‹ L'agriculture aux États-UnisChapitre 8 sur 40 · ZOO · texte numérisé non relu

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quence du revenu que la terre procure.? Il n'est pas douteux qu'elle soit une'conséquence. En général, dans le même pays (non toujours, comme le montre la comparaison de la France et de l'Amérique^ deux pays éloignés l'un de l'autre), elle varie en raison de la productivité du sol. La valeur vénale de la terre n'est à son tour que la capitalisation du revenu de la terre, lequel se compose, en premier lieu, de la rente naturelle du sol, et en second lieu, de l'intérêt des capitaux employés en améliorations foncières. Si le revenu s'amoindrit, soit par diminution de la productivité, soit par réduction de Tutilité qu'avaient les améliorations foncières, soit par abaissement du prix des denrées sur le marché, la valeur vénale doit baisser proportionnellement ou à peu près. Le fermier paie, en bonne justice, l'usage de l'instrument pour ce qu'il rapporte. S'il est vrai qu'il lui soit désormais impossible de produire au prix du marché, il a droit de réclamer un abaissement de fermage jusqu'au point où l'équilibre sera rétabli, c'est-à-dire où il produira sans perte. La rente sera ainsi ce qu'elle doit être, une conséquence du prix naturel et non une cause anormale de renchérissement.

' L'intérêt du capital mobilier a sensiblement diminué depuis trente ans en France et ailleurs; les capitalistes se soumettent à la nécessité. Pourquoi l'intérêt du capital foncier, je dis l'intérêt payé en argent, ne serait-il pas soumis à la même loi quand une révolution dans la production et le commerce agricoles a changé les conditions du contrat en diminuant la puissance de produire de l'argent que ce capital possédait?

Je reviens aux États-Unis : l'étendue des exploitalions, dont la moyenne paraissait avoir diminué de 1880

l'aGRICULTUIIB aux ÉTATS-UNIS. 61

Il faut distinguer le sud et le nord. Dans le sud il y a, depuis la suppression de l'esclavage, un grand nombre de petits cultivateurs qui n'avaient pas de terre avant d'être libres et qui louent aujourd'hui des étendues trop petites pour vivre de leur culture (*), sans être en même temps salariés comme ouvriers de leurs anciens maîtres ; ils sont à la fois métayers et journaliers. C'est à cause d'eux que le nombre des fermes a plus que doublé de 1860 h 1880 dans cette région (') et que, par suite, la superficie moyenne des exploitations y est tombée de 320 acres, cultivées ou non, à 150.^ C'est ce changement i'élB.Ï social dans le sud qui fait croire à une diminution générale de l'étendue moyenne des fermes.

En réalité, il n'y a pas dimiaution dans les autres régions ; au contraire, de 1860 k 1880 l'étendue moyenne des exploitations a augmenté de 102 à 114 acres (40,8 k 45,6 hectares) par cultivateur; c'est donc la petite et la moyenne culture (dans le sens où cette expression doit être prise sous le régime de la culture extensive) qui domine. Il y a une certaine tendance à la concentration. Le nombre des petites fermes diminue dans les États de l'est et celui des fermes de moyenne étendue augmente. M. Breuil, consul général de France à New

:s agricolej à raisoo de 23,9; la moyanna cultura (de 10 i iO hectares), i raison de 12,8 et de 29,9 p. 100; la grande culture (plue de 40 hectares), à raison de 2,5 et do (3 p. tOO. Sur 100 exploitationa de grande culture, BO ne dépassaient pas iOO hectares.

En Allemagne, en 18S2, las aiploitations se répanissaient ainsi : sur (00, 9,43 de moins d'un hectare, 43,5 de 1 à 10 hectares, 12,0 de 10 k 50 iiectares, 1,3 do plut de 50 hectares.

Dans le Royaunte-Unî de O^ande- Bretagne et d'Irlande, en 1885, elle» te r4partissaieat ainsi : lur LOO. 24,11 de moins de 1,02 hectare, 64,18 de l,02A 40,46 hectares, 11,71 de plus de 40.46 hectare!.

(1) Dans les anciens &ùn% i esclaves, il ; avait eu 1880 : 63,976 farmei de moins do 10 acres ot 125, B6t do moins do 20 acres. Voir Tenlh annual Report, 1892, Bureau de statî^tiV' du tfaVtfil' de l'Ët'af de New York.

(2) 764,861 fermes en IBCO et 1,716,217 en U80.

62 É. LEVASaeun.

York, signalait déjà cette tendance en 1381 dans son rapport sur l'agriculture ('}.

Autre remarque intéressante. Pendant que l'étendue totale des terres en fermes doublait de 1850 à 1S90 (dernier Census), celle des terres en culture triplait, la valeur totale des fermes quadruplait , et le matériel d'exploitation triplait ; ce qui semble indiquer que la valeur moyenne de l'acre cultivée a augmenté; mais la valeur proportionnelle du matériel n'a pas augmenté.

Je parlerai pins loin des très grandes fermes du nordouest. En 1880, les Fermes des États-Onis se groupaient ainsi sous le rapport de l'étendue (') :

(1) PûRe 9.

[2] En France, d'après la statisliquo dëoenualc agdcolodelSat,U<nilture était répartie de la manière auLTaoïo relaliTemenl k l'étendue :

Tnn patlta cattur* (jusqu'à I bscu.»).

Petite culture (de 1 k 10 h«tarsa] . , Uorenno culture (de tO «40 bectarea).

rindds culture (plue de M becures). .

Une ooquétâ fuite en 1884 par le ministre des finances a donné Ici résultats suiraota relatirs à la propriété d'après les cotes foncières.

La propriélé n'est pas la même chose que la culture, puisqu'un propriétaire peut louer ses terres i plusieurs fermiers, de même que dans

propriétaires ; d'autre part, le nombre dei cotes foncïi>res qui sont établies par communes ne correspond pas précisément au nombre des propriétaires qui peuvent avoir des terres dans plusieurs comoiitnei. Néanmoins les deux statistiques indiquent à peu près les mêmes groupementa :

TièipatItapropriéliCinsqD'k S hectares). Petite propriété [de î & S tasclarei). . , Mojenoe propriété (de 6 a SO hectares). Orande prepridié (da 50 ki ZOO hectires). Très grande propriélé (plus de lOO hae-

l'a6RICULTIIRE aux ÉTATS-UNIS. 63

Moins de 20 acres (8 hecUres). . . 393990 9,8

De 20 à 100 acres (8 à 40 hect.). . 1814384 45,3

De 100 à 1 ,000 acres {40 à 405 hect.) 1 771 95» 44,2

Plus de 1,000 acres (403 àect.) . . 28 578 0,7

£d 1890, le groupemeot était :

^ , f*"^''" Proportion

Étendus. dss ',

eip1oiI«lion.. ^'

Moins de 10 acres 150)94 (

De 10 à 20 acres 265 550 j ^'^

De 20 à 30 acres 902 777 1

De 50 à 100 acres 1121 48S j **■*

De 100 à 500 acres 2008 894 1

De 500 à 1.000 acres 84395 j "■**

Plus de 1,000 acres 31546 0,7

La valeur totale des 4,364,641 fermes, en 1890, était de 13,279 millions de dollars, auxquels s'ajoutaient 494 millions pour le cheptel mort et 2,209 millions pour

64 É. LïIVASSEUR.

riloire des États-Uni» qui soit cultivé. Toutefois il existe sous ce rapport d'énormes différences entre l'ouest, le centre et l'est.

Dans la région occidentale, les dix États ou Territoires dans lesquels la Californie n'est pas complée], silufs ï l'ouest du iOO* degré de longitude (méridien de Greenwich), n'ont guère que 1 ou 2 p. 100 de leur territoire [ en exploitations agricoles. Au contraire, dans la portion de la plaine du Mississipi (Illinois, Indian8,01iio), située k l'est du fleuve, la proportion s'élève au moinsà90 p. 100; c'est la région la plus favorisée sous ce rapport. Dans la région de l'Atlantique, au norA du Potomac, elle est d'environ 60 à 70 p. 1()6. Aussi les plaines du Centre, le Nord et le Centre-Atlantique sont-ils les trois régions agricoles où non seulement le -sol en moyenne a le plus de valeur, mais où se trouve le plus riche matériel d'exploitation en cheptel mort et en cheptel vivant, comme le montre le tableau suivant. Ce sont aussi celles qui produisent le plus (').

Répartition des cultures. — La statistique distinguait en 1880 quatre espèces de terres de fermes : les terres de labour, représentant 41,6 p. 100; les prairies (grass lands), 11,5 p. 100; les bois, 35.5 p. 100; les terres improductives, 11,4 p. 100 C). Ces dernières 'ne sont pas nécessairement improductives par stérilité ; elles le sont

(1) Voir pluB loin la deacription de» régions agricoles.

(2) Le torriwirfl de la France eat divisé de la manière suivante d'après l'enquête agricole de tS82 : sur 100 parties, 93,66 appartiennent au territoire Rgrïi^olo, dont 11,82 soot en terres improductives ou à. peu prè« (landel, marais, lourbières, rochers, etc.li 17.88 en bois et fordts, 1,59 on vergers et jardins, 4,15 en vignes, 11,02 en prairies ou herbages pâturas, 49,20 en terres de laboar (dont 28,56 on céréales, 8,79 en cultures fourragères, 2,53 en pommes de terre, etc.]. Cette répartition comprend tout le territoire agricole do la France, tandis que celle dei Ëtats-Uoi* ne comprend que le lorritoira appartenant i, dea fermiers.

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