80.)
(2) Il y a relativement à ces prix quelques légères différences entre les publications directes du Département de Tagriculture et le « Statistical abstract ».L.e tableau ci-inclus est extrait du Statistical abstract., 1893, p. 316.
L AGRlCUtTCRE AUX ÉTATS-UNIS. 353
puis 186â, et pour le troisième depuis 1867 (i). Les trois courbes ont uae allure à peu près parallèle. Oa y remarque :
i" Que sous l'influence de deux récoltes très mauvaises, le blé s'est élevé à un prix extraordinaire en 1866-1868;
3" Que les prix moyens les plus hauts sont ceux de 1866-1868 et que les plus bas sont ceux de la période 1869-1893, que la tendance à la baisse est à peu près régulière et qu'elle a été rapide depuis 1 882 ;
3* Que le prix de Chicago est toujours inférieur à celui de New York, que l'écart entre le maximum et le minimum de l'année & Chicago est ordinairement très prononcé, qu'il a même été do 125 cents en 1886 sous le régime du papier^monnaie et de 92 cents en 1888, sous le régime de la monnaie métallique;
4° Que, dans les années antérieures à 1878, le prix moyen n'est pas en correspondance |avec le prix maximum et le prix minimum, parce que ceux-ci sont exprimés en monnaie métallique, tandis que celui-là l'est en papier-monnaie;
5° Que le prix moyen de Chicago se trouve parfois inférieur au prix moyen k la ferme, parce que celui-ci, calculé d'après tous les États, comprend ceux de l'est où le prix est plus fort que sur le marché de Chicago, situé au centre de la région qui produit en surabondance et qui exporte;
6* Que la différence entre le prix de Chicago et celui de New York, qui était d'eaviron 35 à 35 cents dans la période 1862-1867 et de 14 à 8 cents dans la période
(I) Voir en appendice la figure n' 14 bis.
KU t. LEVISSECR.
1882-1892, a été en diminuant, parce que le fret adi-
L AGRICULTCRE AUX ftTATS-UNIS. 355
céréales ('). Le prix du coton a baissé, I»eaucoup et rapidement après la guerre, d'une manière lente et con- Unue depuis la guerre et il est tombé depuis 1891 bien au-dessous du niveau où il était, il y a trente-cinq ans (') , Il en est de même de la laine (').
Le prix du baril de viande de porc (mess pork] a été, Rur le marché de New York, de 14 à 23 dollars dans la période 1834-{8i0. Il a baissé de 1836 (33,13 dollars) à 1842 (9,37 dollars) et est resfé de 1843 à 18S0 à peu près stationnaire à 1 1 dollars environ durant la période de renchérissement de 18S0 à 1860 ; il a atteint 22,10 dollars en iSKl. Pendantla guerre de la rébellion, il est monté jusqu'à 33,19 en 1864 et on l'a vu encore k 31,61 en 1869. Depuis ce temps, la tendance est à la baisse, avec des variations annuelles dans l'un et l'autre sens : ainsi, il a été de 19,79, en 1882; il est descendu jusqu'à 11, 38 en 1891 et il est remonté brusquement de 11, S2 en 1892, à 18, 3S en 1893 ('). Le pris sur le marché de Chicago a subi à peu près les mêmes variations {^)\ le baril valait 12 dollars en 1892.
Le prix du mouton a diminué depuis 1876 et est même
(1) Lo boisBeau d'aToine valait à Nen- York U cents en iSTT, et 35,9 en (893, ajant attelât son maximum en 1S82 (9(,9 cents) ot son minU mom en 1S89 (2S,8); le boisseau do mais valait 59,S eenla en 1B77 et 49,9 en 1893, avec un maiimum de 80,1 en IS83 el an minimum de 43 en 1SS9.
(ï) La livre de coton a valu à New York jusqu'à 101,50 canls en 1B62; elle valait 11,83 en 1871 st 7,71 en 1892, ayant atteint dans cet lintervallo son maiimum (12,03) en 1881 et son minimum (7,71) en S92.
(3) La livre de laine de mo;eDne qualité valait à Now York en janvier 43 ccata en 1877 et 33 en 1693, avec un maiimum de 49 en 1S81 et un minimum de 29 en ISSS et en 1893. Ponr ces divers prii voir le StalùlUal abilract de 1893.
(4) StatUtical Abstraet, 1893, p. 337.
(5) La diiième de baril validt i. Chicago 92 cents en 1842, el 3,31 dollars eu 1864 pendant la guerre.
l'aGRICCLTURG aux ÉTATS-UNIS. 3Î1
La baisse des prix de gros n'est pas un fait particulier aux Etats-Unis, non plus qu'à une espèce de marchandises. C'est une conséquence, d'une part, de l'abondance de ta production générale, agricole et mànufacturière, dans le monde, laquelle, grâce k l'estension des cultures, à la puissance des engins et des procédés mécaniques et chimiques, au perfectionnement des moyens de transport, s'accroît plus vite que la population; d'autre part, de la rareté relative de l'or qui est devenu le seul grand instrument des échanges internationaux et le régulateur des valeurs. Des pubiicistes américains pensent que la concurrence de l'Inde est un facteur important de la baisse du prix du blé et accusent l'Angleterre, qui est le grand marché régulateur, de peser intentionnellement par ce moyen sur les cours ; il est certain que le prix de l'Inde a une influence, mais une influence limitée par la quantité quVlle fournît et le prix de l'Inde subit peut-être plus la loi du marché qu'il ne la fait lui-même. Je reviendrai plus loin sur cette question. M. E. Atkinson a soutenu récemment contre M, Andrews etie général Walker que la rareté des métaux n'était pour rien dans la baisse des prix et que la réduction des frais de transport comptait à elle seule pour les trois quarts dans cette baisse. M. Atkinson, calculant que la consommation moyenne par tête d'Américain en aliments, matières diverses, valait, à quantité égale, 78 dollars en iSSO, 88 en 1860, 103 en 1870, 8i en 1890, conclut que la baisse avmt ramené le taux de 1890 à un niveau intermédiaire entre 18S0 et 1860. Attribuer àlararetédumétal la moindre part est, àmon avis, judicieux ; ne lui en attribuer aucune serait une exagération. Si les phénomènes de ce genre ne sont pas toujours
clairemenl aperçus par la génération présente, c'est parce que les prix de détail n'ont pas baissé dans la même proportion que les prix de gros et que beaucoup n'ont pas baissé du tout; c'est aussi parce que la vie devient plus dispendieuse à mesure qu'augmentent les exigences du bien-être. Des statisticiens ont montré cependant l'évidence du fait et ont essayé de le mesurer. Aucune de ces mesures n'est absolument exacte, chaque marchandise étant soumise à certaines lois particulières en même temps qu'à la loi générale ; toutefois cette dernière l'emporte et se dégage suffisamment du tableau suivant calculé par M. Sauerbeck d'après les prix de 45 marchandises, en Angleterre, le prix moyen de la période 1868-77 servant d'étalon et étant représenté par 100 (*) :
(1) Voir pour la manière dont ont été établis ces prix dits.u Index numbers »^ The Journal of the Royal Statistical Society ^ march 1894. En Angleterre, le prix des céréales a beaucoup baissé de 1884 à 1887 et V « index number » a été de 78 pour le dernier trimestre de 1887; cet « index number » est remonté à 86 en 1889, puis a baissé en 1890-91, est remonté quelque peu en 1892 (voir /ouiTta/ of the Royal Statistical Society^ juin 1893), et est retombé en 1893 plus bas qu'il n'avait jamais été.
On voit, à travers les fluctuations accidentelles du marché, que c'est le « stock » qui pèse de plus en plus sur la valeur. Il en est de même en France où le prix moyen de l'hectolitre de froment baisse depuis 1871-73, époque ot il était en moyenne de 23 francs ; il est tombé au-dessous de 17 francs en 1885-86; il est remonté jusqu'à 20,58 en 1891 pour retomber à 17 fr. 87 en 1892. (Voir la courbe du prix du blé qui se trouve à la fin du mémoire de M. Levasseur intitulé : Les Prix, Aperçu de l'histoire économique de la valeur et du revenu de la terre en France au xai" siècle... Extrait des mémoires de la Société nationale d'Agriculture de France, tome CXXXV.)
Je n'ai pas l'intention de traiter incidemment ici l'importante question des prix. Je me contenterai de reproduire quelques données des statisticiens à ce sujet.
En premier lieu, les » index numbers » que M. Sauerbeck a calculés pour les périodes antérieures à 1868-77.
Années. Index Number* Années. Index Numben
de M. Sauerbeck. de M. Sauerbeck.
Dans ces « index numbers » l'influence de l'abondance des métaux précieux résultant des mines de Californie et d'Australie n'apparaît qu'après
ALiMBirrs
du
règne
végéUl
(céréales, etc.).