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QUELQUES CULTURES SARCLÉES COMPARÉES

Une récolte de fèves naines hâtives, cultivées à deux pieds d'espace entre les rangs, dans une terre bien préparée, peut donner 45 minots à l’arpent. La récolte complète, fèves et tiges, pèsera en moyenne 4,000 livres. Elle do1era des produits alimentaires évalués à 839.95. Les engrais enlevés au sol par cette récolte, évalués au prix du commerce, coûteraient $4.53, mais l’azote enlevé à l’air par cette légumineuse et laissé au sol, vaut $25.60. En cultirant des fèves, et en remettant au sol la potasse, l’acide phosphorique et la chaux qu’elles enlèvent, le cultivateur a enrichi sa terre par l’azote de l'air pour un montant d'environ $21.00, tous frais payés. *

Une récolte moyenne de betteraves de 15 tonnes, et leurs feuilles, pesant 7} tonnes, soit 45,000 livres en tout, donnera des produits alimentaires évalués À 832.20. Mis elle enlèvera à la terre des engrais au montant de $25.87 sans rien lui rapporter, cette plante n'ayant pas le pouvoir d'utiliser l'azote de l'air. Cette comparaison fait voir combien la récolte de fèves est plus profitable, toutes choses égales d’ailleurs, que ne sont les betteraves fourragères. Et il en sera de même de toutes les plantes légumineuses, lesquelles ont le pouvoir d'enrichir beaucoup la terre.

De plus, chacun sait combien la fève est rustique, facile à cultiver, levant avec vigueur en quelques jours et couvrant bientôt toute la terre ; tandis que les betteraves et la plupart des racines fourragères mettent beaucoup de temps à lever, et sont exposées aux dégâts de plus d'insectes que la fève. Elles sont aussi plus faciles À étouffer par les mauvaises herbes. Les racines demandent aussi plus de sarclages et de démariages, où la main est indispensable pour

* La science ne nous a pas encore donné la valeur exacte de l'azote apporté par la plante au sol, et

tout pris dans l'atmosphère, ‘Tout nous porte à croire, cependant, que notre estimation est à peu près

exacte,

une partie des travaux qu’elles exigent. On peut donc affirmer sans crainte d'erreur qu'un homme seul, muni d’une bonne semeuse et d’une houe à cheval, sarelera et nettoiera convenablement dix arpents de fèves, de pois ou de blé-d’inde, cultivés par rangs, plus facilement qu'il n’entretiendrait convenablement un seul arpent de betteraves fourragères, où même de navets, racines beaucoup plis faciles à cultiver que ne le sont les carottes, les panais, etc. | :

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