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CE QUE COUTE DE PLUS UNE EXCELLENTE RÉCOLTE

J’ai dit que cette énorme différence de production pouvait s’obteniravce une dépense comparativement minime. En voici la preuve : vous admettez, Messieurs, que tout cultivateur doit pourvoir d’abord à ses frais généraux. Il lui faut évidemment pour commencer un terrain défriché ; il faut

ensuite qu’il l’égontte, le laboure, le herse et le rigole. Il lui faut encore des bâtiments de ferme, des animaux de travail, des instruments aratoires, ete. 11 lui faudra, coûte que coûte, fournir la semence et la déposer en terre. Puis il clôturera ses champs, afin de préserver la récolte future contre les incursions des animaux. Enfin, s’il a souci de ses intérêts, il lui faudra d'avance préparer convenablement sa terre, en faisant disparaître, le plus possible, les plantes adventices (les mauvaises herbes), qui sont les pires ennemis du cultivateur. Voilà, pour les frais généraux ; que sa terre soit riche ou pauvre et quelle que soit la récolte ! J’ajoute que, cela étant fait et bien fait, le laboureur doit, s’il est logique, pourvoir surtout à la fertilisation du sol. Car il est absolument impossible, sans un miracle de la Providence, d’obtenir des récoltes abondantes dans un terrain dépourvu de fertilité ; tout comme il est impossible, sans miracle, de nourrir une famille sans aliments convenables, en quantité nécessaire. N'est-ce pas, Messieurs, que pareilles vérités s’imposent, ou pour me servir d’une expression bien connue : qu’elles crèvent les yeux ! Que faut-il donc penser de l’état presque général de nos terres, dont une bonne partie est cultivée depuis un siècle et plus, et dont les 7/10 probablement n’ont encore reçu, de la main de l’homme, aucun engrais quelconque. Est-il donc surprenant que la moyenne de nos récoltes ait diminué de moitié, et mème des deux tiers? N'est-ce pas, Messieurs, qu’il est grand temps de pourvoir, coûte que coûte, à l'amélioration de notre agriculture sous ce rapport ? Car un pareil appauvrissement graduel et systématique du sol est un mal vraiment national, qu’il importe de faire disparaître au plus tôt, puisque nous en avons les moyens.

Mais avant de calculer ce que la fertilisation du sol exige, établissons d’une manière précise, combien nos récoltes souffrent par le manque d’acide phosphorique, de potasse ou d’azote. Pour cela, examinons avec soin les figures 4, 5,6 et 7, copiées de photographies prises sur nature. La figure 4, plus haut, nous montre l'effet de l’azote sur les graminées. Vous le voyez : sans azote, point de récolte profitable. Cela est surabondamment prouvé par des expériences répétées cent fois dans les différents pays ci-haut cités. Or, il est également prouvé que les plantes racines de tous genres ont un besoïn absolu d'azote, aussi bien que de chaux, d’acide phosphorique et de potasse, et que les récoltes sont absolument nulles, du moment que l’un ou l’autre de ces quatre engrais fait défaut. Nous en avons la preuve, pour l’acide phosphorique, dans la figure No. 5.

La figure 5 montre combien l’acide phosphorique est nécessaire, puisque la potasse et l’azote données en quantités suffisantes ne produisent que très peu d’effet si l’acide phosphorique manque.

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Sans engrais phosphaté. Fumé avec une partie d’acile phosphorique sous forme de superphosphate,

en automne, au printemps,

Le même résultat sera produit sur toutes les espèces de récoltes, chaque fois que l’acide phosphorique fera défaut. Le cultivateur ne devrait done pas manquer, à l’avenir, de donner de l’acide phosphorique à toutes ses terres en quantité suffisante.

Voici maintenant pour la potasse, figures No. 6 et 7. Dans ces gravures, on constate que les plantes ont bien moins souffert que dans les figures 4 et 5. Et cependant, faute de potasse, la récolte n’est que d’un tiers environ de ce qu’elle devrait être. Les terres fortes contiennent toujours plus ou moins de potasse, facile À dissoudre, selon la force de la plante, la nature de la saison, etc. D'ailleurs, même dans nos terres sablonneuses, la potasse se retrouve encore, en plas ou moins grande quantité, surtout par le fait qu’en défrichant la terre, on a dû brûler les forêts, et laisser dans le sol une forte provision de potasse. Il faut cependant s’assurer, par de petits essais comparatifs, des bons effets de la potasse sur nos diverses récoltes. Ces essais distincts nous seront des plus utiles, pour chacune des quatre matières fertilisantes, sur lesquelles j’ai attiré votre attention, et nous ne saurions trop les recommander

aux cultivateurs intelligents. Ils se feront ainsi grand bien à eux-mêmes, et ils seront en mesure d’en faire, immensément, à tous ceux qui les entourent.

Fig. 6.—EFFETS DE LA POTASSE SUR LES GRAMINÉES.

Terre franche. Terre sableuse.

L Sans engrais potas- IL. Fumée avec 3% gr. 111. Sans engrais po- IV, Fumée avec 34 gr. sique. de potasse, tassique. de potasse.

Fig. T.—ÆEFFETS DE LA POTASSE SUR LES GRAMINÉES.

Terre franche. Terre sableuse.

L. Sans engrais potas- IT, Fumée avec 3 gr, III, Suns engrais po- IV, Fumée avec 3 gr sique. de potasse, tassique, de potasse,

Voici, enfin, deux gravures, figures 8 et 9, qui donnent un enseignement des plus précieux et fort peu connu jusqu'ici.

Fig. 8.— EFFETS DE L’AZOTE SUR LES LÉGUMINEUSES.

I. Engrais phosphaté IT. Engrais phosphaté III. Engrais phospha- IV. Engrais phospha-

et potassique et potassique té et potassique té et potassique plus plus plus plus o gr. azote. V3 gr. azote. 1 gr. azote, 114 gr. azote.

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