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L'AZOTE DES LÉGUMINEUSES

Vous avez remarqué tout à l'heure, n'est-ce pas, combien l'azote est indispensable aux graminées, comme aussi à toutes les espèces de plantes-racines. Or, s'agit-il de légumineuses : pois, fèves, lentilles, trèfle, et de tant d’autres espèces d'excellents fourrages À gousses, il n’en est plus de même. Du moment que ces plantes pourront germer et lever avec force ; qu’elles seront abondamment pourvues des engrais minéraux : acide phosphorique, potasse

et chaux, toutes les espèces de légumineuses prendront dans l’air tout l’azote dont elles ont besoin pour se développer parfaitement. Elles laisseront même, après la récolte dans leurs racines et dans la terre qui les a nourries, un surplus considérable d'azote, à la disposition des graminées et des racines qui les suivront dans la culture. Or, Messieurs, des quatre éléments de fertilité indispensables dont je viens de vous entretenir, l’azote est, de beaucoup, l’engrais le plus coûteux, s’il faut le produire sur la ferme ou l'acheter dans le commerce. De plus, la plupart des plantes demandent qu’on leur en donne en quantité considérable. Qu'est-ce à dire, sinon que la divine Providence a eu, dès la création du monde, le soin de pourvoir aux besoins les plus pressants du cultivateur, en nous mettant en mesure de capter l’azote atmosphérique par l’entremise des légumineuses, aidées des engrais minéraux dont la nature est amplement pourvue, bien que le sol arable en manque trop souvent.

Fig. 9.—EFrETs DE L’AZOTE SUR LES LÉGUMINE USES.

I. Engrais phosphaté II. Engrais phosphaté III. Engrais phospha- IV. Engrais phosplia et potassique et potassique té et potassique té et’ potassique plus plus plus plus o gr. azote. Y gr. azote. 1 gr. azote. 11 gr. azote,

Mais, me direz-vous : ‘ Cela paraît bien simple, et n'est pas nouveau non

plus,—vous ladmettez—puisque tout ceci a existé de tout temps !”” Ieï encore, Messieurs, l’homme doit reconnaître son néant. Il en est de ce fait comme de bien d’autres dans la Création. Pour men citer qu'un exemple : Pélectricité a existé de tout temps. Depuis quand éclaire-t-elle vos rues et vos maisons ? Et cette force, cette puissance, l’avez-vous complètement maîtrisée ? Vous a-t-elle dit son dernier mot? Au contraire, nous commençons à peine à la connaître !

Il en est ainsi, Messieurs, de la chimie agricole. Elle n'existait pas, pour ainsi dire, au commencement du siècle. Depuis, elle a permis aux savants de décomposer les aliments, afin d'en peser et d’en établir exactement la valeur. Puis, on a analysé les divers engrais ; on en a mesuré la qualité et la quantité ; on nous a dit comment les choisir et dans quelle proportion les appliquer. Enfin, et tout récemment, la chimie agricole a pu compléter cette belle page de son œuvre, en nous montrant comment capter, avec assurance, l'azote atmosphérique ; et comment il se transforme en nitrate, cette nourriture par excellence des plantes.

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