ALIMENTS
da règne animal (viande> etc.).
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café, thé.
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des
45 mar-
ohandises.
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Prix de revient. — M. Ronna, dans son ouvrage sur le Blé aux États-Unis <t Amérique ^ a reproduit quelques évaluations de prix de revient. Pour la Nouvelle-Angle-
1858. Dans un ouvrage intitulé : La question de Vor, publié en 1859, j'ai établi (p. 192) que les prix du commerce extérieur de la France, Tannée 1827 étant prise pour étalon et représentée par 100, accusaient beaucoup plus tôt cette influence ; ainsi V « index number» que j*ai calculé pour 1847 est de 91|8, celui de 1854 est de 119 et celui de 1856, qui marque le point culminant de la spéculation et de la hausse, dans cette période, est de 130. . .
Plus tard, M. Soctbeer, calculant d'après les prix de Hambourg (100 articles] et de l'exportation anglaise (14 articles), est arrivé -à des proportions à peu près semblables. La période 1847-1851 étant prise pour étalon et représonté'e par 100, il a trouvé 120,9 pour la 'période 1856-1860^ 133,5 pour la période 1871-75 où le maximum a été atteint, 117,7 pour la période 1881-85 et 103 1/2 en 1886-87. Le prix moyen des marchandises est donc, d'après M. Sœtbeer, comme d'après les autres statisticiens qui ont étudié la question, moindre aujourd'hui qu'en 1873 et la baisse s'est produite sur les produits manufacturés dans une plus forte proportion que sur les produits agricoles.
L' a Economist d, calculant d'après le prix de gros de 22 marchandises
anglaises, part de 100 en 1845-1850 pour arriver à un maximum de 172
en 1864, retomber jusqu'à 100 en 1879 et osciller entre 115 (1880) et 94
(1887) depuis cette époque. M. Palgrave, prenant les mêmes marchandises)
362 É. LEVASSËUR.
. On dit souvent en France que le fermier des États- Unis a l'avantage de ne pas être surchargé d'impôt. Ce n'est pas ce que pensent tous les Américains. Un agriculteur du Wisconsin a pu dire dans une réunion agricole, sans être contredit, que « les fermiers de cette région des États-Unis payent plus d'impôts qu'aucune classe d'hommes sous le soleil (^ » : il est vrai que les fermiers sont rarement contredits par leurs collègues quand ils leurs disent que les impôts sont trop lourds. Si le gouvernement national ne lève aucune taxe sur la terre, ce sont au contraire principalement les taxes directes sur la propriété foncière et mobilière qui alimentent le budget des États^des comtés, des « townships ». Ces taxes sont votées par le peuple, souvent sans limite déterminée par des lois générales de TÉtat ; or, comme les dépenses de la communauté, pour les chemins, les écoles, les services publics, l'intérêt des dettes {*) sont considérables, et que l'économie ne préside pas partout à l'emploi des. fonds publics, la charge, qui est variable suivant les lieux, est généralement lourde.
Il est vrai que M. Âtkinson est d'un avis différent affirmant que la nation américaine est la moins taxée du monde, mais il songe particulièrement au service mili-
doit être ainsi analysé : M. Power a vendu 10 fr..32 parce que tel était le prix du marché. Il n'a pas fait ce prix, il çn a profité. Si ce prix avait été de 7 ou 8 francs, il aurait encore vendu au prix du marché et son bénéfice aurait été moindre. Si ce prix avait été au-dessous de 6 francs» il se serait ingénié à réduire son prix de revient et, comme tous les cultivateurs sont dans le même cas, il ne serait pas vraisemblable que le prix de vente restât longtemps inférieur au coût de production.
(1) En 1890, la dette des Ëtats, comtés, townships, écoles, était de 5 milliards 1/2 de francs.
(2) M. Breuil, dans son Rapport sur l'agricuUure des États-Unis (p. 89], estime, d'après des statistiques officielles, qu'une ferme de 150 acres paye par an de 112 à 150 dollars, soit 10 p. 100 du revenu ou près de 1 p. 100 de la valeur du sol. U ,
l'agriculture AOX ^ATS-UMS. 363
iaire(*)et il explique que, si les impôts nationaux ne représentent, d'après le Census, que i, 69 dollars (24 fr. IS), par habitant, les impôts locaux (États, comtés, townships, école») 60 représentent 7,50 (38 fr. 62) (') et que les impôts locaux varient considérablement d'un lieu à ud autre.
Je n'ai pas recueilli moi-même de prlxde revient auprès des fermiers américains. Ce genre de renseignements est sans doute intéressant et c'est un des premiers vers lesquels se porte la curiosité d'un observateur; mais il me semble être en général peu probanlXe fermier le donne souvent en vue de prouver une thèse et, dans ce cas, le renseignement, maaquant de sincérité, manque d'exaotitude. Parfois aussi il le donne sans avoir songé à faire entrer en ligne de compte tous les éléments du calcul elle renseignement manque de précision. Ces éléments sont très divers; il est difficile de les réunir tous. Quand la récolte est abondante, le prix de revient par hectolitre n'est pas le même que lorsqu'elle est faible; quand le blé est versé, la moisson coûte plus que lorsqu'il ne l'est pas ; quand il y a des intempéries, les façons augmentent ; la quantité récoltée n'est pas la même dans deux pièces de terre dont la composition est ditTéreute, quoiqu'on y ail dépensé le même travail. Si ces conditions accidentelles font varier le prix dans une même ferme, elles agissent à plus forte raison dans deux fermes éloignées qui n'ont ni le même sol, ni le même climat, dont tes fermiers n'ont ni le même capital , ni la même intelligence,
(1) The finanrial outlook, p. li.
(2) En 1S90, la budget national était do S97 millions de dollars ; les budgets locaux étaient de 470 millions. Les proportions du Census sont supérieures à celles que donne le Dictionnaire de stalisdque do Mulball 11' taies) qui est de 40 schellings par tête.
l'aCRICULTUBË aux ÉTATS-UNIS. 365
sant ou élargissant, suivant leurs profits, le cadre de lour existence; devant cette foule un petit groupe d'hommes qui, grâce aux circonstances ou à leur habileté, font fortune; derrière, un groupe plus nombreux qui se débat dans l'impuissance de s'élever jusqu'au niveau moyen ou qui se ruine en tombant au-dessous. Dans l'agriculture particulièrement, la masse qui végète est énorme. Les Etats-Unis ne font pas exception à cet égard, quoique le niveau moyen de l'existence rurale y soit placé plus haut qu'en France. Les agriculteurs américains gémissent des bas prix ; assurément, dans certaines années, beaucoup perdent, c'est-à-dire dépensent plus d'argent pour produire et vivre qu'ils n'en recouvrent; mais en somme, et à part les exceptions de temps, de lieu ou de personne, l'agriculture a jusqu'ici fait vivre les agriculteurs, sans quoi elle serait abandonnée. Les fermiers qui cultivent les prairies ricbes en humus du nord-ouest ont un grand avantage, ayant peu d'effort à faire pour défricher et pour utiliser, durant les premières années de leur exploitation, la fertilité du sol. Leur prix de revient peut descendre très bas, quoiqu'il soit certainement supérieur de beaucoup à 2 fr. 82, parce qu'il faut calculer non d'après une récolte exceptionnelle, mais d'après une moyenne en tenant compte des mauvaises récoltes dont diverses causes, particulièrement la rareté de la pluie, augmente la fréquence dans l'ouest. Mais ce prix ne fait pas la loi sur le marché américain ; il y exerce seulement sa part d'inQuence.
Il est certain que le bas prix de presque toutes les denrées, dont on se plaint sur la côte du Pacifique comme sur la côte de l'Atlaatique ou dans les plai-
366 é. LEYASSEUR.
nés du centre^ met dans l'embarras les fermiers, surtout ceux qui sont endettés ; qu'il est désagréable aux marchands de terre qui trouvent moins d'acheteurs et à toute l'industrie manufacturière ou voiturière qui vit de la clientèle de l'agriculture.
Si la consommation américaine était précisément égale à la production totale du pays, ce serait aux environs du prix de revient dans la contrée où ce prix est le plus élevé que se fixerait le prix moyen de vente ; les autres contrées des États-Unis, produisant à meilleur marché, auraient un profit d'autant plus fort que leur coût de prodaciton s'écarterait davantage de la moyenne : c'est là une des applications de la théorie de Ricardo qui, si elle est incorrecte sur certains points, est exacte sur celui-ci.
Mais, comme la consommation intérieure n'absorbe pas la totalité de cette production, les besoins des grands marchés du monde concourent à déterminer le prix moyen en Amérique. C'est ce prix, beaucoup plus que le prix de revient, qu'il est possible et qu'il est instructif de connaître. Il est lui-même très variable. Un surcroît de production dans le monde est présumé le faire baisser, à moins que ce surcroit ne coïncide avec un surplus de consommation ; car, ainsi que toute marchandise, le blé obéit à la loi de l'offre et de la demande. Or, malgré le ralentissement actuel de la progression agricole aux États-Unis, l'offre a encore des raisons et des chances d'augmenter avant la fin du siècle ; par conséquent , il est vraisemblable que le prix moyen n'augmentera pas, tout au moins d'une manière permanente ; il est même possible qu'il diminue.
Consommation des États-Unis. — L'Américain con-
868 É. LEVA88BUB.
France est aujaurd'huî de 3 hectolitres. L'Amérïcun, maDgeant plus de viande, de maïs (homîny, etc.) et même d'avoiae (oatmill, etc.) que le Français, mange moins de pain.
Au mois de mars 1893, il restait encore 135 millions de boisseaux de blé (49 millions d'hectolitres] disponibles sur la récolte de l'année 1892, récolte très forte (611 millions de boisseaux). La Nouvelle-Angleterre n'avait produit que juste sa suflisance et les fermiers avaient encore en main plus du tiers de leur récolte. Deux autres régions, qui consomment beaucoup moins qu'elles ne produisent (la région centrale consonmie 40 p. 100 de sa récolte et la région de l'ouest 27 p. 100), en avaient déjà vendu les trois quarts; ce sont des pays exportateurs où beaucoup de fermiers sont pressés de faire de l'argent avec leur blé. La région centrale à elle seule avait 237 millions de boisseaux à vendre dans l'année sur une récolte totale de 381 millions. Quoique ces chiâres ne soient que des évaluations approximatives de la statistique, ils donnent une idée de l'emploi de la récolte.